L'investisseur belge a le moral dans les chaussettes

Les investisseurs néerlandophones sont moins optimistes que les francophones, selon l’enquête mensuelle d’ING. Le baromètre de l'investisseur est en chute libre.

L‘épargnant belge, celui qui consacre une partie de son patrimoine financier aux actions cotées à la Bourse de Bruxelles, n’a plus le moral. C’est ce qui ressort de l’enquête mensuelle ING, réalisée en août avec la collaboration de l’Université de Gand et les quotidiens De Tijd/L’Echo.

Le Baromètre des Investisseurs ING établi à l’issue de cette enquête a plongé de 20 points pour se fixer à 79 points.

Il accuse à présent un repli de 34 points par rapport à son niveau de janvier et se rapproche, en outre, de son plus bas historique de la fin  2008 (70).

Le moral en berne des particuliers va de pair avec la dégradation de leur perception concernant la conjoncture. Pour 58 % d’entre eux, celle-ci s’est affaiblie au cours des trois derniers mois, tandis que 41 % craignent une nouvelle détérioration dans les 3 mois à venir.

C’est au Nord (45 %) du pays que l’on dénombre le plus de pessimistes, tandis que 36 % des Francophones disent "envisager un avenir moins rose.

"Il s’agit d’une observation que l’on avait déjà faite lors de la crise bancaire en 2008", commente Peter Vanden Houte, chef économiste auprès de ING (Belgique).

"L’économie est plus cyclique dans le Nord que dans le Sud. En plus, du fait que le poids des actions dans les portefeuilles des Néerlandophones est plus important que chez les Francophones, les premiers enregistrent à l’heure actuelle plus de pertes, et ont tendance à extrapoler ce fait sur l’évolution de la situation économique".

Moral baissier

Tout indique que, lors de l’enquête en cours de ce mois de septembre, le moral de l’investisseur belge va se dégrader davantage.

"Les indicateurs conjoncturels se dégradent; nous commençons à percevoir les effets de la crise des dettes. Par ailleurs, la volatilité des marchés reste élevée, alors que la possibilité d’assister à un défaut de la Grèce est de moins en moins taboue, et qu’il est même question de la survie de l’euro", dit encore l’économiste.

Les membres de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui se réunissent ces mardi et mercredi, arriveront-ils à redonner du moral aux investisseurs?

Rien n’est moins sûr.

"Je n’ai pas l’impression que cela changera grand-chose à court terme. Il faudrait pour cela que la Fed concocte un plan qui ferait la différence. Un plan qui concernerait par exemple le secteur de l’immobilier résidentiel et qui contiendrait des mesures permettant d’arrêter la baisse des prix, ainsi celle des saisies. Je crains que la Fed annonce plutôt des mesures portant sur les marchés des obligations, destinées à aplatir la courbe des taux. Ce que les marchés ont déjà anticipé", conclut Vanden Houte.

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