Les marchés au plus bas depuis 8 semaines

Les marchés d'actions n'ont que brièvement salué l'adoption du plan d'aide pour l'Irlande. Dès le milieu de la matinée, les principaux indices sont repartis à la baisse, doutant de la capacité de la zone euro à résoudre les crises qui pourraient toucher des pays fragiles, comme le Portugal ou l'Espagne. Un climat de scepticisme qu'ont entrenu la flambée des taux espagnols et l'annonce faite par la BCE d'une augmentation des achats d'obligations.

Le prêt de 85 milliards d'euros concédé à l'Irlande ce dimanche par les ministres des Finances européens n'a pas permis aux marchés d'actions de rebondir durablement. Si le programme de soutien a écarté le risque à court terme de l'insolvabilité de Dublin, les investisseurs semblent néanmoins se focaliser sur la contagion de la crise des dettes souveraines. Avec, à nouveau, le Portugal et l’Espagne en ligne de mire. Dans ce contexte, l’indice paneuropéen Stoxx 600 a touché son plus bas niveau depuis le 6 octobre dernier, soit 262,16 points (-1,67 %). Ce dernier avait oscillé à 7 reprises entre gains et pertes avant de s’orienter plus franchement à la baisse à la mi-séance. Les valeurs ont été aspirées vers le fonds "par les spéculateurs baissiers, qui ont les mains libres pour manipuler le marché étant donné que personne ne veut se mettre en face pour acheter. Les investisseurs classiques sont complètement tétanisés et n'osent plus rien faire", explique Arnaud de Champvallier de Turgot AM.

Et dans ce sillage, le CAC 40 a perdu 2,46 %, repassant en dessous des 3.700 points (3.636,96). A Francfort, le Dax a relâché 2,20 %, retombant sous les 6.700 points (6.697,97). A Londres, le Footsie a cédé 2,08 % à 5.550,95 points. A Amsterdam, l'AEX a rendu moins de 2 % (-1,96) à 329,67 points.

Le programme de soutien accordé à Dublin, dont 35 milliards serviront à étançonner le secteur bancaire, n'a que momentanément apaisé la crainte des investisseurs d'être mis à contribution sur les dettes qu'ils détiennent dans les banques irlandaises. "Le plan d'aide donne une bouffée d'oxygène à l'Irlande, mais elle pourrait être de courte durée si le budget irlandais ne passe pas le 7 décembre. En outre, ce soutien ne va pas dissiper les interrogations sur le fait que le Portugal et peut-être même l'Espagne pourraient avoir besoin d'assistance", a expliqué Mitul Kotecha du Credit Agricole. Après avoir bondi de 20 %, Bank of Ireland n'a ainsi "plus" engrangé que 14,23 % à 0,31 euro.

Par ailleurs, afin de rassurer les marchés, les ministres de la zone euro ont accéléré les préparatifs du futur Fonds de soutien permanent aux pays en crise, appelé à voir le jour mi-2013, en remplacement du mécanisme actuel dont la durée de vie est limitée. Mais les investisseurs attendent une réponse de l’Europe concernant la résolution du risque de contagion à d'autres pays. "Pour le moment, le manque de précision autour de la mise en place" de ce nouveau fonds "ne permet pas de calmer définitivement les esprits", estime Franklin Pichard de Barclays Bourse.

"Tant que le marché fait du coup par coup les spéculateurs peuvent aller vers d'autres pays comme l'Espagne", a expliqué un opérateur de marché, estimant que le marché "n'attendra pas 2013" et a besoin de réponses immédiates. Cepdenant, "les investisseurs devraient maintenir leur attention sur la péninsule ibérique, avec les déficits portugais et les éventuelles pertes, jusqu'ici non révélées, des caisses d'épargne espagnoles".

Sur le marché obligataire, les taux espagnols et italiens ont fortement souffert, le taux italien à 10 ans a renoué avec son niveau de juin 2009 et le taux espagnol a atteint un plus haut depuis 2002. Et ce, même si les autorités portugaises et espagnoles n'ont pas demandé à engager des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), a précisé lundi le numéro deux du FMI, John Lipsky, au premier jour du Sommet pour un Agenda Global à Dubaï.

Interférant avec des déclarations se voulant rassurantes, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé lundi avoir quasiment doublé ses achats d'obligations publiques la semaine dernière. L'institution a acheté pour 1,348 milliards d'euros d'obligations publiques la semaine dernière, contre  713 millions acquis la semaine précédente, ce qui porte le total à 67 milliards d'euros. La BCE prévoit de continuer cette semaine son programme d'achats d'obligations publiques, selon un communiqué.

A Bruxelles, l'indice Bel 20 s'est dégradé de 2,27 % à 2.521,33 points, plombé par le recul de la totalité de ses composants, dans un mouvement compris entre -0,27 % (du titre Colruyt à 38,34 euros) et -4,06 % (du titre Umicore à 36,17 points). AB InBev n'a pas profité du rehaussement de son objectif de cours et s'est déprécié de 2,28 % à 42,41 euros.

Hors Bel 20, MDxHealth a terminé sur un gain 1,97 % à 1,55 euros, après avoir engrangé plus de 6 % en séance.



AGENDA


  • ZONE EURO

    La confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs de la zone euro a continué à progresser en novembre, selon un indice publié lundi par la Commission européenne qui a augmenté de 1,5 point à 105,3 points.

 

  • BELGIQUE

    L’inflation ralentit en Belgique mais si elle s’est élevée à 2,86%. Le mois dernier, elle avait dépassé la barre des 3%. Les légumes, les carburants et le gasoil de chauffage ont vu leur prix grimper, contrairement aux voyages à l'étranger.

 

  • ESPAGNE

    Le rythme de l'inflation en Espagne a reculé légèrement en novembre à 2,2%, après avoir atteint +2,3% en octobre sur un an, selon les données provisoires diffusées lundi par l'Institut national de la statistique (Ine). L'Ine ne détaille pas la composition de ces premières statistiques pour les prix de novembre mais indique que ce recul du rythme de l'inflation s'explique surtout par les tarifs des "carburants qui augmentent moins que l'année passée".



VALEURS


KBC
Le groupe bancaire a annoncé la finalisation de la vente de sa filiale Peel Hunt à un consortium rassemblant des membres du personnel et à des investisseurs privés. L’opération a, comme prévu, rapporté 74 millions de livres sterling a indiqué KBC dans son communiqué de presse.

Goldman Sachs a abaissé à 38 euros son objectif de cours, contre 42 euros avant.

AB INBEV
Le groupe brassicole est une des valeurs préférées de l’analyste Mark Swartzberg de Stifel Nicolaus, compte tenu des perspectives de croissance aux Etats-Unis et de la perspective du lancement de la Budweiser au Brésil.

Sanford C. Bernstein a relevé son objectif de cours sur la valeur à 54 euros, contre 53 euros avant. La recommandation reste à "sous-performer".

GDF SUEZ
GDF Suez, l'espagnol Iberdrola et Scottish and Southern Energy (SSE) ont annoncé lundi la création d'une filiale commune dans le nucléaire, baptisée NuGeneration, en vue de créer une nouvelle centrale en Grande-Bretagne.

HSBC a rehaussé son objectif de cours sur la valeur à 30 euros, contre 28 précédemment.

OMEGA PHARMA
Omega Pharma a signé une lettre d'intention relative à la reprise des activités OTC (médicaments sans ordonnance) d'Inibsa. Inibsa est un groupe actif dans les soins de santé, notamment en Espagne et au Portugal dans le secteur des OTC. Son chiffre d'affaires s'établit à 7 millions d'euros (6 millions en Espagne, 1 million au Portugal). Sa principale gamme de produits se nomme Apiserum; il s'agit d'un complément alimentaire à base de gelée royale et vitamines. Le groupe belge se consolide ainsi dans les compléments alimentaires.

MDxHealth
MDxHealth, leader du diagnostic moléculaire dans le domaine du traitement personnalisé du cancer, annonce avoir accordé à Takara Bio Inc. une licence mondiale non exclusive de sa technologie brevetée de méthylation. Takara Bio Inc. est une société de biotechnologie japonaise. Selon cet accord, Takara Bio Inc a reçu de MDxHealth une licence d'exploitation de la technologie MSP, technologie de méthylation la plus fréquente, à destination du marché de la recherche scientifique. Takara s'acquittera d'un paiement initial ainsi que de royalties provenant de la vente future de l'utilisation de cette technologie. Les autres termes de l'accord n'ont pas été divulgués.

FLUXYS
Fluxys serait tout aussi responsable de l'explosion meurtrière de Ghislenghien que le conducteur du matériel de génie civil, selon un rapport. Le procès en appel de quatorze prévenus, dont Fluxys qui avait été acquitté en première instance, s'ouvre ce lundi à Mons.



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