Les banques gagnent, la confiance se perd

©Photo News

Les valeurs bancaires, suivies de loin par les valeurs des assurances, ont cabriolé toute la séance en tête des progressions. Le compartiment a surtout profité d'aménagements réglementaires moins contraignants que prévu. Mais le pessimisme de Wall Street a contraint les places financières d'Europe à réduire leurs gains.

Les valeurs européennes ont courtisé leur plus haut niveau sur cinq semaines, les investisseurs reléguant les dettes souveraines aux oubliettes et espérant une amélioration de la conjoncture. Les principaux marchés d'actions ont ainsi progressé sous l'égide des valeurs bancaires et, dans une moindre mesure, des valeurs des assurances.

Les banquiers centraux et régulateurs qui supervisent le Comité de Bâle sont parvenus lundi à un accord sur un nouveau cadre réglementaire du secteur bancaire qui intègre des aménagements importants par rapport aux versions proposées précédemment.

Concrètement, régulateurs et banquiers centraux ont notamment accepté de prendre en compte, dans une commune mesure, les participations des banques dans d'autres établissements financiers, ce qui n'était pas prévu initialement. Une évolution favorable aux banques mutualistes, françaises tout particulièrement, dont le modèle repose sur des participations croisées entre maison mère et caisses régionales.

Au-delà, ce nouveau corpus de propositions soutient l'ensemble des valeurs du secteur, d'autant que le calendrier d'adaptation aux nouvelles règles proposé par le Comité est jugé souple.

Le secteur cyclique a également profité des résultats supérieurs aux attentes d’UBS et de Deutsche Bank. UBS a bondi de près de 9 % tandis que Deutsche Bank a pris un peu plus de 4 %.

L'entrain des valeurs bancaires a concouru à la bonne tenue de Bruxelles. Le Bel 20 a dégagé 1,01 % à 2.557,43, s'imposant comme la meilleure performance européenne pour le deuxième jour d'affilée. Dexia a de nouveau copieusement surperformé l'indice bruxellois, progressant de 8,10 % à 3,90 euros, et ce, alors que ce lundi le titre s'adjugeait déjà 9,11 %. KBC et Ageas ont néanmoins de beaux restes, le bancassureur s'est offert 5,09 % à 35,81 et la compagnie d'assurances 3,81 % à 2,18 euros. Colruyt et Umicore ont clôturé ex aequo en terme de recul: -2,28 % (pour des cours respectifs à 193,20 et 26,33 euros).

A la clôture, l'indice paneuropéen DJ Stoxx 600 n'a bonifié que de 0,39 % à 258,11 points, soit douze fois inférieur à l'indice de référence pour le secteur bancaire.

D'un point de vue national, le CAC 40 a grappillé 30,22 points pour s'établir à 3.666,40, grâce notamment aux nouvelles normes prudentielles du comité de Bâle.

Le Footsie a grignoté 0,27 % (5.365,67 points). La Bourse londonienne s'est légèrement hissée de son point d'équilibre sous l'envol généralisé des bancaires (Lloyds Banking Group a pris 8,79% à 71,8 pence, Barclays 7,57% à 339,55 pence, RBS 7,89% à 50,35 pence et HSBC 2,62% à 666,3 pence). A l'inverse, BP a cédé 2,63% à 406 pence, les investisseurs devant digérer le flot d'annonces du groupe pétrolier. Pourtant, comme tous l'anticipaient, British Petroleum a confirmé le remplacement de son directeur général Tony Hayward par l'Américain Robert Dudley. Le groupe a également inscrit dans ses comptes du deuxième trimestre une charge astronomique de 32,2 milliards de dollars pour couvrir le coût de la marée noire, qui lui a fait subir une perte record de 17 milliards de dollars sur le trimestre. En outre, BP a décidé de céder pour 30 milliards de dollars d'actifs en 18 mois, soit 10% de son portefeuille.

Avec ses 6.207, 31 points, le Dax a ponctué une séance de petite hausse, partagé entre les orientations de Deutsche Bank et de Daimler, lanterne rouge allemande.

Enfin, la Bourse d'Amsterdam s'est longuement exclue du mouvement haussier, entraînée par le repli du poids loud ArcelorMittal, faisant lui aussi écho à l'indicateur US décevant, avant de se reprendre dans les dernières minutes. L'AEX a porté sa cote finale à 0,08 % pour 338,08 points.

Conformément aux attentes, Wall Street a ouvert en hausse grâce à des résultats trimestriels jugés globalement satisfaisants. Mais le recul de l'indice du Conference Board, ajouté à la chute du moral des ménages enregistré par l'Université du Michigan il y a dix jours, a rapidement effacé les gains initiaux. Une déprime qui a d'ailleurs limité la marge de manoeuvre de l'Europe boursière.

AGENDA

BCE
Les crédits au secteur privé en zone euro ont progressé de 0,3% en juin sur un an, après une hausse de 0,2% le mois précédent, selon des chiffres provisoires annoncés mardi par la Banque centrale européenne (BCE).  Cette nouvelle augmentation semble conforter la tendance à une légère reprise des crédits en zone euro, propre à soutenir la relance économique en cours.

La masse monétaire M3, indicateur avancé d'inflation, a quant à elle augmenté de 0,2% sur un an, après une contraction de 0,1% révisée en mai, a également annoncé la BCE. L'agrégat permet à l'institution de déceler des dangers inflationnistes à moyen terme.

USA
Pour le deuxième mois consécutif, le prix des habitations individuelles a augmenté plus que prévu, soit 0,5 % en mai contre 0,6 en avril. Le niveau de l'indice S&P/Case-Shiller, mesurant les prix dans 20 métropoles américaines, reflète un niveau de ventes soutenu, toujours favorisé par le crédit d'impôt.

L'indice de confiance du Conference Board s'est replié en juillet à son niveau le plus bas depuis février. En cause, les fortes appréhensions quant au marché de l'emploi. L'indice de confiance des consommateurs s'est établi à 50,4 contre 54,3 en juin (revue de sa valeur initiale, 52,9), soit en dessous des prévisions d'analystes (51,0).

VALEURS

COLRUYT
La maison de courtage Jefferies a abaissé son avis sur Colruyt à " conserver " contre " acheter " avant. L’objectif de cours à 12 mois est de 205 euros par action.

DEXIA
KBC Securities a relevé son opinion sur Dexia à " accumuler " contre " réduire " avant. L’objectif de cours à 6 mois est de 4,50 euros par action.

OMEGA PHARMA
Le fonds d’investissement Blackrock a relevé sa participation dans Omega Pharma à 3,05 % contre 2,99 % avant.

SOLVAY
Solvay a dépensé 3,52 millions d’euros à l’occasion du rachat de 50.365 actions propres entre le 19 et le 20 juillet dernier. Solvay a déjà racheté 880.766 actions depuis le début de son programme de rachat d’actions.

La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) va investir 52 millions d’euros dans SolVin Holding Nederland (Pays-Bas). Cet investissement contribuera à la construction de RusVinyl, la plus grande usine intégrée de PVC en Russie. La construction de l’usine de PVC à Kstovo, près de Nizhny Novgorod, est déjà en cours.SolVin Holding Nederland détient 50% de RusVinyl. SolVin Holding Nederland est pour sa part contrôlé par Solvay (75%) et BASF (25%).

CNP
Selon une source financière, l'homme d'affaires carolo Albert Frère pourrait faire son entrée au capital de l'armateur français CMA CGM, lourdement endetté. Le dossier devrait se débloquer sous peu.

Le fonds Butler Capital, qui possède 38% du capital de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), serait également intéressé.

Contactés par l'AFP, la holding CNP d'Albert Frère et CMA-CGM se sont refusés à tout commentaire.

ONCOMETHYLOME SCIENCES
La société belge OncoMethylome Sciences, spécialisée dans le diagnostic moléculaire du cancer, a conclu un accord de licence avec la société américaine Exact Sciences au sujet de biomarqueurs utilisés pour la détection du cancer colorectal.

L'accord conclu prévoit qu'Exact Sciences obtienne, en exclusivité, les droits mondiaux sur deux biomarqueurs d'OncoMethylome Sciences. Exact Sciences a également obtenu un accès non-exclusif à une partie de la plate-forme technologique d'OncoMethylome.

En retour, OncoMethylome Sciences recevra des paiements échelonnés ainsi que des redevances sur les ventes nettes, précise le communiqué, sans avancer de chiffres.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés