Les bénéfices du Bel 20 au niveau d'avant crise

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Les poids lourds de l’indice bruxellois ont dégagé plus de 10 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre 2010. C’est bien plus qu’en 2009 (4 milliards), mais aussi qu’en 2008 (9 milliards), grâce à KBC et à la cession de la pharma de Solvay. Quand les profits s’effondrent de 55%, le Bel 20 perd 33%. Mais quand ils bondissent de 150%, il ne se reprend que de 13%.

Au vu des résultats semestriels annoncés jusqu’ici, les sociétés du Bel 20 ont rattrapé et même dépassé la rentabilité qu’elles affichaient avant la crise, c’est-à-dire au premier semestre 2008, totalisant plus de 10 milliards d’euros pour les six premiers mois de 2010 contre 9 milliards il y a deux ans et 4 milliards l’an passé.

Seuls Ageas (25 août prochain) et AvH (25 août également) manquent encore à l’appel, Colruyt n’ayant pour sa part qu’annoncé des résultats trimestriels puisque son exercice est décalé dans le temps. A noter que Befimmo clôture également au 31 mars et présente donc un bénéfice semestriel à cheval entre deux périodes.

La locomotive

On le sait, c’est une société française qui alimente la plus grosse partie de l’indice bruxellois : avec 3,6 milliards d’euros de bénéfices, GDF Suez reste la locomotive du Bel 20 par excellence. Même si le poids relatif (35%) de cette valeur défensive est revenu à plus de modestie par rapport à l’an passé, lorsque les pertes bancaires en avait fait pratiquement le seul moteur de l’indice avec près de 80% des bénéfices et pertes cumulés.

Deuxième fait marquant de la période sous revue, Solvay a vu ses chiffres s’envoler… en s’amputant de son activité pharma. A considérer que la plus-value de cette cession sera toutefois réinvestie dans l’activité de base du groupe, c’est tout de même une belle performance que d’atteindre près de la moitié (17%) des profits dégagés par GDF Suez.

Aves 10% des bénéfices de l’indice, les bancaires Dexia et KBC sortent de l’ornière dans laquelle les pertes abyssales de KBC les avaient mises mais ne rattrapent toutefois pas encore leur niveau de 2008, qui était encore près de deux fois plus élevé.

Côté télécoms, Belgacom talonne les banques pratiquement à lui tout seul, Mobistar et Telenet ne participant proportionnellement que très peu aux efforts du compartiment.

A noter aussi les difficultés d’AB InBev à maintenir son remarquable redressement, puisque sa rentabilité s’est dégradée de 9% au premier semestre 2010 par rapport à la même période de 2009.

En progrès

Après Solvay (+888%) pour les raisons évoquées plus haut, c’est Umicore (+496%) qui affiche la plus belle progression de ses résultats, assortie qui plus est d’une révision à la hausse de ses objectifs annuels.

Suivent Cofinimmo (+317%, mais en ne rattrapant pas la moitié de ses résultats de 2008), puis Bekaert (+275%), qui a prudemment relevé ses objectifs, GBL (+203%) qui a pu procéder à des réévaluations d’actifs grâce à la hausse des cours boursiers, et Belgacom (+110%).

Côté perdants, épinglons UCB (-72%), qui avait bénéficié de plus-values exceptionnelles en 2009 et malgré des résultats opérationnels qualifiés de bons.

L’évolution de l’indice Bel 20 lui-même montre un certain parallélisme avec celle des bénéfices, quoique dans différentes proportions : entre le 30 juin 2008 et le 30 juin 2009, il baissait de 33% alors que les bénéfices annoncés se contractaient de 55%. Entre le 30 juin 2009 et le 30 juin 2010 en revanche, l’indice ne se reprenait que de 13% alors que les bénéfices bondissait de 150%.

 

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