L'investisseur belge est de plus en plus sollicité

François Fornieri, le PDG de Mithra, viendra bientôt sonner la cloche à la Bourse de Bruxelles. ©Debby Termonia

Les introductions en Bourse et émissions d’obligations se multiplient, y compris à Bruxelles. Les investisseurs, poussés par la faiblesse des taux d’intérêt, restent présents.

On ne peut pas parler d’euphorie. Mais l’investisseur est fort sollicité en ce moment, et il répond à chaque fois présent. En Belgique, la Bourse de Bruxelles a accueilli quelques opérations de taille au deuxième trimestre, dont l’émission obligataire d’ABInbev et l’introduction en Bourse de la société de biotechnologie Biocartis, ainsi que du holding spécialisé en infrastructure Tinc.

110 millions €
Tinc est la dernière société à s’être introduite à la Bourse de Bruxelles. Elle a réussi à séduire les investisseurs, y compris les particuliers

Deux émissions obligataires à destination des particuliers, et même trois si l’on compte l’échange de titres de Kinepolis , sont venues remplir un segment délaissé. Car en 2014, seule la société WDP  avait émis une obligation accessible pour les particuliers. Cette année, Vandemoortele et Shanks ciblent les particuliers. L’un a émis une obligation à 7 ans avec coupon brut de 3,06%, à partir de 1000 euros. L’opération publique touchera à sa fin le 9 juin, sauf en cas de clôture anticipée. L’autre, émanant d’une société britannique de gestion et de valorisation des déchets, propose une obligation verte libellée en euros à 7 ans, avec un coupon de 3,65%. Elle sera cotée sur la Bourse de Londres, mais s’adresse à l’investisseur belge.

Une alternative aux taux nuls

Même si les taux obligataires de la zone euro sont remontés ces dernières semaines, ils restent faibles et n’influencent pas les taux des carnets de dépôts, comptes à terme et bons de caisse, toujours au plancher. "Aujourd’hui, si on divise le bénéfice par le cours des actions, et que l’on inclut les dividendes et la valorisation des titres, on obtient un rendement entre 6 et 9%" souligne Alain Baetens, responsable du listing chez Euronext Bruxelles. "Le climat macroéconomique est favorable pour les actions, même si on revient de loin. Le Bel 20 s’affichait à 4.007 points avant la crise financière (contre 3.753,52 points ce jeudi). On n’est pas encore revenu aux sommets" ajoute-t-il. Il pointe aussi que très peu de sociétés ont déçu les attentes du marché en publiant leurs résultats. "En l’absence d’alternative de rendement, cela favorise le marché d’actions" note-t-il.

Après Bone Therapeutics, Biocartis et Tinc, la Bourse de Bruxelles attend encore au moins trois introductions en Bourse avant l’été, et quatre si elle tient compte d’une société qui a choisi la double cotation. La société pharmaceutique liégeoise Mithra et le fabricant de tapis Balta sont attendus en Bourse. Alain Baetens constate que des fonds de capital risque profitent de la hausse des marchés d’actions pour valoriser leur sortie des sociétés, à l’image notamment de Balta. Il ajoute qu’après l’été, une autre introduction en Bourse est en préparation. Mais le marché reste fragile, d’après lui.

©mediafin

Des investisseurs américains

Les investisseurs belges ne sont pas les seuls sollicités pour participer aux opérations boursières. Alain Baetens relève que les investisseurs américains ciblent les sociétés européennes, y compris belges. "Il y a eu un flux de ressource de cash américain vers l’Europe, en raison du ralentissement de l’économie américaine, mais aussi de la faiblesse de l’euro face au dollar. Cela a favorisé les investissements en Europe" indique-t-il.

Un paradoxe, alors que des sociétés comme Galapagos  et bientôt Celyad se sont introduites sur le Nasdaq, avec succès en plus.

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