Les financières ont plombé les marchés

Un nouvel accès de faiblesse du secteur financier a provoqué un net repli des indices boursiers, ce jeudi. Les craintes liées à la dette de la Grèce sont de retour. L'ouverture négative à Wall Street a participé à l'aggravation de la correction en Europe.

Les indices boursiers européens ont clôturé en nette baisse, jeudi. Les investisseurs craignent plus que jamais une propagation de la crise de la dette souveraine. Jeudi, les CDS (“credit default swaps”, assurances couvrant le défaut éventuel de l’émetteur d’un emprunt) qui portent sur la dette de la Grèce ont atteint un sommet, à 1.075 points de base, ce qui signifie qu’il faut payer 10,75% de la valeur de l’obligation grecque chaque année pendant 5 ans pour se couvrir contre le risque d’un défaut de ce pays.

En conséquence, les valeurs financières ont subi un fort courant vendeur. Les banques et les compagnies d’assurances sont en première ligne en cas d’aggravation de la crise de la dette des Etats, parce qu’elles possèdent des obligations gouvernementales en portefeuille pour couvrir leurs propres engagements.

En clôture, le Dow Jones Stoxx 600 a perdu 1,83% à 249,78 points. Parmi ses composantes, le compartiment financier est celui qui a le plus souffert, cédant 2,67%.

En Bourse de Bruxelles, le Bel 20 a abandonné 1,55% à 2.455,80 points. Dexia (3,12 euros) est le titre qui a le plus perdu, cédant 2,98% en clôture. KBC (32,31 euros) et Ageas (2 euros) suivent, en repli de 2,12% et 2,06% respectivement.

De manière générale, les investisseurs restent inquiets de l'évolution de la conjoncture économique. Un indicateurs décevant a alimenté les doutes. En avril, dans la zone euro, les commandes industrielles ont continué à augmenter par rapport au mois précédent, mais beaucoup moins vite qu'en mars. Ces chiffres, confirmant le scénario d'une reprise très lente et fragile en zone euro, ont pénalisé les valeurs cycliques, alors que les actions liées aux matières premières ont à nouveau fait les frais d'une baisse du prix de certains métaux. Umicore a perdu 2,62% à 25,43 euros. Le titre Bekaert s'est replié de 2,40% à 140,10 euros. GDF Suez a abandonné 2,36% à 25 euros.

 

Dans ce contexte morose, des prises de bénéfices affectent les valeurs qui avaient bien progressé depuis le début du mois. Sur le marché belge, Telenet en a subi les conséquences, perdant 2,13% à 21,32 euros.

La situation est similaire sur les grandes places financières européennes. A Paris, le Cac 40 a cédé 2,37%. A Francfort, le Dax a abandonné 1,44%. A Londres, le Footsie s'est replié de 1,51%.

L'ouverture de Wall Street, en baisse dès les premiers échanges, n'a rien arrangé. Vers 18h, heure belge, la Bourse de New York campait en territoire négatif. Le Dow Jones perdait 0,94% à 10.201,55 points et le Nasdaq se repliait de 1,12% à 2.228,89 points.

Les craintes des investisseurs à propos de la solidité de la reprise économique sont d'autant plus grandes que, jeudi soir, la Réserve fédérale des Etats-Unis a délivré un message peu rassurant sur la santé de l'économie américaine. Certes, la Fed a laissé le taux des fonds fédéraux fluctuer entre 0 et 0,25%, comme prévu. Mais elle a aussi indiqué que les problèmes de la dette souveraine de la zone euro risquaient de peser sur la croissance aux Etats-Unis. "D'une manière générale, la conjoncture financière est devenue moins favorable à la croissance, ce qui reflète largement l'évolution de la situation à l'étranger", écrit le Comité de politique monétaire de la Fed dans un communiqué, faisant allusion à l'Europe. L'autorité monétaire américaine a constaté que la reprise économique entamée au troisième trimestre 2009 se poursuivait mais elle a ajouté que le rythme de la reprise serait lent à l'avenir. De quoi maintenir les taux directeurs des Etats-Unis à leur niveau exceptionnellement bas encore longtemps.

Des statistiques américaines supérieures aux attentes n'ont pas permis d'inverser la tendance négative des marchés boursiers. Les commandes de biens durables aux Etats-Unis ont reculé un peu moins que prévu en mai, après leur bond du mois d'avril. Les nouvelles inscriptions au chômage ont quant à elle baissé pour la première fois en trois semaines aux Etats-Unis.

Jeudi matin, à Tokyo, la Bourse avait terminé la séance quasiment stable (+0,05%), en l'absence d'évolution notable du marché des changes et d'indicateur économique marquant.

AGENDA

Etats-Unis
- Les commandes de biens durables aux Etats-Unis ont reculé en mai de 1,1% par rapport à avril, soit un peu moins que prévu, selon des chiffres publiés jeudi par le département du Commerce à Washington.
- Les nouvelles inscriptions au chômage ont baissé pour la première fois en trois semaines aux Etats-Unis, selon des chiffres publiés jeudi par le département du Travail à Washington.
Le ministère estime que 457.000 nouvelles demandes d'allocations ont été déposées dans le pays du 13 au 19 juin (en données corrigées des variations saisonnières), soit 4,0% de moins que la semaine précédente.

Japon
- L'excédent commercial du Japon a progressé de 15,2% en mai sur un an, à 324,2 milliards de yens (3 milliards d'euros), une hausse moins vigoureuse que les mois précédents malgré de solides ventes vers certains pays asiatiques. Les économistes interrogés par Dow Jones Newswires s'attendaient à une augmentation nettement plus forte, au-delà de 50%. En mai, les exportations ont augmenté de 32,1% sur un an à 5.311 milliards de yens, tirées par les fortes ventes à l'étranger de machinerie (+42,6%) et de voitures (+45,9%), a annoncé jeudi le ministère des Finances

VALEURS :

AB INBEV
- Eugenie Patri Sebastien, le véhicule d’investissement des investisseurs familiaux du groupe brassicole AB InBev, a vendu pour 74,4 millions d'euros d’actions AB InBev à un prix moyen de 39,47 euros au 8 juin selon un avis de la CBFA. PatrinVest, un autre holding, des actionnaires familiaux, a également vendu des options call sur 1.500.000 actions à des prix d'exercice de 45 euros, 47,5 euros et 50 euros par action. Pour la Banque Degroof, la vente des call témoigne du prix auquel les familles sont prêtes à alléger leur participation.
- Par ailleurs, le CEO Carlos Brito a acheté 130.800 options à un prix d'exercice de 32,7 euros et vendu des options call avec un prix d'exercice de 53,1 euros.

ONCOMETHYLOME SCIENCES
- ING Investment Management Luxembourg a réduit sa participation dans l’entreprise à 4,95 % au 14 juin contre 7,16 % en Août 2009.

GDF SUEZ
- Morgan Stanley a abaissé GDF Suez à pondération en ligne contre surpondérer.

BARCO
- Barco a conclu un accord avec Empire Theatres Ltd. deuxième exploitant de cinéma au Canada. Le contrat porte sur la livraison de projecteurs Barco Series II pour plus de 300 écrans. "Empire emploie déjà 50 projecteurs de Barco sur des écrans 3D à de nombreux endroits, et utilise le dernier déploiement en date pour présenter Toy Story 3 de Disney", explique Barco ravi de pouvoir intensifier la collaboration.

BANIMMO
- ING a démarré le suivi de l’action avec un avis à " acheter ". L’objectif de cours est de 17 euros.


MONTEA
- Augmentation de capital avec droit de préférence au prix de 19,50 euros par action. Quatre nouvelles actions contre sept existantes. L’opération court jusqu’au 25 juin.

PUNCH TELEMATIX
- Offre publique de reprise par Trimble à 3,15 euros par action. L’offre court jusqu’au 25 juin.

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