Le cauchemar boursier d'Avantium s'empire

La première cotation d'Avantium, le 15 mars 2017. ©RV DOC

En dix-huit mois environ, Avantium qui espère commercialiser un plastique biologique a perdu près deux tiers de sa valeur. L'action a chuté de 20% ce matin après l'annonce d'un conflit avec son partenaire BASF.

Dans Avantium , il n’y a que le nom qui donne l’impression que l’on avance. En Bourse, c’est "reculium" tous azimuts. Depuis son introduction en Bourse en mars 2017, titre a chuté de 65%. En ce y compris le claque de 20% encaissée ce matin.

Il y a deux ans, tout semblait pourtant sourire à cette spin off du groupe pétrolier Shell. Elle concluait en octobre 2016 une coentreprise baptisée Synvina avec le géant allemand BASF. Le but: produire dans une usine à construire à Anvers un plastique biologique à partir de son savoir-faire.

IPO à 11 euros

Baptisée YXY, cette technologie d'Avantium permet de transformer le sucre issu de plantes, le fructose, en un grand nombre de produits chimiques et plastiques biologiques tels que le PEF (polyéthylène furanoate), qui se profile comme le matériel de conditionnement du futur, expliquait-elle à l'époque

Pour financer la construction de cette usine, Avantium avait organisé en mars 2017 une IPO au prix de 11 euros l'action. Là encore le succès était au rendez-vous. L’offre avait  été sursouscrite plusieurs fois et la société néerlandaise cotée désormais à Bruxelles et à Amsterdam avait réussi à lever une bonne centaine de millions d’euros. Une large partie des fonds étaient destinée au financement de l’usine.

Tuile

Mais en janvier 2018, première grosse tuile. Avantium annonce que la production commerciale de son plastique biologique va accuser un retard compris entre 24 et 36 mois en raison de problèmes techniques constatés dans l’usine pilote. La date à laquelle Avantium dégagera ses premiers bénéfices s’éloigne et les inquiétudes sur son niveau de liquidités se font jour. Le titre dégringole en Bourse.

Et re-tuile

Aujourd’hui, c’est l’existence même du joint venture avec BASF qui pourrait être remise en cause. Le groupe allemand a fait savoir à Avantium que si les critères d’investissement n’étaient pas remplis pour le 5 décembre, il s'estimait en droit de prendre ses cliques et ses claques et de sortir de Synvina comme le prévoient leurs accords.

Avantium n’a pas la même interprétation de ceux-ci et avance qu’il faut prendre en compte le retard de deux à trois ans annoncé en janvier. Les deux parties tentent de trouver un arrangement. Mais si elles ne tombent pas d’accord, Avantium pourrait se retrouver seule avec les actifs de la coentreprise sur les bras. Cette nouvelle a été très mal accueillie par le marché, le titre chutant de près de 20% en cours de matinée.

KBC abaisse sa recommandation

"Si BASF quitte Synvina, Avantium ne dispose pas des ressources financières pour construire seule l’usine et nous pensons qu’elle ne possède pas non plus les qualifications techniques", estime Wim Hoste de KBC Securities.

Vu également le peu de clarté sur l’avenir du projet d’Avantium, il a décidé d’abaisser sa recommandation à "réduire" contre " conserver " avant. L’objectif de cours passe de 5,5 euros à 4,5 euros.

Les pistes d'ING

Reginald Watson d’ING souligne, pour sa part, qu’Avantium a l’intention de poursuivre son projet de commercialisation avec ou sans BASF. Il distingue trois pistes possibles: une nouvelle coentreprise, des financements complémentaires ou une réduction de la taille de l’usine. La première serait la plus porteuse de valeur, à ses yeux. Sa perspective sur la valeur est négative mais il n’a pas (encore?) touché à sa recommandation (acheter) ni à son objectif de cours de 12,9 euros.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect