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La guerre commerciale en épouvantail pour Philips

©Bloomberg

Le groupe a déçu les attentes des analystes avec des chiffres trimestriels affectés par des effets de change, mais surtout une activité en demi-teinte.

Le titre Philips  a reculé de 8,69% ce lundi à la Bourse d’Amsterdam, suite à la publication des résultats du troisième trimestre du groupe. Il signe la plus forte baisse de l’indice AEX et le deuxième plus fort recul du Stoxx 600, après Standard Life Aberdeen  . Les chiffres du groupe néerlandais, recentré sur les équipements médicaux, ont déçu les analystes. Les revenus de la société se sont élevés à 1,678 million d’euros, soit une croissance de 4,2% par rapport à la même période l’année dernière, alors que les analystes attendaient une croissance de 5,4%. Chez Degroof Petercam, l’analyste Marcel Achterberg relève que les trois segments d’activités sont ressortis "1 à 3% en dessous de nos attentes".

"Pendant ce temps, la société continue de diminuer ses coûts et cela devrait favoriser sa marge potentielle pour 2019, ainsi que lui permettre de rester en ligne avec ses objectifs."
Marcel Achterberg
Degroof Petercam

Chez ING, les analystes Marc Zwartsenburg et Marc Hesselink soulignent que le bénéfice avant impôts, intérêts et amortissements (ebitda) de Philips est ressorti 3% en dessous du consensus des analystes. Frans van Houten, directeur de la société, a déclaré dans un communiqué être "satisfait de la poursuite de la croissance des prises de commandes, qui ont augmenté de 11%". "Les améliorations opérationnelles, a-t-il ajouté, ont en partie été effacées par des vents de face liés aux effets de change".

Il a estimé que la hausse de 4,2% des ventes comparables sur la période était "un petit exploit" après la croissance nulle enregistrée au deuxième trimestre. Mais il a admis sur Bloomberg TV qu’il aurait souhaité que les bénéfices de Philips soient plus élevés. "Des ajustements ont dû être faits dans nos prix pour certains marchés émergents comme l’Argentine et la Turquie, où les devises ont baissé considérablement, et à cause de l’empreinte manufacturière affectée par la hausse des droits de douane entre la Chine et les Etats-Unis". Il a indiqué que la guerre commerciale pourrait affecter les bénéfices de la société de 60 millions d’euros l’année prochaine.

"Depuis le début de l’année, Philips a indiqué une croissance de ses ventes de 4% et de 90 points de base pour sa marge. Mais le consensus des analystes table sur une croissance de 5% pour les ventes et de 110 points de base pour la marge. Nous nous attendons à ce que le consensus pour l’ebitda ajusté pour 2018 soit révisé à la baisse", soulignent Marc Zwartsenburg et Marc Hesselink.

Chez Degroof Petercam, Marcel Achterberg s’attend aussi à une révision de l’ebitda à la baisse, "en raison des effets de change, qui ont rendu nos estimations trop optimistes". "Pendant ce temps, la société continue de diminuer ses coûts et cela devrait favoriser sa marge potentielle pour 2019, ainsi que lui permettre de rester en ligne avec ses objectifs" ajoute-t-il. "De plus, la croissance à deux chiffres de ses commandes devrait amener un solide quatrième trimestre. À 13,5 fois les bénéfices 2019, nous estimons que l’action est correctement valorisée", précise-t-il. L’analyste ne change pas sa recommandation sur le titre, à "conserver" avec un objectif de cours à douze mois de 36,50 euros.

Si une scission des activités "impression" et "chimie" d'Agfa devait être opérée, "bien sûr que nous la regarderions avec intérêt"
Frans Van Houten
CEO de Philips

Chez ING, les analystes maintiennent leur recommandation à "acheter" sur le titre et leur objectif de cours à 32 euros. Ils soulignent que le bénéfice net de Philips a chuté de 31% sur un an contre 2,7% pour le consensus des analystes, "mais cette chute est due à l’ajustement de valeur de l’intérêt de la société dans Signify  (Philips Lighting)".

Un impact Agfa

Agfa envisage de se séparer de ses activités "impression" et "chimiques". De quoi éveiller l'intérêt de Philips. ©rv

Le titre Philips semble également réagir aux propos de Frans van Houten sur un éventuel intérêt de la société pour la division healthcare d’Agfa  . "Je ne vais pas spéculer sur Agfa. Philips est également actif dans l’imagerie et les solutions IT pour les hôpitaux. Pour autant que je sache, cette division n’est pas sur le marché" a déclaré Frans van Houten à nos confrères du Tijd.

Agfa envisage en effet une scission de ses activités "impression" et "chimie". Si cette scission devait être opérée, "bien sûr que nous la regarderions avec intérêt", lance tout de même le patron de Philips.

Le titre Agfa n’a par contre pas profité de ces propos et des spéculations autour d’un rachat de sa division Healthcare par Philips. L’action a légèrement progressé, de 0,05%, à la Bourse de Bruxelles.

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