Les marchés inquiets de la fragilité espagnole

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Les marchés d'actions européens ont terminé en nette baisse ce mercredi. Confrontés à la vulnérabilité du secteur bancaire espagnol, à la veille d'une émission de dette cruciale pour Madrid, les investisseurs ont ainsi pris leurs bénéfices au lendemain d'un net rebond.

Les Bourses de la zone euro ont terminé en net repli ce mercredi, les investisseurs s'inquiétant de la situation économique et financière des pays périphériques de la région, et plus particulièrement de l'Espagne, à la veille d'une adjudication de dette espagnole. Madrid doit lever jeudi entre 1,5 et 2,5 milliards d'euros à 3 et 10 ans. Le pays avait réussi mardi à emprunter, à court terme et au prix fort, un montant un peu plus élevé que prévu.

L'Italie, également dans le viseur des intervenants, a pour sa part revu à la baisse ses prévisions pour 2012, prévoyant une contraction de 1,2% de son économie contre une baisse préalable de 0,4%. La troisième économie de la zone euro a dans le même temps retardé ses objectifs de retour à l'équilibre budgétaire, s'attendant à un déficit de 0,5% en 2013 (au lieu de 0,1% prévu).

Signe de la défiance du marché envers les actifs réputés risqués, l'Allemagne, a emprunté à des taux toujours plus bas. Berlin a ainsi levé ce mercredi plus de 4 milliards d'euros à deux ans à 0,14%.

Les valeurs bancaires ont été les premières victimes de ces nouvelles tensions en zone euro. L’indice de référence sectorielle Stoxx 600 affichant -2,1% à la clôture.

Les valeurs cycliques, sensibles à la conjoncture, ont vécu une séance difficile sur fond de craintes persistantes sur la croissance mondiale.

À la Bourse de Paris, l'indice Cac 40 a ainsi fini en repli de 1,59% à 3.240 points au lendemain d'un rebond de 2,7%. La Bourse de Francfort a abandonné 1,01% et celle de Madrid 3,99% tandis que l’indice de la place londonienne, moins affectée par les craintes entourant la zone euro, n'a cédé que 0,38% à 5.745 points.

La sous-performance de l'Ibex est liée aux chiffres du crédit des banques espagnoles. Les données de la Banque d'Espagne montrent que le montant des créances douteuses représente plus de 8% du total des emprunts, soit 143,8 milliards d'euros. Le chiffre le plus élevé depuis octobre 1994.

Sans oublier que le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que l'Espagne ratera ses objectifs de déficit définis sous la surveillance de l'Union européenne en 2012 et en 2013.

À la Bourse de Bruxelles, l'indice Bel 20 a relâché 1,43% à 2.258 points, au lendemain de sa troisième performance de l'année.

L’action AB InBev a progressé de 1,30% à 56,03 euros. Le cours du géant brassicole a vraisemblablement profité des résultats trimestriels de Coca-Cola publiés la veille. Le poids lourd américain de la boisson sert en effet d’indicateur macroéconomique. Or, ses chiffres ont confirmé l'amélioration des ventes, notamment au Brésil (de 0 à 4%, en volumes), souligne Gerard Rijk, analyste chez ING. Dans sa guidance, AB InBev avait déjà signalé que les volumes du marché brésilien allaient connaître un bon début d'année, avec des ventes certes plus limitées par rapport à 2011. Mais globalement, les chiffres de Coca-Cola indiquent que la croissance se poursuit à un rythme élevé sur des marchés où AB InBev est présent.


AGENDA

  • Grande-Bretagne

- La Banque d'Angleterre (BoE) a opté en avril pour le statu quo monétaire à l'unanimité, mais un membre de son Comité de politique monétaire (CPM) prône désormais une hausse du programme de rachats d'actifs, selon les minutes de sa dernière réunion publiées mercredi. Lors de la réunion des 4 et 5 avril, la BoE avait laissé inchangé le montant total de son programme d'injections de liquidités à 325 milliards de livres sterling (394 milliards d'euros), tandis que son taux directeur était maintenu à 0,50%.

  • Espagne

- Le taux des créances douteuses des banques espagnoles, indice de leur vulnérabilité, a encore progressé en février, atteignant un nouveau record depuis 1994, selon les chiffres publiés mercredi par la Banque d'Espagne. Les créances douteuses, principalement des crédits immobiliers susceptibles de ne pas être remboursés, s'élevaient à 143,815 milliards d'euros en février, soit 8,15% du total des créances, contre 7,91% en janvier et 7,61% en décembre.

  • Allemagne

- L'Allemagne, havre de sécurité pour les investisseurs, a emprunté plus de 4 milliards d'euros à deux ans au taux historiquement bas de 0,14% mercredi, selon les résultats de l'opération communiqués par la Bundesbank et l'Agence financière. En dépit de ce taux très peu lucratif - et en forte baisse, puisqu'il était de 0,31% fin mars pour le même produit - la demande a été soutenue, 7,670 milliards d'euros d'offres ayant été déposées, a précisé la Bundesbank.

  • Etats-Unis

Les stocks américains de pétrole brut ont augmenté la semaine dernière, a annoncé mercredi l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). Les stocks de brut ont progressé de 3,86 millions de barils à 369,05 millions. Les économistes attendaient en moyenne une hausse de 1,4 million de barils. Les stocks d'essence ont diminué de 3,67 millions. Les économistes attendaient une baisse de 900.000. Les réserves de produits distillés, qui incluent le fioul domestique, ont diminué de 2,91 millions. Le marché anticipait une baisse de 200.000. Le taux d'utilisation des capacités des raffineries a augmenté de 0,8 point à 84,6%. Le marché tablait sur une hausse.


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