Les marchés européens terminent dans le rouge

Les inquiétudes sur la crise de la dette de la zone euro ont continué à peser sur les Bourses européennes, ce vendredi. Les actions des banques et des assureurs ont reculé. Les tensions entre les deux Corées et le contexte inflationniste en Chine ont affecté les valeurs cycliques. L'euro reste très volatil.

Après deux jours de rebond technique, les indices boursiers européens ont rechuté, vendredi. Les investisseurs continuent à nourrir de vives inquiétudes à propos de la santé financière des pays européens en difficulté budgétaire, tels que l'Irlande.

Wall Street a ouvert dans le rouge. A l'heure de la clôture européeenne, le Dow Jones se contractait de 0,85% à 11.091,73 points, tandis que le Nasdaq perdait 0,27% à 2.536,20 points. Les investisseurs de Wall Street continuent eux aussi à redouter les conséquences de l'endettement des Etats européens les plus fragiles financièrement.

Jeudi, Wall Street était fermée pour Thanksgiving. Ce vendredi, le marché new-yorkais clôturera de façon anticipée à 13h, heure locale (19h, heure belge). Les investisseurs suivront de près les valeurs des groupes de grande distribution à l'occasion de ce "Black Friday", qui donne traditionnellement le coup d'envoi de la saison des achats des fêtes de fin d'année. Le secteur espère connaître cette année ses meilleures ventes en trois ans, à la faveur de la reprise économique aux Etats-Unis.

Comme la Bourse de New York, les principaux indices européens sont mal orientés. A la clôture, l'indice paneuropéen DJ Stoxx 600 était en baisse de 0,42%, entraîné à la baisse par les financières (-1,5%), plombées par les tensions sur la dette souveraine dans la zone euro.

Preuve des craintes accrues d'une contagion de la crise en zone euro, l'écart entre les taux des obligations espagnoles à 10 ans et les taux allemands qui servent de référence dans la zone euro, a atteint vendredi un record historique, à 260 points de base. Les paroles rassurantes du gouvernement espagnol ne semblent avoir aucun effet sur les marchés. Vendredi matin, quelques minutes après la fin d'une interview accordée par le chef de l'exécutif, José Luis Rodriguez Zapatero, l'indice Ibex-35, qui avait ouvert en légère baisse, s'est mis à plonger. A la clôture, le repli de la Bourse espagnole est de 1,8%.

Selon Thomas Mayer, économiste en chef de Deutsche Bank, la restructuration de la dette de certains pays de la zone euro actuellement en difficulté ne pourra vraisemblablement pas être évitée. "Il sera très difficile d'éviter (une restructuration de la dette) pour tous les pays", a déclaré l'économiste de la première banque allemande dans les colonnes du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).C'est ce constat, plus que les inquiétudes sur les contours d'un mécanisme de crise après 2013, qui affole les investisseurs et cause les tensions observées à l'heure actuelle sur le marché de la dette publique.

Les valeurs liées aux matières premières sont pénalisés par les craintes d'un resserrement des conditions de crédit en Chine. Selon la presse chinoise, le gouvernement pourrait réduire l'objectif de nouveaux prêts pour l'année prochaine. 

La tendance est restée négative en clôture sur l'ensemble des places boursières européennes. L'AEX a terminé sur un repli de 0,74% à Amsterdam, à Paris le CAC 40 a cédé 0,84%, à Londres le Footsie s'est contracté de 0,48% et le DAX a reculé de 0,45% à Francfort.

A Bruxelles le Bel 20 a clôturé sur une baisse de 0,83%, à 2.579,81 points, plombé par les financières:Ageas a chuté de 3,29% et KBC de 3,27%. Dexia est parvenue à s'extirper de la zone rouge et même à s'installer en tête de l'indice en rebondissant de 2,04%. GDF Suez (-1,40%) a aussi pesé sur l'indice bruxellois.

L'euro qui avait repris un peu de souffle après des commentaires rassurants de la chancelière allemande Angela Merkel, a rechuté en début de journée, tombant jusqu'à 1,32 dollar vers 12h15. Depuis lors, la devise européenne tente de se redresser mais sa volatilité est importante. La monnaie unique fluctue fortement dans une fourchette allant de 1,32 à 1,33 dollar environ.

En matinée, la Bourse de Tokyo avait terminé la séance de vendredi en légère baisse de 0,40%, à l'issue d'une journée calme marquée par quelques prises de bénéfices sur les gains enregistrés depuis le début du mois. A la clôture, l'indice Nikkei 225 des valeurs vedettes a cédé 40,20 points à 10.039,56 points. Sur l'ensemble de la semaine, il s'affiche en très légère hausse de 0,17%.

 

Agenda

- Les crédits au secteur privé dans la zone euro ont affiché une progression de 1,4% en octobre après +1,2% le mois précédent, selon des chiffres provisoires annoncés vendredi par la Banque centrale européenne (BCE). La masse monétaire M3 de la zone euro, considérée comme une mesure avancée de l'inflation, a augmenté de 1,0% en rythme annuel en octobre, après avoir progressé de 1,1% en septembre (chiffre révisé).

- L'inflation a accéléré à 1,5% en novembre sur un an en Allemagne, contre 1,3% en octobre, selon un chiffre provisoire publié vendredi par l'Office fédéral des statistiques (Destatis).Sur un mois, par rapport à octobre, les prix à la consommation dans la première économie européenne ont augmenté de 0,1%.

- Japon : Les prix à la consommation au Japon, hors produits périssables, ont baissé de 0,6% sur un an en octobre, leur 20e recul mensuel d'affilée, a annoncé vendredi le ministère des Affaires intérieures, laissant craindre une poursuite de la déflation pendant encore de longs mois. Le rythme de la baisse des prix à la consommation continue toutefois de s'atténuer depuis le record (-2,4% sur un an) atteint en août 2009. En septembre, toujours sur un an, le recul atteignait encore 1,1%.

- Etats-Unis : clôture anticipée des marchés à 13h, heure locale (19h, heure belge) au lendemain de Thanksgiving.

Valeurs à suivre vendredi

Ascencio : la sicafi spécialisée en immobilier commercial, a acquis trois magasins exploités sous l’enseigne " Grand Frais ". L’investissement porte sur un montant de 10,150 millions d’euros. Tous les magasins sont loués dans le cadre de baux de 9 ans fermes qui ont pris cours pour la plupart le 1er juillet 2009. Ascencio utilise ainsi une première partie des 40 millions d’euros récemment levés dans le cadre de son augmentation de capital. A l’issue de cette opération, le portefeuille d’Ascencio s’élève à une juste valeur d’environ 287 millions d’euros et les magasins Grand Frais représentent dorénavant près de 10% des loyers.

Epiq : offre de rachat par Elex à 1,75 euro par action. L’offre court jusqu’au 3 décembre.

Warehouses Estates Belgium: augmentation de capital avec droit de préférence. L’offre court jusqu’au 1er décembre.

Retail Estates : résultats semestriels 2010/2011 (17h45).

Texaf : Le holding qui investit exclusivement en République Démocratique du Congo mise sur un résultat opérationnel en hausse cette année par rapport au résultat de 2009, grâce à la croissance de toutes ses participations. Carrigres (carrière de grès à Kinshasa) devrait réaliser une production record cette année à près de 500.000 tonnes.

Telenet: BNP Paribas Investment Partners a réduit sa participation dans Telenet à 4,99% des droits de vote au 24 août dernier contre 5,07% le 1er juin, selon une déclaration de transparence.

Bekaert: Le groupe japonais Arisawa Manufacturing pourrait reprendre une partie des activités de désalage de Bekaert, ressort-il d'une communication de l'entreprise à la bourse de Tokyo. Selon Bekaert, toutefois, il ne s'agit que d'activités annexes et les discussions sont toujours en cours. Ces activités concernent des tubes qui sont utilisés pour désaler l'eau de mer et la rendre potable, a expliqué une porte-parole de Bekaert. Basées en Espagne et aux Etats-Unis, elles ont représenté, l'an passé, un chiffre d'affaires de 26 millions d'euros.

 

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