Le moteur allemand tourne toujours

©Bloomberg

Trois indicateurs conjoncturels traduisent une résistance de la première économie européenne. Mais le Dax reflète encore les craintes sur l’euro et le pétrole.

Malmenées en début d’année, les actions allemandes conservent de l’attrait. Mardi, plusieurs indicateurs conjoncturels ont démontré que la croissance économique résistait bien en Allemagne.

C’est notamment le cas de l’indice PMI (purchasing managers index), qui mesure le sentiment de confiance des directeurs d’achats des entreprises, ce qui lui permet de donner un bon aperçu de l’évolution attendue de l’économie. Le PMI composite de l’activité globale de la première économie européenne s’est maintenu à 54,1. Il était déjà à ce niveau en février. Un nombre supérieur à 50 dénote une croissance.

Dans le secteur des services, cette croissance a accéléré, le PMI étant passé de 55,3 à 55,5 en un mois. C’est son plus haut niveau des trois derniers mois. Par contre, dans le secteur manufacturier, on note un petit ralentissement, le PMI se situant à 50,4 ce mois-ci, contre 50,5 en février. Malgré cette décélération, la croissance reste toutefois au rendez-vous.

"Les entrepreneurs allemands semblent avoir évacué les craintes d’un ralentissement économique mondial durable."
Carsten Brzeski
Chef Economiste d’ING-DiBa

Confiance en hausse

D’après Oliver Kolodseike, économiste chez Markit, l’institut qui publie les indices PMI, ces chiffres montrent qu’au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) allemand devrait enregistrer "une croissance modérée sans être spectaculaire, semblable aux taux observés durant les deux derniers trimestres".

L’indice Ifo (Institut fuer Wirtschaftsforschung, soit l’Institut de recherche économique) a quant à lui rebondi mardi à 106,7 après 105,7 en février. Ceci traduit un renforcement de la confiance des entrepreneurs allemands. Ces derniers "semblent avoir évacué les craintes d’un ralentissement économique mondial durable", commente Carsten Brzeski, chef économiste d’ING-DiBa, à Francfort. Ce dernier relève qu’au début de cette année, "la production industrielle, la construction, les immatriculations et les ventes de détail ont jusqu’à présent été plus élevées qu’au dernier trimestre de 2015. L’indice Ifo du jour s’ajoute à l’optimisme croissant", conclut-il.

Egalement publié mardi, l’indice Zew (Zentrums für Europäische Wirtschaftsforschung ou Centre pour la recherche économique européenne), qui mesure le moral des investisseurs allemands, a rebondi à 4,3 en mars, contre 1 en février.

Exportateurs touchés

La Bourse de Francfort a bien accueilli ces indicateurs. Le Dax a gagné 0,42% mardi, malgré le contexte des attentats qui lui avait fait perdre jusqu’à 1,3% en séance (lire en page 13). Par contre, l’indice boursier allemand affiche encore un recul de 7,01% en 2016. Ceci reflète les craintes au sujet de l’effet du ralentissement économique des pays émergents sur l’Allemagne.

Les entreprises allemandes exportent beaucoup, certaines principalement hors de la zone euro. Parmi les cinq plus fortes baisses des actions qui composent le Dax, on trouve trois groupes réalisant une bonne part de leurs ventes hors Europe. Merck, en baisse de 16,76% en 2016, réalise 33% de son chiffre d’affaires en Asie et 30% en Amérique. BMW, en recul de 16,64% depuis le 1er janvier, vend à concurrence de 23% en Amérique et 17% en Chine. Daimler, qui perd 13,70% depuis le début de l’année, réalise 32% de ses ventes en Amérique et 23% en Asie. Dans les cinq pires performances annuelles au sein du Dax, on trouve aussi Deutsche Bank (-25,84%) et Commerzbank (-15,58%), dont la rentabilité a été malmenée à cause de taux d’intérêt extrêmement bas.

Si les valeurs exportatrices allemandes ont autant souffert, c’est non seulement à cause des inquiétudes pour la croissance économique aux Etats-Unis et en Asie mais aussi parce que l’euro s’est apprécié ces derniers mois. La devise européenne dépasse 1,12 dollar, contre moins de 1,09 dollar fin 2015.

C’est notamment ce qui explique que le rebond de l’indice Zew a été moins marqué que prévu. Les investisseurs restent inquiets à propos de l’incertitude qui entoure l’euro et les prix pétroliers. Mais en attendant d’en savoir plus à ce sujet, on peut constater que l’économie allemande continue sur sa lancée.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés