Le match du mois : Apple vs Google

Les nouveaux produits d’Apple sont les mieux positionnés pour profiter des fêtes de fin d’année. Quant à Google, les analystes restent optimistes même si le groupe manque d’un catalyseur pour doper sa croissance.

APPLE

Un groupe qui a survécu depuis les débuts de l’ère de l’informatique, passant tout près de l’effondrement il y a une quinzaine d’années, pour devenir finalement un des groupes les plus puissants du secteur technologique américain. Apple est aussi l’histoire d’une diversification réussie vers des applications grand public innovantes, couplée à un goût certain pour le design. Mais Apple c’est également et peut-être avant tout une histoire de marques.

Avec le lancement de l’iMac et de l’iPod au début du XXIème siècle, le groupe va enfin trouver la formule magique du succès commercial populaire après laquelle il courait depuis plus de 10 ans. Une fois la marque installée, Apple a continuellement développé de nouvelles versions, et a progressivement étendu sa gamme vers les smartphones (iPhone) et maintenant les tablettes (iPad), en rencontrant chaque fois un succès commercial croissant.

Le groupe devrait vendre 30 millions d’appareils (dont 10 millions d’iPhones et d’iPods) durant le seul quatrième trimestre 2010, avec un résultat net qui fera plus que doubler sur l’exercice en cours.

"Le groupe aura des produits extrêmement populaires dans les bacs lors des périodes de fin d’année", souligne un analyste américain. Et certains analystes estiment que le consensus 2011 est trop timoré, les sondages effectués dans les réseaux de distribution pourraient entraîner une hausse des attentes bénéficiaires vers 25-30 dollars pour 2011, soit au moins 40 % au-dessus du niveau actuel. Dans un contexte économique morose aux Etats-Unis, le consensus est dès lors optimiste, avec 44 avis d’achat sur 47, et un seul avis négatif. L’objectif de cours médian de 347 dollars laisse un potentiel actuel supérieur à 20 %.

Le groupe ne reste toutefois pas sans opposition, mais jusqu’ici, les lancements de produits concurrents n’ont pas réussi à ralentir Apple. Et il est probable qu’Apple continuera à battre des records boursiers et financiers, d’autant qu’une nouvelle version de l’iPhone est attendue pour 2011, et que le groupe continue de développer de nouveaux produits (Apple TV) pour construire le futur.

GOOGLE

À sa manière, Google est aussi un survivant. Une des rares dot.coms à avoir réussi à construire une base suffisamment large pour survivre au krach et prospérer. Google est le site qui attire le plus de publicité online au monde (43 % de part de marché), et le groupe continuera donc à pouvoir croître à mesure que le marché online se développera. La publicité représente plus de 95 % de son chiffre d’affaires. L’action a été particulièrement volatile ces dernières années, en raison de l’évolution cyclique des rentrées publicitaires.

Pour la publicité justement, les analystes sont relativement partagés pour les trimestres à venir. Si certains s’attendent à ce que le rythme de croissance ralentisse vers des niveaux plus normaux, notamment en raison de la concurrence accrue de site concurrents (Facebook en première ligne), d’autres estiment que la position dominante de Google devrait encore se renforcer, avec une hausse de la part de marché à la clé.

En outre, la croissance est aujourd’hui en partie alimentée par une politique d’acquisitions assez agressive, avec notamment pas moins d’une vingtaine d’opérations conclues depuis le début de l’année 2010 (en plus de la dizaine conclue les deux années qui avaient précédé). Il faut dire que le groupe n’est pratiquement pas endetté et dispose de 24 milliards de dollars de liquidités.

Au niveau de la croissance propre, Google manque toutefois d’un catalyseur qui puisse rivaliser avec la progression du chiffre d’affaires d’Apple. Le groupe a réussi à imposer son système d’exploitation (Android) dans la plupart des smartphones et tablettes qui concurrencent les produits d’Apple, mais la taille de cette activité par rapport au reste du groupe n’est pas encore suffisamment importante pour avoir un impact significatif sur le rythme de croissance.

Pour le moment, les analystes restent optimistes, avec 33 avis d’achat sur les 39 exprimés, et un objectif médian de 621 dollars qui laisse un potentiel de 18 % au titre. Il faut toutefois signaler que pas moins de 2 analystes ont récemment lancé une couverture avec des recommandations négatives.

Résultat : Apple 4 - Google 2

Les deux groupes font partie des fleurons de l’industrie technologique américaine, et sont en outre des marques reconnues sur l’ensemble de la planète. Si la croissance de Google est solide, et devrait suivre l’évolution du trafic sur internet, les perspectives d’Apple sont autrement plus explosives à l’heure actuelle. Le consensus confirme cette interprétation, et donne une légère préférence à Apple. La concurrence entre les deux groupes est amenée à s’intensifier dans les années à venir, notamment dans le domaine des Smartphones et dans les plateformes de distribution digitale.

 

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