Les investisseurs redécouvrent les actions belges

©VGP

L’an dernier, le nombre de transactions a fortement augmenté en Bourse de Bruxelles. Ce regain d’intérêt a notamment profité au promoteur immobilier VGP, qui compte désormais Amazon parmi ses locataires.

Le président d’Euronext Bruxelles, Vincent Van Dessel, l’avait déjà annoncé lors de la réception de Nouvel An: la Bourse de Bruxelles a suscité l’année dernière un intérêt jamais vu auparavant de la part des investisseurs. Les chiffres d’Euronext confirment cet optimisme, avec un total de 19,6 millions de transactions – soit une hausse de 6% par rapport à 2016 – réalisées à la fois par les petits et grands investisseurs.

Et ces chiffres sont en dessous de la réalité, car le géant brassicole AB InBev, de loin la principale société cotée en Bourse de Bruxelles, voit une part croissante de ses transactions "glisser" vers Wall Street, avec comme conséquence une baisse de 15% des échanges de l’action à Bruxelles.

L’action belge "moyenne" a vu l’intérêt des investisseurs augmenter de près de 20%.

Le recul d’AB InBev donne une image quelque peu tronquée de la réalité: l’action belge médiane – c’est-à-dire qui se situe exactement entre l’action qui affiche la plus forte hausse et celle qui a cédé le plus de terrain – a vu ses transactions augmenter de 18%.

La plus forte progression pour VGP

Si l’on fait abstraction des plus petites actions – qui comptabilisent moins de 500 transactions par an, soit environ deux par jour – l’action qui connu la plus forte progression de la demande en 2017 est VGP. Cela s’explique facilement par le fait que fin 2016, le promoteur immobilier a pris en charge le développement en Allemagne du nouveau centre logistique du géant du commerce en ligne Amazon, un véritable atout.

Résultat: l’action est aujourd’hui beaucoup plus liquide et donc plus intéressante pour les grands investisseurs, vu que le cofondateur Bart Van Malderen a mis en Bourse un nombre important de nouvelles actions. Ajoutez-y le fait que VGP mise sur l’intérêt des investisseurs pour l’Europe centrale et vous avez l’explication de la hausse vertigineuse (+ 600%) de la valeur de l’action.

2Valorise (+ 377%), l’ancienne 4Energy, a surfé sur la vague du dernier hype boursier: les copeaux de bois. Jusqu’à l’arrivée à la tête de l’entreprise de l’ancien banquier Filip Lesaffer, les copeaux de bois transformés par l’entreprise en électricité verte étaient stockés sans protection contre les intempéries dans les Cantons de l’est. Depuis peu, 2Valorise fait comme tous les propriétaires de poêles: elle conserve sa réserve de bois au sec, sous protection. Conséquence: de bien meilleurs résultats et un cours de l’action quasiment multiplié par cinq, même s’il faut souligner que l’action partait d’un niveau particulièrement bas en 2016.

En 2017, argenx ne fut pas seulement "l’action belge de l’année" en termes de plus-value. Grâce à la percée de ses recherches dans le domaine de la myasthénie auto-immune, une pathologie musculaire grave, les échanges d’actions de la société gantoise de biotechnologie ont quadruplé. Par ailleurs, le géant des fruits et légumes Greenyard (+ 225%) a également été redécouvert par les investisseurs, et dépasse même Dole Food, grâce notamment à l’augmentation de son capital flottant – c’est-à-dire le nombre d’actions négociables en Bourse – après la sortie du capital de l’investisseur Gimv et le suivi de l’action par une première maison de Bourse étrangère (Berenberg).

Dexia a limité la spéculation

À l’autre extrémité, on trouve Dexia, qui a vu les échanges de son action reculer de plus de 60%. La banque de défaisance souhaitait limiter au minimum la spéculation sur ses actions devenues sans valeur (ou "penny stocks") arrondies au cent supérieur.

Elle y a réussi en effectuant en mars un regroupement magistral d’actions: pour 1.000 anciennes actions valant plus ou moins 0,03 euro, les actionnaires ont reçu une nouvelle action de plus ou moins 30 euros. Le nombre d’actions en circulation est ainsi passé de 31 milliards à 31 millions.

Du coup, les actions sont devenues moins intéressantes pour les spéculateurs qui par exemple rachetaient les actions pour 3 cents, en espérant les voir monter à 4 cents. Depuis le "reverse split", l’action a chuté aux alentours de 10 euros, ce qui correspond à 1 cent pour une action ancienne.

©Mediafin

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