Le meilleur été des Bourses depuis 2009

Les Bourses sud-européennes (ici, la Bourse de Milan) enregistrent les plus fortes croissances sur les trois derniers mois (photo Bloomberg) ©Bloomberg

Les Bourses de la zone euro ont enregistré leur meilleur été depuis 2009. Leur indice DJ Stoxx est monté de près de 9 % durant les trois mois de l’été. Malgré le budget américain, malgré la Fed.

Ah, s’il n’y avait pas eu la crise du budget aux Etats-Unis, qui a fait planer jusqu’au bout le risque d’un "shutdown" (fermeture) des administrations fédérales américaines. Sans cela, les Bourses européennes auraient alors enregistré leur meilleur bilan mensuel de cette année. Mais avec une hausse de 4,42 % à 310,46 points, selon l’indice DJ Stoxx 600, elles arrivent toutefois à sauver l’essentiel de leurs gains accumulés au cours des premières semaines de septembre. Et, surtout, à afficher leur plus beau trimestre depuis l’automne 2009.

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Au terme des trois derniers mois, le DJ Stoxx 600 a progressé de 8,92 %. C’est bien davantage que des indices comme le S & P 500, à Wall Street, qui a gagné 4,87 %, ou le Nikkei 225 de la Bourse Tokyo, qui s’est adjugé 5,69 %.

Mieux, si l’on met plus en avant des indices comme l’Athex de la Bourse d’Athènes, qui a gagné 19,64 % sur le trimestre, le DAX 30 de Francfort (+ 7,98 %) et même le Bel 20 (+ 10,93 %), on ressent encore mieux l’intérêt des investisseurs pour les actions cotées en Europe.

Afflux d’investisseurs

Qu’est-ce qui fait donc bien courir les investisseurs sur les marchés des actions européennes? Selon un rapport rédigé par Goldman Sachs et relayé hier par Bloomberg les investisseurs américains ont acheté à eux seuls des actions pour près de 50 milliards d’euros entre les mois de janvier et de mai. Un montant que l’on n’avait plus connu depuis l’éclatement de la crise financière en 2008. Pour leur part, les fonds européens ont effectué des achats totalisant plus de 80 milliards d’euros au cours des 12 derniers mois.

Pas la peine de s’étendre sur le sujet; personne n’ignore que la zone euro est pourtant loin de représenter une "oasis" économique. Comme le démontre, entre autres, son taux de chômage record, qui atteint 12,1 % de sa population active. La perspective d’une amélioration de la situation économique en Europe est en réalité ce qui anime les investisseurs en actions.

"La cherté des actions cotées à Wall Street, après leur hausse de 20% contre 10,7% pour le Stoxx 600 depuis le début de cette année, font des Bourses européennes la place naturelle à regarder pour la croissance", affirme Hans Olsen, de chez Barclays, pour justifier la présence en nombre des investisseurs.

Attractivité réduite

L’ascension des actions européennes est-elle censée se poursuivre encore bien longtemps? Vraisemblablement, à suivre les prévisions de Goldman Sachs, selon lesquelles la zone euro devrait encore profiter d’afflux de liquidités dans les mois à venir. En outre, contrairement aux actions américaines, celles de la zone euro sont moins exposées à la décision que pourrait adopter prochainement la Fed. Celle de réduire son soutien à l’économie américaine.

De plus, on n’a pas manqué de constater que les actions cycliques ont beaucoup contribué à la bonne tenue des marchés. C’est rassurant dans la mesure où elles peuvent nous procurer une petite idée d’où l’on se situe, en ce moment, au niveau du cycle économique. On trouve les valeurs de l’automobile d’une part (+ 18,7 %), et cela en dépit de ventes de véhicules tombées à un plus bas de 23 ans, ainsi que celles des matières premières (+ 17 %) d’autre part.

Cela dit, on ne peut nier que leur attractivité se réduit à mesure que les indices boursiers prennent de l’altitude. Sur ce point, il est bon de noter qu’à ce jour, les sociétés du Stoxx 600 se traitent en moyenne à 14,2 fois les profits attendus (P/E) pour 2013. L’écart avec les sociétés du S & P 500 (P/E moyen attendu de 15,3) s’est considérablement réduit ces derniers temps. Cela pourrait inciter des investisseurs à faire preuve désormais de plus de retenue sur les marchés du vieux continent.

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