Les attentes de profits relativisent la hausse vertigineuse de Wall Street

Avec Jamie Dison à sa barre depuis fin 2006, JPMorgan est en passe de réaliser ses meilleurs résultats annuels. Pas étonnant dès lors que son action caracole à des sommets historiques. ©REUTERS

Le secteur de l’énergie pourrait être celui qui surprendra le plus les investisseurs au cours de la saison des annonces de résultats qui vient de démarrer.

Sauf imprévu, les sociétés américaines sont bien parties pour connaître une nouvelle période trimestrielle de hausse des profits. La cinquième d’affilée! Selon des données compilées par Bloomberg, les bénéfices réalisés par les sociétés suivies par l’indice S&P 500 pourraient en effet avoir progressé de 4,28% en moyenne entre le début du mois de juillet et la fin septembre.

Ce pourcentage à lui seul ne suffit pas bien entendu à expliquer les records que les principaux indices ne cessent d’enfiler à Wall Street. Mais ajoutés à ceux atteints lors des deux précédents trimestres (+ 11% au 2e!), et à celui que les analystes prévoient pour le 4e trimestre (+ 11,89%!), les résultats finaux sont en passe de monter à 10,9% pour l’ensemble de 2017. Et ce n’est pas tout. Les analystes sondés par Bloomberg disent encore s’attendre à une nouvelle progression des résultats supérieure à 10% en 2018 et également en 2019.

300% et plus
Les producteurs d’énergie de schiste retrouvent la pêche. Les analystes prévoient une croissance de plus de 300% pour leurs profits au 3e trimestre.

De telles attentes, à la condition bien sûr qu’elles se concrétisent, relativisent les niveaux historiques atteints par des indices tels que le Dow Jones et le S&P 500. Elles feraient redescendre le P/E (price/earnings) du S&P 500 sous sa moyenne de long terme de 16 d’ici la fin 2019.

Le S&P fait le plein d’énergie

Toujours selon les attentes des analystes, trois faits au moins sont censés marquer la saison des annonces de résultats trimestriels qui vient de démarrer. La première, c’est que la poursuite de la remontée des prix des produits énergétiques qui, couplée à un maintien des politiques de réduction de coûts menées par les entreprises du secteur, devrait avoir permis à ce segment de la cote d’enregistrer les meilleures croissances des bénéfices par action. De 74% pour Chevron  , de 35% chez Exxon . Du côté des producteurs d’énergies de schiste, les croissances seront plus impressionnantes encore. De 376% chez SouthWestern Energy  et de 306% chez Chesapeake  . Ce qui pourrait bien avoir profité à Caterpillar  dont les résultats finaux pourraient avoir rebondi de 43%.

Le cours moyen du baril de WTI  s’est élevé à 48,2 dollars au 3e trimestre, en hausse de 7,3% sur celui du trimestre correspondant de 2016. Le prix moyen du gaz, lui, était plus élevé de 5,7% à 2,95 MMBtu. Si on ne prenait pas en compte le secteur de l’énergie, la croissance des profits pour les entreprises du S&P 500 n’aurait été que de 2,56%.

L’immobilier au mieux depuis 2006

Autre fait saillant, dans un environnement économique porteur qui a vu le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans passer de 1,55% à 2,24% d’un 3e trimestre à l’autre, les banques ont amélioré leurs affaires.

Dans ce secteur,JPMorgan   et Bank of America  ont le mieux réussi. Les résultats du premier seraient en hausse de 5,6% et atteindraient des niveaux records. Pas étonnant dès lors que l’action de la première banque au monde caracole à des plus hauts historiques à Wall Street. Bien qu’attendu en progrès de 7,2% au 3e trimestre, ce ne sera pas le cas chez Bank of America dont les résultats annuels de 2007 sont encore 3 fois plus élevés que ceux anticipés pour 2017. Chez Citigroup et Wells Fargo  , la croissance des profits trimestriels est attendue en légère décroissance, et même en recul de 15,5% chez Goldman Sachs  .

Du côté des constructeurs de maisons particulières, et il s’agit de la 3e observation importante, les annonces qui ont été faites il y a 8 jours déjà font ressortir les meilleurs résultats trimestriels depuis la bulle immobilière de 2006 aux Etats-Unis. C’est le cas notamment de KB Home  et de Lennar  dont les chiffres publiés restent néanmoins 4 à 5 fois inférieurs à ceux d’il y a 11 ans.

Dans les autres secteurs, l’optimisme est une nouvelle fois de rigueur pour ce qui concerne les sociétés technologiques où les profits par action afficheront des croissances à deux chiffres: + 12% chez Apple  , + 15% chez Google  , + 27% chez Microsoft  , + 55% chez Facebook  . Attendu depuis de nombreux trimestres, Twitter  annoncera-t-il son premier trimestre bénéficiaire?

Pour les constructeurs automobiles, les analystes ne se font guère d’illusions. GM  risque de communiquer une croissance négative de ses résultats (-34%). Ceux de Tesla  risquent de rebasculer dans le rouge.

Sans que cela ne semble avoir profité à Amazon  (-90%), les résultats seront rarement en croissance à la distribution. Enfin, les groupes pharma afficheront pour leur part une santé plutôt insolente.

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