Les Bourses ont tenu bon face aux tensions obligataires

L’Europe boursière a, avec beaucoup de volatilité, défendu ses gains ce lundi, grâce notamment aux progressions des valeurs défensives. Une bonne surprise sur les ventes de détail aux États-Unis a permis de quelque peu atténuer les craintes sur la zone euro en général et l'Espagne en particulier.

Après une ouverture dans le rouge, les marchés d’actions se sont rapidement ressaisis, avant de faiblir un peu dans le sillage de Wall Street. Mais globalement, les investisseurs ont semblé profiter du recul des prix après la chute de la semaine dernière.

Les places financières européennes ont été encouragées par une bonne statistique américaine. La hausse des ventes au détail a été plus forte que prévu en mars. Par la suite l'annonce d'une baisse de l'indice Empire State sur l'activité manufacturière de la région de New York a quelque peu refroidi les investisseurs d'autant que la Bourse new-yorkaise était sans direction.

Mais "des deux principaux indicateurs américains publiés aujourd'hui, la hausse des ventes de détail en mars est de loin le plus important", estime Rob Carnell, économiste chez ING.

Cette statistique est la bienvenue pour les marchés, qui craignent un ralentissement de la croissance mondiale et s'interrogent sur la vigueur de la reprise de l'économie américaine.

Elle permet également de faire passer un peu au second plan les craintes concernant l'Espagne, dont les taux à 10 ans ont grimpé au-dessus des 6% dans la matinée, avant de refluer.

"S'il y a bien une chose que nous avons apprise ces deux dernières années concernant la dette en Europe, c'est que ces problèmes ont tendance à ne pas se résoudre rapidement ni sans douleur - et cela ouvre la voie à plus de volatilité dans les semaines à venir", a mis en garde un courtier chez IG Index.

À la Bourse de Londres,  l’indice FTSE-100 des principales valeurs a gagné 0,26% à 5.666,28 points. L'indice vedette Dax de la Bourse de Francfort a fini en hausse de 0,63% à 6.625,19 points. À la Bourse de Paris, l’indice Cac 40 a pris 0,51% à 3.205,28 points.

Les valeurs bancaires étaient malmenées à l'échelle européenne, à l'instar de KBC dont l'action représentative a cédé plus de 3,3%, contre la tendance d'un marché globalement en hausse de 0,43% selon l'indice Bel 20 de référence. GDF Suez a gagné 2,87%. Le groupe a annoncé avoir obtenu l'accord des administrateurs indépendants du groupe britannique International Power pour son offre relevée sur le groupe.

L’action Umicore a bondi de 3,41% à 43,33 euros, un nouveau pic absolu. HSBC a relevé son avis sur le titre à neutre, contre sous-pondérer avant, dans le sillage d’une révision à la hausse de l’objectif de cours sur base d’un potentiel return de 7,5%. Cette vision plus positive s’appuie sur la visibilité à long terme: les contrats d’approvisionnement de la division de recyclage offrent une visibilité de six mois et le niveau auquel le management a verrouillé les prix des métaux est celui des prix actuels. De plus, HSBC s’attend à ce que les cours des métaux précieux continuent d’inciter les clients à recycler leurs produits, tandis que les volumes d’autos stimuleront les ventes et les bénéfices de la division catalyseurs.

Sur le marché élargi bruxellois, l'action Dexia a plongé de 11,5%, après avoir atteint en session son plus bas historique à 0,22 euro (-15%).



AGENDA


Zone euro
-  La zone euro a enregistré un excédent de son commerce extérieur de 2,8 milliards d'euros en février, après un déficit de 7,9 milliards en janvier (chiffre révisé), selon les premières estimations publiées lundi par l'office européen de statistiques Eurostat. En février par rapport à janvier, les exportations corrigées des variations saisonnières ont augmenté de 2,4% et les importations de 3,5%. Un an plus tôt, la zone euro avait enregistré un déficit commercial de 2,8 milliards d'euros, selon Eurostat.

Italie
- Le déficit du commerce extérieur italien a été réduit de près des deux tiers au mois de février à 1,1 milliard d'euros, contre 3 milliards un an plus tôt, a annoncé lundi l'institut italien des statistiques Istat dans un communiqué. Ce résultat est dû à une progression des exportations de 2,1% sur un an et à une diminution des importations de 5,8% sur la même période.

Etats-Unis
- Hausse des stocks et des ventes des entreprises en février

Les stocks et les ventes des entreprises ont augmenté en février, sans qu'il y ait de signes d'une accumulation non désirée de marchandises. Les stocks ont crû de 0,6% pour atteindre le niveau de 1.580 milliards de dollars, après avoir augmenté de 0,8% (révisé) en janvier. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une hausse de 0,6% en février après l'annonce initiale d'une hausse de 0,7% pour janvier. Les stocks de février ont été gonflés par la hausse de 1,8% chez les concessionnaires automobiles qui ont restocké pour répondre à la demande accrue de véhicules à moteurs de la part des consommateurs. Les stocks automobiles avaient augmenté de 2,8% en janvier. Les stocks de matériaux de construction ont également bien augmenté. Les ventes des entreprises se sont accrues de 0,7% pour atteindre 1.240 milliards de dollars en février après une hausse de 0,4% le mois précédent. Au rythme des ventes de février, il faudrait 1,28 mois pour que les entreprises apurent leurs stocks, comme en janvier.

- Baisse du moral des promoteurs en avril

L'indice du moral des promoteurs immobiliers a reculé en avril pour la première fois en sept mois, montrent les chiffres publiés lundi par la fédération NAHB. L'indice NAHB/Wells Fargo ressort à 25, decevant les attentes des économistes qui l'attendaient stable à 28. L'indice NAHB a toutefois gagné 11 points depuis septembre dernier, signe que le marché de l'immobilier se ressaisit peu à peu. Mais il est encore nettement en-deçà du seuil de 50, ce qui signifie qu'il y a davantage de constructeurs qui jugent le marché défavorable que de sondés qui le jugent favorable. L'indice n'a pas dépassé 50 depuis avril 2006.

- Indice Empire State nettement plus mauvais que prévu

La croissance manufacturière dans l'Etat de New York a nettement ralenti en avril pour atteindre son plus bas niveau en cinq mois.  L'indice dit "Empire State" est tombé à 6,56, au plus bas depuis novembre, contre 20,21 en mars. Le marché anticipait un indice en baisse nettement moins marquée, à 18,00. Cette statistique donne l'un des premiers aperçus de la situation mensuelle de l'industrie américaine. L'indice des conditions d'activité à six mois est lui aussi à son plus bas depuis novembre, à 43,12 contre 47,50 le mois dernier. La composante commandes nouvelles ressort en repli à 6,48, au plus bas depuis décembre, contre 6,84 le mois dernier, tandis que celle des livraisons a chuté à 6,41 contre 18,21. La composante emploi ressort en demi-teinte. L'indice du nombre de personnes employées a atteint son plus haut depuis mai dernier à 19,28 contre 13,58 en mars, mais l'horaire hebdomadaire de travail a chuté de 18,52 à 6,02.

- Les ventes au détail en hausse de 0,8% en mars

Les ventes au détail aux Etats-Unis ont enregistré une hausse de 0,8% en mars, supérieure aux attentes, malgré la hausse des prix de l'essence, selon les chiffres publiés lundi par le département du Commerce, ce qui suggère que l'économie américaine n'a pas ralenti au premier trimestre autant que certains pouvaient le craindre. Les chiffres de février ont été révisés en légère baisse et ramenés à une hausse de 1%, contre une première annonce à 1,1%.

Les économistes anticipaient une augmentation de 0,3% seulement des ventes au détail en mars. Ce rebond inattendu pourrait inciter les économistes à réviser leur prévision de croissance pour le premier trimestre, qui sont pour l'instant de 2,5% en rythme annuel. Au quatrième trimestre 2011, l'économie a cru à un rythme de 3%.



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