L'UE interdit la fusion entre les Bourses de Londres et de Francfort

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La Commission européenne bloque le projet de fusion Deutsche Börse-LSE estimant que cette fusion aurait conduit à la création d'un "monopole de fait" sur les marchés de la compensation des instruments à revenu fixe. Le titre LSE bondit.

La Commission européenne a interdit le projet de fusion des Bourses de Londres et Francfort, le LSE et Deutsche Börse, selon un communiqué diffusé mercredi. "La concentration entre Deutsche Börse et London Stock Exchange aurait considérablement réduit la concurrence", a expliqué la Commissaire européenne Margrethe Vestager pour justifier sa décision.

Les deux groupes possèdent la Bourse italienne en plus de celles d'Allemagne et du Royaume-Uni, ainsi que plusieurs des principales chambres de compensation européennes. La cession de MTS, la plate-forme italienne de négociation des instruments à revenu fixe de LSE, aurait constitué "une solution claire et sans ambiguïté" aux problèmes soulevés par la Commission mais les deux parties l'ont refusée, note la CE. Elles avaient en revanche proposé la cession de LCH.Clearnet, la chambre de compensation du LSE en France, mais cette concession a été jugée insuffisante par l'exécutif européen.

→ Le titre LSE grimpe de 3,4% vers 11h30, la plus forte hausse du Stoxx 600.

Toujours partant pour LCH.Clearnet

Que que soit la décision européenne, Euronext affirme être toujours "disposé à acheter" la chambre de compensation LCH.Clearnet SA au London Stock Exchange; et ce dans les conditions convenues le 3 janvier dernier", précise un porte-parole du groupe boursier.

"Mais faute de trouver un accord à ce stade pour la réalisation de cette opération, Euronext reste déterminé à proposer la meilleure solution de long terme pour la compensation des transactions de produits dérivés, dans l'intérêt de ses clients et de ses actionnaires", a-t-il ajouté.

La cession de LCH.Clearnet pour 510 millions d'euros à Euronext par LSE avait été officialisée le 3 janvier. Elle était conditionnée au rapprochement entre DB et LSE. Son échec met donc automatiquement fin à ce projet.

Pas une surprise

Cette interdiction n'est pas une surprise. Les relations entre les deux fiancés paraissaient de plus en plus tendues ces derniers temps, se crispant notamment sur la localisation du centre de décision du nouvel ensemble"Une interdiction par la Commission sera tout sauf une surprise, étant donné le nombre de problèmes qu'elle avait identifiés dès le début de l'enquête approfondie", avait estimé mardi Jacques Lafitte, patron de la société de conseil Avisa et conseiller de la bourse américaine Nasdaq, opposée à la fusion. "Toutes les planètes sont alignées pour une interdiction", avait renchéri Benoît Le Bret, avocat associé chez Gide, représentant la partie tierce 'Paris Europlace' qui fédère les acteurs de la place financière de Paris.

3e tentative

C'est la troisième fois que LSE et Deutsche Börse tentaient de s'unir: les deux opérateurs avaient déjà échoué par deux fois en 2000 et 2005. Deutsche Börse avait également essayé sans succès de se marier en 2011 à NYSE Euronext, avant qu'Euronext ne sorte du giron du groupe américain. Pour cette nouvelle tentative, la Bourse de Francfort avait mis 14 milliards de dollars sur la table.

Les interdictions de fusion par la Commission européenne, gardienne de la concurrence dans l'UE, sont assez rares, en moyenne une par an. 

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