Les 5 événements attendus des investisseurs en cette fin d'année

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Plusieurs événements politiques et monétaires importants prévus pour les semaines à venir devraient déterminer si les Bourses termineront l’année en mode "bear" ou "bull".

Lundi, après une semaine catastrophique sur les Bourses, les investisseurs ont salué quelques rares nouvelles optimistes. La bonne volonté (quoique réservée) du gouvernement italien à revoir le déficit budgétaire pour 2019 a poussé les investisseurs à sortir de leur coquille. Les marchés européens d’actions ont rapidement bondi, Milan en tête. Le taux des obligations souveraines italiennes a baissé.

À Wall Street également, le vert a dominé. L'espoir d'une rencontre, prévue cette semaine entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, laisse espérer une solution aux différends commerciaux. Enfin, il reste le vote des Britanniques sur le Brexit, une réunion de l’OPEP et quelques rendez-vous monétaires à l’agenda. La majorité des nuages qui plombent le ciel boursier devraient donc se lever au cours des trois prochaines semaines.

→ G20

L’événement susceptible de donner le plus de couleurs aux marchés est la rencontre entre Trump et Xi en marge du sommet du G20 prévu ce week-end. La guerre commerciale entre les deux grandes puissances a jeté un froid sur le commerce international et sur les estimations de résultats des entreprises. Elle joue un rôle important dans le malaise boursier actuel. La conclusion d’un accord serait une bonne nouvelle pour les investisseurs, mais selon la plupart des observateurs, les chances d’y arriver sont minces.

"Trump ayant perdu sa majorité à Chambre de Représentants lors des élections de mi-mandat, il voudra probablement miser davantage sur les prérogatives présidentielles telles que le commerce extérieur," explique l’économiste en chef d’ING Peter Vanden Houte. "Le risque, c’est que Trump veuille à tout prix marquer des points dans la guerre commerciale avant de clore ce chapitre. Un compromis rapide me semble donc peu probable."

"L’issue la plus réaliste serait un gel du conflit, avec un engagement des parties à poursuivre les négociations pour tenter de trouver une solution. Ce serait déjà positif," estime Frank Vranken, stratège chez Puilaetco Dewaay. Un tel cessez-le-feu pourrait calmer les marchés et, combiné avec les signes d’une reprise économique, convaincre les investisseurs de se relancer sur les marchés, estime-t-on chez Aberdeen Standard Investments.

Des craintes de taxe sur les voitures importées aux USA font chuter le secteur auto

Les valeurs automobiles européennes ont dégringolé en Bourse ce mardi après la publication par un magazine allemand d'un article selon lequel le président américain pourrait annoncer dès la semaine prochaine de nouveaux droits de douane sur les voitures importées aux Etats-Unis.

Selon l'hebdomadaire, l'administration américaine pourrait imposer des tarifs douaniers de l'ordre de 25% sur les importations automobiles de tous les pays à l'exception du Canada et du Mexique. Un rapport du département du Commerce est sur le bureau du président américain, qui pourrait faire des annonces à l'issue du G20.

En Bourse, l'indice Stoxx du secteur automobile européen a terminé sur une baisse de 2,32%, la plus forte baisse sectorielle en Europe. A Francfort, Volkswagen a cédé 4,19%, Daimler a perdu 2,58% et BMW 1,39%. A Paris, Renault a reculé de 0,82% et PSA de 0,23%.

Les équipementiers Valeo, Faurecia, Plastic Omnium ou encore Michelin ont accusé des baisses de 4% à 7%.

→ Banques centrales

Les banques centrales des États-Unis (Fed) et de la zone euro (BCE) vont-elles freiner le resserrement de leur politique monétaire face aux nouvelles incertitudes qui pèsent sur les perspectives économiques? Le président de la Fed Jerome Powell a levé un petit coin du voile lors d’une allocution à New York. Powell avait déjà déclaré plus tôt ce mois-ci que la Fed n’était pas aveugle face à l’intensification des turbulences. Personne ne doute que la hausse des taux prévue pour décembre aura lieu, mais les pronostics sont plus réservés quant aux trois hausses prévues pour l’an prochain.

Pour Vranken, la politique de la Fed et le G20 sont les principaux enjeux à court terme. La hausse des taux a contribué cette année à envoyer les actions au tapis. Mais Vanden Houte émet des doutes quant à l’impact d’une modification de la politique de la Fed. "Si la Fed met un frein au resserrement de sa politique suite au ralentissement de l’économie, ce ne sera pas nécessairement une bonne nouvelle pour la Bourse."

La BCE semble aussi être moins à l’aise alors que l’économie européenne est en perte de vitesse. Pendant la prochaine réunion sur les taux prévue le 13 décembre, la BCE devrait normalement annoncer la fin des rachats nets d’obligations souveraines. Mais il faudra surtout voir si elle reportera une fois encore la première hausse de taux prévue.

→ Italie

Les mots apaisants prononcés par le vice-premier ministre italien Matteo Salvini sur le déficit budgétaire de 2019 a alimenté l’espoir d’éviter une confrontation avec la Commission européenne. Salvini laisse la porte ouverte à une réduction du déficit annoncé de 2,4%. "Il semblerait qu’il soit prêt à trouver un compromis, mais à court terme, la procédure européenne contre Rome ne s’arrêtera pas. Les sanctions éventuelles de l’Europe suivront fin janvier", explique Peter Vanden Houte.

→ Brexit

L’accord sur le Brexit conclu entre les leaders européens et le gouvernement britannique a permis à la Bourse de Londres de repasser dans le vert, mais la quasi-absence de réaction de la livre sterling est, pour les observateurs, un signe que les marchés ne croient pas vraiment à l’approbation de l’accord par le parlement britannique. "Si l’accord est rejeté, tout peut arriver au plan politique. Et c’est le genre d’incertitudes que les marchés n’aiment pas", poursuit l'économiste d'ING.

→ Pétrole

Quant au prix du pétrole, qui est retombé lundi à un niveau légèrement supérieur à 60 dollars le baril, il dépendra de la réunion de l’OPEP prévue le 6 décembre. Le cartel décidera-t-il de réduire la production pour freiner la chute des prix.

Les actions européennes resteraient loin de leurs pics en 2019

Les actions européennes pourraient monter un peu en cette fin d'année en demeurant à distance de leurs pics de 2018 avant de progresser mollement en 2019, le ralentissement de la croissance et les risques politiques et commerciaux réduisant l'appétit des investisseurs pour les actifs risqués, montre une enquête Reuters.

Les principaux indices européens ont perdu entre 8% et 10% depuis le début de l'année, soit davantage que ceux de Wall Street, intégrant ainsi la révision à la baisse par les analystes de leurs prévisions de bénéfices des sociétés cotées sur fond de tassement de la croissance et de tensions entre Rome et Bruxelles autour du budget italien.

L'indice large européen Stoxx 600 devrait finir 2018 à 365 points, en hausse de près de 2% par rapport à la clôture de mardi à 357,40 points mais en repli de 6,2% sur l'ensemble de l'année, selon l'enquête réalisée du 19 au 26 novembre auprès de gérants de fonds et d'analystes.

L'EuroStoxx 50 des grandes entreprises de la zone euro atteindrait pour sa part 3.250 points fin décembre,en progression de 2,4% comparé à la clôture de mardi mais en recul de 7,2% sur l'année.

La précédente enquête sur les mêmes indices, en août, était plus optimiste puisqu'elle voyait le Stoxx 600 et l'EuroStoxx 50 finir l'année à respectivement 400 et 3.575 points.

Les bénéfices des entreprises européennes étaient alors attendus en hausse de 6% en moyenne sur l'année, une prévision ramenée depuis en dessous de 5%.

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