Les champagnes Vranken à la rescousse de Codorniu

Paul-François Vranken, patron du groupe Vranken-Pommery. ©Thierry du Bois

Le groupe français Vranken Pommery envisage de renforcer ses liens avec le producteur de cava Codorniu, cible d'une offre non sollicitée de la part de Carlyle.

Cela s’agite dans les coulisses du groupe catalan Codorniu, le spécialiste du cava, le mousseux local. Face à l’offre non sollicitée du groupe américain Carlyle, Vranken Pommery pourrait jouer le rôle de chevalier blanc.

Les caves de Vranken-Pommery à Reims. ©Thierry du Bois

Depuis quelque temps, certains actionnaires de cette société fondée en 1551, la plus ancienne d’Espagne, souhaitent vendre leurs parts. Le tour de table compte, au total , 216 actionnaires issus de cinq branches familiales.

Offre de 270 millions d'euros

Certains parmi ceux-ci sont las d’attendre le paiement de dividendes qui ne sont plus distribués depuis des années alors qu’ils sont taxés sur leurs participations en action. Le fonds d’investissement américain Carlyle s’est dit prêt à racheter les minoritaires mécontents mais son ambition est plus vaste. Il vise le rachat de tout le groupe et a déposé une offre "non sollicitée" de 230 millions d’euros en mars, majorée de 40 millions, quelques semaines plus tard.

Mais la direction de Codorniu ne l’entend pas de cette oreille. Selon la presse espagnole, Mar Raventos, son président, préparerait une contre-offre afin de racheter les parts des actionnaires qui souhaitent partir et cela via l’entrée d’un investisseur minoritaire.

Hier soir, le numéro deux du champagne derrière LVMH, Vranken Pommery est sorti du bois avec un communiqué pour le moins laconique mais qui pourrait marquer un tournant dans ce dossier. Ce texte signale tout simplement que "dans le prolongement de leurs relations commerciales, les groupes Vranken-Pommery Monopole en France, et Codornìu en Espagne, étudient les opportunités de renforcement de leurs liens."

Chevalier blanc

Le premier vigneron en Europe pourrait donc revêtir l'armure de chevalier blanc et prendre, par exemple, une participation dans le capital de son concurrent espagnol. Comme le communiqué le rappelle, les deux groupes se connaissent bien et collaborent déjà. Les Espagnols vendent les champagnes Vranken dans leur pays. Vranken, pour sa part, veille à ce que les cavas Codorniu se retrouvent dans les rayons du Delhaize et d’autres points de vente.

©Le cours de Vranken comparé au Bel 20.

Avec des vignobles en Espagne, en Argentine et en Californie Codorniu a dégagé des ventes de 236 millions d’euros à l’issue de l’exercice se clôturant en juin 2017. Pour celui actuellement en cours, il vise un Ebitda de 30 millions d’euros et des bénéfices de 11 millions.

De son côté, Vranken a généré, l’an dernier, un chiffre d’affaires de 300,2 millions d’euros et un résultat net (part du groupe) de 8,7 millions d’euros. Le groupe pèse 208 millions d’euros en Bourse. Il affiche en outre un endettement financier net de 618,3 millions d’euros à comparer avec un Ebitda de 39,2 millions d’euros... Reste maintenant à découvrir comment le groupe français compte financer une éventuelle prise de participation dans Codorniu.

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