Le taureau s'impose depuis 3.453 jours à Wall Street

©REUTERS

La Bourse de New York est en passe d’établir un nouveau record ce mercredi: celui du marché haussier le plus long de son histoire.

Le taureau, celui qui symbolise la puissance de la place américaine, fait la loi à Wall Street depuis le mois de mars 2009. Et il ne semble pas donner de signe de fatigue. La politique monétaire menée par la Banque centrale américaine depuis la crise financière de 2008 et les mesures adoptées ces 12 derniers mois par le président Donald Trump en vue de doper l’économie des Etats-Unis, lui ont donné du tonus. Résultat des courses, la Bourse de New York est sur le point de connaître à la clôture de ce mercredi sa plus longue période haussière de son histoire.

→ Lire aussi notre édito: "L'Amérique qui gagne"

Entre mars 2009 et aujourd’hui, l’indice S&P 500 n’a pas subi une seule fois une correction de 20%, qui marque généralement le début d’un marché baissier. Si l’on compte bien, cela fait 3.453 jours que de beaux jours – ou presque – à Wall Street!

C’est donc mieux qu’au cours de la précédente période qui va d’octobre 1990 à mars 2000, qui perd du coup son record de longévité. Par contre, en ayant progressé de 320% au cours de ces 9 dernières années (deux fois plus que le Stoxx 600 européen), le S&P 500 est encore loin d’au moins égaler la performance réalisée par la Bourse de New York entre 1990 et 2000. Sous l’effet de la bulle des valeurs "internet", l’indice était monté alors d’un peu plus de 400%.

Les points communs

Il est frappant de constater que les deux périodes auxquelles nous nous référons recèlent des traits semblables. On constate par exemple que l’engouement des investisseurs pour la Bourse de New York profite au dollar qui monte. En revanche, il pèse sur les cours de l’once d’or qui ont tendance à fléchir.

Le S&P 500 est monté de 320% au cours des 3.453 jours passés.

Sur le front des actions elles-mêmes, comme avant 2000, ce sont encore celles des entreprises dites "technologiques" qui ont beaucoup contribué à la hausse de Wall Street ces dernières années. A la différence notable que le marché ne fait plus aujourd’hui face à une spéculation effrénée qui avait dominé les échanges boursiers entre 1990 et 2000. La hausse de 516% "seulement" de l’indice Composite du Nasdaq depuis mars 2009 témoigne de cette absence d’euphorie. Au cours des années 1990, elle avait été de… 1.310%!

En outre, les valeurs technologiques qui ont permis à l’indice S&P 500 de réaliser son exploit actuel sont, dirions-nous, d’un autre type que celles qui étaient recherchées il y a une petite vingtaine d’années. Pour beaucoup d’entre elles, à cette époque, il s’agissait de celles des équipementiers comme Cisco, le champion d’alors avec un gain de 55.600% en Bourse), Applied Materials (+ 17.000%) Qualcomm (+ 14.800%) et Intel (+ 5.700%), pour ne citer qu’eux.

Aujourd’hui, il s’agit plutôt d’actions de sociétés qui s’adressent directement aux consommateurs avec un produit bien défini. Netflix (+ 5.600%), Apple (+ 1.720% contre + 207% entre 1990-2000), Amazon (+ 3.000% contre + 3.600% entre 1990-2000), Alphabet (+ 730%) et Tesla (1.690%) sont notamment de ce registre.

Les valeurs technologiques ne sont par ailleurs plus les seules à squatter le haut du palmarès. On trouve des noms comme le gestionnaire d’immeubles commerciaux GGP, l’actuel champion (+ 7.600%), le fabricant d’appareils médicaux Abiomed (+ 6.900%) ou encore la chaîne de salons de beauté Ulta Beauty (+ 5.440%).

©Mediafin

Poursuivra, poursuivra pas?

Le marché haussier que nous connaissons aujourd’hui se poursuivra-t-il encore bien longtemps? Cela dépendra entre autres de la politique monétaire américaine et de l’évolution des bénéfices des entreprises cotées à Wall Street.

Dans les années 1990, l’économie américaine avait connu une période d’expansion record de 120 mois, selon des données du très officiel National Bureau of Economic Research (USA). En n’étant en ce moment qu’à 110 mois, on peut imaginer qu’il reste de la marge pour une poursuite de l’expansion économique. Ce qui ne peut qu’être profitable à Wall Street. Mais rien ne permet cependant d’affirmer que l’actuelle période d’expansion sera aussi longue.

Économiste en chef et stratège chez Gluskin Sheff & Associates (Canada), David Rosenberg observe que depuis le mois de mai dernier, les investisseurs paraissent de plus en plus enclins à privilégier les actions défensives, les moins touchées par un éventuel ralentissement de la croissance économique. Cela au détriment des valeurs de croissance. Si cela devait se confirmer, cela signifierait qu’il y a des investisseurs à Wall Street qui ont des doutes sur la bonne santé de l’économie aux Etats-Unis.

Notons pour terminer que les sociétés américaines sont actuellement échangées à New York à 3,3 fois leur valeur comptable. Au même moment du marché haussier de 1990-2000, ce ratio était de 4 fois. Au début de l’actuel marché haussier, il était de 2 fois, comme c’est souvent le cas au départ d’un tel marché.

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