La Fed parée pour "s'attaquer aux menaces à la stabilité financière"

La Réserve fédérale (Fed) pourrait avoir à relever ses taux d'intérêt si elle voit une menace potentielle pour la stabilité financière, a déclaré mardi le patron de l'institution monétaire Ben Bernanke.

Avant la crise financière, nombre de responsables de la banque centrale américaine avaient fait valoir que l'utilisation des taux d'intérêt pour percer la bulle d'actifs serait trop brutal. Mais désormais, les analystes sont d'avis que la Fed  pourrait utiliser ses pouvoirs de supervision bancaire pour éviter des risques tels qu'une croissance excessive du crédit.

Ce mardi, le président de la Réserve fédérale a justement déclaré "qu'il ne fallait pas exclure la possibilité d'utiliser la politique monétaire pour parvenir aux objectifs de stabilité financière" et que "la réglementation et le suivi du système financier devaient être la première ligne défense contre l'instabilité financière".

"La crise nous a rappelé avec force que, pour les banques centrales, la responsabilité de préserver la stabilité financière est au moins aussi importante que celle de faire un usage efficace de la politique monétaire pour atteindre des objectifs macro-économiques", a déclaré Ben Bernanke lors d'un colloque économique à Boston.

Sans être négligées avant la crise, ces question relatives à la stabilité financière étaient le parent pauvre de l'action des banques centrales, a estimé M. Bernanke, qui dirige la banque centrale américaine depuis 2006.

Ben Bernanke a rappelé que la capacité d'être "prêteur de dernier ressort" en cas de crise était l'une des fonctions traditionnelles des banques centrales et que cela avait été l'une des premières motivations pour la création de la Fed en 1913.

Avec la crise apparue en 2007, les banques centrales ont été obligées de se montrer innovantes sur ce point en établissant diverses facilités extraordinaires afin d'assurer le fonctionnement du marché du crédit, a-t-il dit.

"Mais les événement récents ont montré à quel point il est important de prévoir les menaces sur la stabilité financière et de les neutraliser avant qu'elles ne causent des dégâts au système financier et à l'économie", a-t-il ajouté.

Aux Etats-Unis, la loi de réforme de la finance promulguée en 2010 a confié à la Fed de nouveaux instruments de contrôle censés lui permettre d'agir en ce sens. La banque centrale est ainsi chargée de surveiller toutes les entreprises financières systémiques (dont la liste n'a pas encore été arrêtée) qu'elles soient bancaires ou non, et bénéficie d'une marge de manoeuvre plus grande pour leur imposer des règles plus strictes.

Pendant son allocution, le patron de la Fed a abordé la question de l'articulation à venir entre les deux tâches d'importance égale qu'il a définies comme étant du ressort des banques centrales.

Pour l'heure, a-t-il dit, le "consensus" est que "le point focal de la politique monétaire doit rester la poursuite d'objectifs macroéconomiques" (en l'occurrence pour la Fed: le plein emploi et la stabilité des prix), tandis que d'autres instruments "plus précis doivent être utilisés pour s'attaquer aux menaces à la stabilité financière en gestation, telles qu'un hausse excessive du crédit".

Ben Bernanke, a cependant jugé que ce "consensus" n'avait "rien d'inscrit dans le marbre".

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