Publicité

L'investisseur belge n'oublie pas la crise

©BELGA

Le moral des investisseurs belges est au plus bas en deux ans. La crise financière de 2008 influence encore aujourd’hui leur manière d’investir.

La confiance des investisseurs belges continue à se tasser. En septembre, le baromètre des investisseurs d’ING est tombé à 101 points, juste au dessus du niveau neutre de 100 points. Un chiffre aussi bas du moral des boursicoteurs belges n’avait plus été atteint depuis septembre 2016.

"La faillite de Lehman Brothers a rendu les investisseurs belges plus craintifs."
Peter Vanden Houte
Chef économiste, ING Belgique

"Bien que l’investisseur belge ne se montre pas encore méfiant à l’égard de l’environnement financier et économique, sa confiance s’est tout de même fortement réduite depuis le début de cette année", analyse Peter Vanden Houte, chef économiste d’ING Belgique. Les Belges s’inquiètent de l’évolution de la conjoncture économique. Celle-ci "est jugée moins favorable que les mois précédents", note Peter Vanden Houte, qui précise: à cet égard, "les optimistes sont quasi aussi nombreux que les pessimistes".

Les perspectives des actifs cotés sur les marchés financiers n’enthousiasment pas davantage les investisseurs belges, qui se montrent "suspicieux envers les Bourses", constate le chef économiste d’ING Belgique. "Aujourd’hui, 29% pensent que les cours des actions baisseront ces prochains mois, tandis que 24% espèrent encore une remontée."

À l’occasion du dixième anniversaire de la faillite de Lehman Brothers, qui avait précipité la crise financière de 2008, ING a aussi interrogé les personnes sondées sur les effets de cette crise sur leur manière d’investir. Sur les 50% de répondants qui étaient déjà investisseurs à l’époque, deux tiers disent investir, actuellement, plus prudemment qu’avant la crise bancaire. "À peine 7% investissent plus agressivement qu’avant 2008", précise ING Belgique. "Ces constats sont valables pour tous les groupes d’âges."

Mais 68% des sondés jugent que les placements en actions rapportent plus, sur une période de 10 ans, que les livrets d’épargne et les bons de caisse. Seuls 5% ne sont pas d’accord avec cette affirmation. "Il est intéressant de noter, chez les jeunes investisseurs (moins de 35 ans, NDLR), le manque de confiance dans le rendement plus élevé des actions", souligne Peter Vanden Houte. "La confiance est inférieure à la moyenne de l’ensemble des investisseurs: à peine 55% croient que les actions rapportent plus sur 10 ans." Par contre, chez les plus de 65 ans, la proportion passe à 75%. "La confrontation à un grave krach boursier au début de la carrière d’investisseur des jeunes a sans doute ébranlé leur confiance dans les actions, tandis que les investisseurs plus âgés ont pu se rendre compte qu’il vaut la peine de prendre des risques à plus long terme", estime l’économiste.

Plus craintif

Enfin, pour 26% des Belges, la probabilité d’une nouvelle crise financière dans l’année est grande, alors que 25% jugent cette probabilité plutôt faible. En cas de crise, 30% des investisseurs disent qu’ils vendraient actions et fonds, 28% resteraient simplement dans l’expectative et 28% profiteraient de la baisse pour acheter. Les autres ne savent pas encore comment ils réagiraient. "Une chose est sûre, Lehman Brothers a rendu l’investisseur belge plus craintif", conclut Peter Vanden Houte. De quoi rendre l’investisseur serein en cas de crise, mais au risque de lui faire manquer du rendement à long terme.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés