Le Bel 20 en route vers les 3.200 points?

©vince

La première fois que le Bel 20 avait franchi ce seuil, c’était il y a dix ans déjà. Les actions qui l’ont aidé à remonter la pente devraient encore être celles qui le conduiront plus haut.

L’indice Bel 20 est de retour à la barre des 3.000 points. Avec une hausse qui frôle les 95% depuis le plancher de mars 2009, l’indice phare de la Bourse de Bruxelles a retrouvé ses niveaux d’avant la chute du bancassureur Fortis en septembre 2008. Certes, on est loin de la progression de 170% enregistrée par l’indice S & P 500 de Wall Street, ou de celle de 160% affichée par le DAX 30 de la Bourse de Francfort. Il reste que le marché belge n’a pas à rougir, en regard notamment de la progression de 70% réalisée par l’indice DJ Stoxx des 600 plus grosses sociétés en Europe.

Pour les 5 années qui viennent de s’écouler, l’indice ne démérite donc pas. Il est néanmoins intéressant de préciser que la première fois que le Bel 20 a franchi le seuil des 3.000 points, c’était en 2004. Et dans ce cas, on peut comprendre que nombre d’actionnaires, surtout parmi les investisseurs particuliers, aient le sentiment d’avoir perdu 10 ans, même si la Bourse a atteint entre-temps des sommets. Ne baissons pas pour autant les bras, et tirons plutôt de ce constat la leçon qu’il ne faut pas hésiter à sortir des marchés, lorsque les cours des actions ont effectué un beau parcours.

La leçon de Warren Buffett

Est-ce à dire que la hausse de 95% de l’indice Bel 20 depuis mars 2009, doit désormais inciter à la retenue? "A priori oui", affirme Étienne de Callataÿ, chef économiste auprès de la Banque Degroof. "Car, un bon investisseur, selon la définition du milliardaire américain Warren Buffett, c’est celui qui acquiert des actions quand la Bourse est bon marché, et les revend après avoir engrangé une belle plus-value".

Rappelons quand même que la période comprise entre 2003 et 2007 avait vu l’indice monter de 220%. Certes, marquée par d’intenses spéculations dans les secteurs de l’immobilier et de la banque, cette période ne peut pas constituer l’exemple le plus adéquat. Tout comme celle qui s’est étalée entre 1996 et 1999, lorsque le Bel 20 avait gagné 160%, nourri cette fois par le fol engouement des investisseurs pour les valeurs "TMT" (technologie, médias et télécoms).

Il reste que, dans un mouvement haussier tel que nous en connaissons un à l’heure actuelle, une performance de 95% pour les marchés boursiers ne suffit pas pour affirmer qu’il y a exagération à ce stade. Et encore moins aujourd’hui, alors que le marché revient de loin.

Serait-il donc prématuré de se désintéresser des marchés d’actions? Pour Étienne de Callataÿ, "oui, il ne fait pas de doute: on peut en réalité encore investir aujourd’hui, tout en ayant à l’esprit que tous les risques ne sont pas évanouis. Les analystes font probablement preuve d’optimisme, en tablant une hausse moyenne de 16% des bénéfices des sociétés en Europe en 2014. Je pense toutefois que cela est atteignable, et que cela aidera les Bourses à monter davantage".

On l’imagine, la Bourse de Bruxelles ne restera pas à l’écart de cette tendance. La voie pour le Bel 20 en vue de refranchir les 3.000 points paraît donc bel et bien ouverte. Il reste à l’indice à monter de 2% pour les atteindre.

Près de 50% du Bel 20 déjà au sommet

Reste à savoir quelles sont les valeurs qui permettront au Bel 20 d’atteindre cet objectif. En d’autres termes, sur quelles actions l’investisseur peut-il encore jeter son dévolu? La question prend tout son sens, si l’on sait que 6 valeurs qui composent l’indice Bel 20 ont déjà atteint des plus hauts historiques au cours des deux dernières années. Il s’agit d’AB InBev, Colruyt, Elia, Telenet, UCB et ThromboGenics. 4 autres étaient déjà passées par le sommet. C’était en 2011. Et il s’agissait de Bekaert, Delta Lloyd, D’Ieteren et Umicore.

Offrent-elles encore, ces actions, suffisamment de potentiel, pour grimper davantage? Ou est-il préférable de sélectionner celles restées à la traîne du marché? Pour l’heure, à l’exception de l’une ou l’autre action, Telenet par exemple, il faut bien admettre que ce sont toujours celles qui ont été les plus en vue ces derniers mois qui gardent la cote auprès des professionnels de la gestion financière. Elles sont celles qui bénéficient, nous renseigne Bloomberg, le plus de recommandations à l’"achat" parmi les analystes que l’agence d’informations financières suit.

On trouve notamment AB InBev, UCB, Delta Lloyd, et Ackermans & van Haaren (AvH). Au rayon des actions dont le sommet remonte toujours à la période précédant la crise de 2008, ce sont GBL, KBC, Delhaize Group, GDF Suez et Umicore, entre autres, qui sont les plus plébiscitées par les analystes. Pour la plupart des autres valeurs de l’indice, le conseil de les "conserver" est par contre le plus souvent avancé.

En route vers les 3.200 points?

Il peut paraître surprenant que les valeurs qui ont le mieux performé ces derniers temps gardent la cote auprès des analystes. La raison essentielle, c’est que la croissance des profits de ces sociétés, qui a permis à leurs actions de reprendre de l’altitude ces dernier temps, est une histoire qui ne semble pas encore achevée. Gestionnaire de fonds auprès de Candriam (ex-Dexia Asset Management), Anne-Catherine Delaye estime "possible une croissance de 10% des bénéfices des sociétés belges cette année. Une telle croissance pour les résultats justifierait une nouvelle hausse de l’indice Bel 20 d’autant de pour-cents en 2014".

Du coup, sachant que le Bel 20 a clôturé 2013 à 2.923 points, on peut penser qu’il sera en mesure de terminer l’année nouvelle quelque part aux environs de 3.200 points.

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