Le Nikkei de retour à plus de 20.000 points, 15 ans plus tard

Après sa chute de 17% en 2011, le Nikkei a repris 23% en 2012, 57% en 2013 et 7% en 2014. ©REUTERS

Le Nikkei est revenu à son niveau d’avril 2000. La politique monétaire de la BoJ et les réformes du gouvernement dopent la confiance des investisseurs.

La Bourse de Tokyo a passé un cap symbolique. Mercredi, le Nikkei a clôturé à plus de 20.000 points pour la première fois depuis avril 2000. L’indice vedette du marché japonais a gagné 1,13% à 20.113,90 points. Les actions cotées au Japon ont bénéficié de l’optimisme des investisseurs pour les résultats de 2014, dont la saison des publications atteint son apogée cette semaine, ainsi que de la stabilité du yen après sa baisse de 2014 face au dollar.

La hausse du Nikkei ne date pas d’hier. Depuis 2011, année où il avait chuté de 17% à cause de la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’indice japonais enchaîne les performances spectaculaires: après avoir bondi de 23% en 2012, l’indice phare de la Bourse de Tokyo s’est envolé de 57% en 2013 et a encore grimpé de 7% l’an dernier. Son gain actuel en 2015 est de 16%. Les deux principaux moteurs de cette remontée du Nikkei sont l’assouplissement monétaire inédit de la Banque du Japon et la politique de relance économique du gouvernement de Shinzo Abe.

En 2013, la banque centrale japonaise a adopté un ambitieux programme d’achats d’obligations gouvernementales. En novembre dernier, ce dernier a été revu à la hausse à 80.000 milliards de yens (plus de 600 milliards d’euros) par an. Cette politique monétaire destinée à relancer l’inflation a provoqué une chute de 15% du yen face au dollar au deuxième semestre 2014. Depuis lors, la devise japonaise reste relativement stable.

Les entreprises japonaises, dont beaucoup se focalisent sur leurs exportations, continuent à bénéficier du récent affaiblissement du yen. Les analystes s’attendent à voir les profits de ces dernières grimper de 14% cette année. Mais la performance attendue des sociétés japonaises ne repose pas seulement sur le yen: les réformes entreprises par le gouvernement séduisent les investisseurs. "Le pays est en train de changer, affirme le gestionnaire de fonds DNCA dans une note publiée mercredi. Le gouvernement est désormais du côté des investisseurs. Les entreprises commencent à s’ouvrir, à booster leur communication financière et à payer des dividendes."

À 93% du record absolu

Le gestionnaire d’actifs Pictet considère quant à lui que le marché japonais reste "porté par les attentes croissantes d’une amélioration continue de la troisième économie mondiale et d’une augmentation progressive des rendements offerts aux actionnaires".

Enfin, d’après une vaste enquête menée par les analystes du gestionnaire de fonds Fidelity, dont les résultats ont été publiés au début du mois, c’est au Japon que le degré de confiance envers les entreprises progresse le plus. "Au Japon plus qu’ailleurs, les analystes de Fidelity pensent que les rendements de l’industrie et les versements sur dividendes progresseront", indique le gestionnaire.

Si on veut tempérer l’enthousiasme actuel autour de la Bourse de Tokyo, il suffit de se reporter 25 ans en arrière. Fin décembre 1989, le Nikkei a enregistré sa clôture la plus élevée historiquement, à 38.915,87 points. Pour revenir à ce niveau, l’indice japonais devrait encore progresser de… 93%.

Cela dit, les économistes jugent que la croissance actuelle des actions nippones est plus saine qu’à l’époque de la bulle spéculative japonaise qui avait vu le Nikkei chuter de plus de 60% en trois ans à partir de 1990. Selon les calculs de l’agence Bloomberg, le rapport entre les cours et les bénéfices des sociétés qui composent le Nikkei s’élève à 23 actuellement, contre 100 en avril 2000.

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