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La croissance de Van de Velde corsetée "quelques années"

©Reporters

Le processus de transformation actuellement à l'oeuvre chez le fabricant de lingerie féminine Van de Velde pourrait prendre quelques années avant de se matérialiser de façon significative au niveau des ventes et des bénéfices estime une analyste.

Les temps sont durs pour le fabricant de lingerie féminine haut de gamme Van de Velde . Il suffit de jeter un œil à l’évolution du cours de Bourse pour mesurer le désarroi des investisseurs face à cette action qui après avoir connu une année faste en 2015 vit une longue traversée du désert.

Depuis un plus haut historique de 66 euros atteint fin 2016, le titre a en effet entamé un lent déclin. Il se traite aujourd’hui autour de 35 euros, soit une chute de 47% en l’espace de 16 mois. Depuis le début de l’année et l’avertissement sur résultat lancé ce jeudi matin, le recul atteint 20%.

Les résultats de l'exercice 2017 publiés en février dernier avaient déjà laissé un goût amer : chiffre d’affaires stable, Ebitda en baisse de 14% et bénéfice en très légère augmentation.

Transformation et investissements

C’est que le groupe est depuis un an ou deux à la croisée des chemins et a entamé une transformation profonde. Pour s’adapter au commerce en ligne et améliorer la fiabilité des livraisons à ses clients Van de Velde a dû consentir à d’importants investissements. En 2017, les "frais non attribués" ont ainsi augmenté de 5,1 millions d’euros.

Pour l’exercice actuellement en cours, Van de Velde visait un objectif de croissance de ses ventes de 5% mais prévenait que le développement de sa plate-forme évolutive entraînerait une nette augmentation des coûts et des investissements. Avec des conséquences sur le bénéfice.

Mais ce matin, Van de Velde a dû revoir ses ambitions à la baisse : le chiffre d’affaires sera stable ou en légère baisse ce qui se traduira par une pression importante sur le développement du bénéfice. Douche froide pour les investisseurs : le titre chutait de 7,5% en début de séance.

Objectifs de cours abaissés

Reste à chiffrer l’ampleur de ce "profit warning" ce que la société se garde bien de faire. Les analystes financiers ont donc dégainé leurs calculettes.

Pour Guy Sips de KBC Securities, le chiffre d’affaires de 2018 devrait atteindre 208 millions d’euros soit un million en moins que l’an dernier. Il a revu sa prévision de bénéfice à 26,6 millions d’euros contre 29,4 millions avant sachant qu’en 2017, il s’est établit à 33,9 millions d’euros. En se basant sur la politique de distribution du bénéfice de 40% appliquée par l'entreprise, il s’attend à un dividende de 0,88 euro en 2018 et de 1 euro en 2019. En conclusion de ce qui précède, il a décidé de réduire son objectif de cours à 36,5 euros contre 38 euros avant. Il recommande de conserver l’action.

Nathalie Debruyne (Degroof Petercam), de son côté, s’attend désormais à un Ebitda en recul de 13% entraînant une compression de 18% de l’Ebit. L’an dernier, ces chiffres atteignaient respectivement 53,5 millions d’euros (-14%) et 48 millions (-10,6%). Elle estime que le bénéfice devrait afficher une chute de 18,6% à 27,4 millions d’euros. Son objectif de cours en pâtit. Il ne s’élève plus qu’à 36,5 euros contre 42,5 euros avant. L’avis reste à "conserver".

"L’entreprise semble prendre les bonnes décisions pour atteindre le prochain niveau note l’analyste. Mais il est probable que cela prenne quelques années avant de se matérialiser en une reprise significative des ventes et des bénéfices et il reste un risque que cela ne se réalise pas" prévient-elle.

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