Les actions émergentes se sont finalement redressées

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Investir sur les marchés émergents a certainement été l’un des moins mauvais choix à faire depuis le début de l’année 2016, la grosse majorité des fonds investis globalement dans ces actions ayant engrangé des progressions comprises entre 8 et 12%.

Facteurs positifs

Les marchés émergents ont profité d’un mélange d’éléments favorables, comme l’absence de relèvement agressif des taux de la part des autorités monétaires américaines, ou encore le redressement des cours pour les matières premières. "Après cinq années affreuses, la performance de ce début d’année est réjouissante, souligne Leigh Innes, spécialiste des marchés émergents chez T. Rowe Price. Mais la question qui vient tout de suite après est de savoir si cela va durer, si les investisseurs peuvent faire leur retour dans cette classe d’actifs."

Elle souligne que ces marchés bénéficient encore de fondamentaux positifs pour le long terme, comme la montée en puissance de la classe moyenne et la hausse des dépenses de consommation. "L’écart de croissance entre les pays émergents et les pays développés avait eu tendance à se rétrécir depuis 2010. Cette situation semble toutefois s’inverser depuis le début de l’année, avec un écart qui devrait à nouveau grandir, et ce, en dépit d’une croissance chinoise qui devrait continuer à ralentir. Que ce soit en Inde, en Indonésie, au Brésil ou en Russie, les perspectives sont en train de s’améliorer."

Le Brésil est d’ailleurs une des régions qui se sont le mieux comportées depuis le début 2016, les fonds exposés à ce pays ayant trusté les premières places dans les classements semestriels. "Nous sommes petit à petit revenus vers une surpondération de cette région depuis l’année dernière, et nous avons continué à nous renforcer en 2016. Cette exposition a été très favorable pour la performance de notre stratégie." Pour autant, elle souligne que l’exposition au Brésil ne se fait pas par des noms tels que Petrobras ou Vale, mais plutôt par un distributeur tel que Lojas Renner.

Autre pays surpondéré au niveau de la stratégie émergente, l’Inde reste appréciée en dépit de la déception sur la vitesse des réformes. "Les retours que nous avons des entreprises soulignent l’impact positif sur la simplification des procédures et sur la baisse des coûts pour faire bouger les biens d’une région à l’autre. En outre, le système bancaire reste sain, et la banque centrale a réussi à contrôler l’inflation. C’est un acquis qui devrait persister."

Enfin, au niveau des marchés frontières, ce seront des pays tels que l’Argentine, le Vietnam, le Pakistan ou le Nigeria qui ont les préférences des spécialistes de T. Rowe Price.

Gouvernance

Leigh Innes se montre par contre moins enthousiaste pour la Russie. "Nous avons été déçus par la vitesse du redressement. Nous ne sommes actuellement exposés sur ce pays qu’au travers de trois actions (notamment Magnit et Sberbank), et nous prenons soin d’éviter les groupes énergétiques, notamment en raison de leur mauvaise gouvernance et du manque d’efforts réalisés en vue de protéger les actionnaires minoritaires, avec une personne à la tête du groupe qui est souvent le principal actionnaire." La gouvernance d’entreprise est d’ailleurs un des principaux critères dans le processus de sélection au sein du fonds. Dans l’ensemble, elle souligne toutefois que la situation s’est améliorée.

"Il y a également des secteurs dans lesquels nous éprouverons davantage de difficultés à trouver des bonnes idées d’investissement, comme l’énergie, les télécoms ou les matières premières", conclut Leigh Innes.

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