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La Chine de plus en plus présente sur les marchés financiers

©Bloomberg

MSCI envisage de quadrupler le poids des actions chinoises dans son indice de référence pour les marchés émergents. Il pourrait être imité dès cette semaine par son concurrent FTSE Russell.

L’ouverture des marchés chinois aux investisseurs internationaux pourrait bientôt franchir une nouvelle étape importante.  Le fournisseur d’indices américain MSCI envisage en effet d’augmenter sensiblement le poids des actions d’entreprises chinoises dans son indice consacré aux marchés émergents. Pour mémoire, il avait pour la première fois incorporé quelque 230 grosses valeurs chinoises en juin dernier, avec une pondération de 5%. La société pense à faire passer ce taux à 20% d’ici 2020. Un processus qui se déroulerait en deux étapes: l’inclusion des actions du ChiNext, la plateforme réservée aux firmes technologiques, en mai 2019. Ensuite, les capitalisations moyennes seraient intégrées l’année suivante.

"Si vous n’ajoutez pas la Chine à votre indice, il sera défectueux"
Duan shishua
Shangai Changer Investment Management consulting

Une telle décision pourrait provoquer un nouvel afflux d’investissements étrangers. "Sur la base d’un calcul sommaire des actifs pris en compte par MSCI, je dirais un minimum de 66 milliards de dollars", estime Chin Ping Chia, responsable des études de MSCI pour l’Asie et le Pacifique. Une bonne nouvelle alors que le pays doit faire face aux taxes douanières de plus en plus lourdes imposées par les États-Unis. Les Bourses chinoises ont d’ailleurs bien réagi à l’annonce. L’indice CSI300 des principales capitalisations de la Chine continentale a rebondi de 1,1%. Le composite de Shanghai a lui gagné 0,9%.

MSCI cite dans son communiqué une intégration "réussie" des actions chinoises dans son indice de référence comme facteur l’ayant poussé à envisager un accroissement de leur poids. Cependant, des discussions sont encore en cours avec les milieux financiers et une décision finale devrait être annoncée d’ici le 28 février prochain.

Première économie mondiale en 2030

Un autre facteur qui pourrait soutenir la décision de MSCI est le poids toujours plus important de la Chine dans l’économie mondiale. Selon une étude de la banque britannique HSBC publiée cette semaine, l’empire du Milieu pourrait devenir le premier contributeur à la croissance mondiale dans la prochaine décennie. Au grand dam du président américain Donald Trump, qui déclarait il y a un mois que les États-Unis ne seront pas détrônés de leur première place à court terme.

Selon les calculs d’HSBC, le produit intérieur brut (PIB) chinois pourrait atteindre 26 milliards de dollars d’ici 2030, contre 14,1 milliards actuellement. Environ 70% de la croissance mondiale proviendrait des marchés émergents. L’Inde dépasserait ainsi le Japon et l’Allemagne, et deviendrait la troisième puissance économique mondiale avec un PIB de 5,9 milliards. Quant aux USA, ils verraient leur croissance domestique progresser plus lentement, passant de 20,4 à 25,2 milliards en une douzaine d’années.

On notera que les conclusions de la banque britannique rejoignent celles du Fonds monétaire international (FMI) publiées en juillet. "Même avec un ralentissement progressif de la croissance, la Chine pourrait devenir la plus grande économie mondiale d’ici 2030", écrivaient ses analystes. Ils estiment que le pays est à un "tournant historique". "Après des décennies de croissance rapide, le gouvernement se concentre maintenant sur une croissance de qualité".

Les Britanniques y songent également

Alors que MSCI envisage d’accroître le poids des actions chinoises dans ses indices de référence, son concurrent FTSE Russell pourrait lui emboîter le pas après plusieurs années de résistance. Le fournisseur d’indices britannique devrait, selon les informations de l’agence Reuters, avoir annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi sa décision d’ajouter les actions A chinoises. Certains observateurs affirmeraient que les points de blocage concernant les contrôles de capitaux, la compensation et le règlement ne sont plus des problèmes, ce qui les conduit à penser qu’une décision positive est probable.

Duan Shihua, directeur général du fournisseur d’indices chinois Shanghai Changer Investment Management Consulting, estime que cela déclencherait initialement des entrées de capitaux étrangers de 15 milliards de dollars sur le marché. "Si vous n’ajoutez pas la Chine le plus grand marché émergent du monde à votre indice des marchés émergents, votre indice de référence serait défectueux, du moins incomplet", a-t-il résumé.

La Chine Boostée PAR la Guerre commerciale

Selon une étude de la Banque centrale européenne (BCE) publiée ce mercredi, la Chine pourrait mieux s’en sortir que les États-Unis en cas de guerre commerciale généralisée.

Les économistes de la BCE ont évalué l’impact d’un scénario noir où les USA mettent en place des taxes douanières de 10% sur toutes leurs importations et où leurs partenaires commerciaux y répondent de manière égale. Résultat: l’activité économique américaine serait amputée de 2% dès la première année.

"Le resserrement des conditions financières plomberait le PIB américain d’environ 0,7% et les actions américaines chuteraient de 16%", expliquent les auteurs de l’étude. De son côté, la Chine pourrait compenser le manque à gagner en vendant ses produits sur les autres marchés.

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