L'automobile, fil rouge du bon début d'année de Bekaert

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Les ventes de Bekaert au premier trimestre, en hausse de 20%, ont largement dépassé les attentes. La demande provenant du secteur automobile a tiré le chiffre d’affaires.

Bekaert a entamé son exercice 2017 sur les chapeaux de roue. Le groupe spécialisé dans les câbles d’acier utilisés notamment dans la confection des pneus a dépassé les attentes au premier trimestre, d’après son rapport trimestriel publié mercredi matin, ce qui a propulsé son action à 48,84 euros (+ 6,07% en clôture par rapport à mardi), son plus haut niveau depuis le 27 juillet 2011.

C’est la vigueur du marché automobile qui a permis à Bekaert de gonfler son chiffre d’affaires au cours des trois premiers mois de l’année. Celui-ci a bondi de 20% par rapport au premier trimestre 2016.

L’influence de l’auto se dénote dans la plupart des régions du monde. Les ventes dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique ont grimpé de 10%. "Les marchés européens de l’automobile (…) ont stimulé la croissance des volumes", indique le groupe belge. Idem en Amérique: Bekaert y a augmenté son chiffre d’affaires de 10%. Le spécialiste du fil d’acier évoque à cet égard "une croissance organique des volumes de 6,5%, engendrée par la forte demande des marchés de l’automobile".

"La croissance dans les câbles pour pneus en Asie bénéficie de facteurs structurels tels que la modernisation des flottes de camions."
Stefaan Genoe
Analyste de Degroof Petercam

La zone Asie-Pacifique a vu ses ventes bondir de 19%, "une forte croissance favorisée par une demande accrue venant du marché de l’automobile dans toute la région", précise le groupe.

En Amérique latine, la croissance de 13% du chiffre d’affaires de Bekaert est en grande partie due à un effet favorable sur le marché des changes, où l’euro s’est déprécié par rapport aux devises locales, ce qui a eu un effet bénéfique de 11% sur les ventes. Abstraction faite de cette influence des monnaies, les volumes n’ont que légèrement progressé (+ 1%).

Analystes optimistes

Mais les investisseurs ont surtout salué le tableau global qu’a fourni Bekaert. Dans l’ensemble, ses ventes ont atteint 1,061 milliard d’euros (+ 20%), alors que les analystes s’attendaient en moyenne à 963 millions (+ 9%). Dans l’ensemble, l’évolution des devises a provoqué une hausse de 3% du chiffre d’affaires car "par rapport au premier trimestre 2016, la plupart des taux de change ont augmenté par rapport à l’euro", note le spécialiste de la transformation avancée des métaux.

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Les analystes ont accueilli les chiffres de Bekaert favorablement. L’agence d’informations financières Bloomberg recense sept analystes qui suivent la valeur: six d’entre eux conseillent d’"acheter" le titre en Bourse, tandis que le dernier recommandent de le "sous-pondérer" dans les portefeuilles d’investissement. À noter que le courtier Kempen, non repris dans cette liste, est en train de réévaluer son avis sur l’action.

Action "pas chère"

Dans une note publiée mercredi, KBC Securities souligne que "l’euro a particulièrement soutenu le premier trimestre" de Bekaert. Le courtier précise que bien que l’action cote actuellement à des multiples supérieurs à sa moyenne actuelle, elle "n’est pas chère" au regard d’une croissance moyenne de 12% par an du bénéfice par action attendue d’ici 2022, en supposant que la direction parvienne à une marge de résultat opérationnel récurrent de 10% comme elle le prévoit.

Fin mars, Degroof Petercam avait dit s’attendre à de bonnes affaires chez Bekaert cette année, compte tenu des prévisions optimistes de son concurrent chinois Xingda. Dans une note publiée mercredi, la banque souligne que "la croissance dans les câbles pour pneus en Asie bénéficie de facteurs structurels tels qu’une radialisation (passage aux pneus radiaux, qui nécessitent des fils d’acier tels que ceux que produit Bekaert , NDLR) croissante et la modernisation des flottes de camions".

Degroof Petercam estime aussi que même en cas de ralentissement économique, le climat favorable des affaires devrait permettre à la direction de Bekaert de poursuivre ses réformes. Par conséquent, elle relève son objectif de cours de 52 à 53 euros. Le conseil reste à "acheter".

Enfin, ce jeudi, le dividende de 1,10 euro brut, voté par les actionnaires lors de l’assemblée générale qui s’est tenue mercredi, sera détaché du cours de Bekaert en Bourse. On ne s’étonnera donc pas si le titre perd un peu plus de 2% après sa nette hausse de la veille.

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