Les marchés insensibles à l'Irlande

©Photo News

Malgré les tensions autour de la situation budgétaire de Dublin, les marchés européens ont repris le chemin de la hausse grâce, notamment, à la bonne tenue du secteur automobile. L'indice paneuropéen Stoxx 600 a pris 0,81 %, surperformé par l'indice Bel 20 (+1,12 %). UCB y a signé le plus fort recul, suite à un abaissement d'avis des analystes d'UBS et de Jefferies.

La tendance négative observée sur les marchés européens en début de séance a fait place à une tendance en nette progression aux alentours de 14h. L'indice paneuropéen Stoxx 600 a finalement progressé de 0,81 % à 272,36 points, grâce aux valeurs automobiles. L'indice Stoxx 600 du compartiment a progressé de 1,81 %. A l'origine de cette hausse, le secteur américain de l'auto a encore enregistré une hausse des achats, de 5 %, alors que ces derniers avaient déjà crû de 14 % en septembre. En outre, le poids lourd du secteur européen MAN (+6,88 %) a évoqué une éventuelle fusion avec Scania. Ce qui pourrait permettre à Volkswagen (+2,39 %), présent dans les deux groupes auto, d'en prendre tout simplement le contrôle. Le leader européen VW souheterait en effet porter sa participation dans le géant suédois Scania aux alentours de 75 à 80 % pour transférer par la suite les presque 30 % qu'il détient de MAN.

Le compartiment des valeurs chimiques était bien orienté également dans le sillage de Bayer (+3,96 % à 56,14 euros). Le groupe pharmaceutique allemand s'était envolé en séance de près de 6 % après l'annonce de tests positifs sur l'un de ses médicaments les plus prometteurs, le Rivaroxaban. 


Dans ce contexte, à la Bourse de Paris, le CAC 40 a pris 0,86 % à 3.864,24 points. À Francfort, le Dax a progressé de 0,82 % à 6.790,17 points. À Amsterdam, l'AEX a bonifié de 0,68 % à 345,53 points. À Londres, le Footsie a gagné 0,41 % à 5.820,41 points.


A Bruxelles, l'indice Bel 20 a gagné  1,12% à 2.654,43 points. La société pharmaceutique UCB a réduit ses pertes à 1,32% à 26,5 euros, après avoir pâti tout au long de la séance d'un avis des analystes d'UBS qui conseillent à présent de vendre le titre. En revanche, KBC a bondi de 3,87 % à 29,53 euros, le mouvement de défiance face à l'Irlande étant en perte de régime sur le marché obligataire.

Hors indice, le titre CFE s'est élancé de 5,89 % à 47,63 euros avant même la publication de la déclaration intermédiaire du groupe, qui fait état d'une croissance de 10% sur 9 mois, essentiellement grâce à la filiale à 50% DEME.


En matinée, les Bourses européennes s'étaient focalisées sur l'Irlande, la perspective d'une éventuelle aide européenne à Dublin étant dans tous les esprits. L'Irlande a pourtant assuré dimanche ne pas avoir besoin d'une aide financière et estimé que des discussions sur le sujet avec l'Union Européenne n'étaient pas nécessaires. Elle a cependant admis entretenir des discussions au niveau international sur la situation financière du pays. Ces discussions ne sont pas synonymes de négociations de soutien, a nuancé le Ministre des finances irlandais.

Par ailleurs, les problèmes financiers de Dublin ne se limitent pas à une crise budgétaire, mais relèvent aussi de la crise bancaire. Au point que des sources au sein de l'Union européenne prétendent désormais que l'Irlande est sur le point de demander une aide pour le secteur des banques. Ce qui serait une requête politiquement moins risquée qu'une demande de soutien au pays.

Au Portugal, le ministre des finances fait moins la fine bouche sur la situation de son pays. Fernando Teixeira dos Santos a déclaré que Lisbonne courrait "un risque élevé" de devoir faire appel à une aide extérieure pour résoudre ses problèmes de finances. Le ministre portugais en a profité pour rappeler que les marchés regardent les économies nationales de la Grèce, du Portugal ou de l'Irlande "comme un ensemble, car nous sommes tous dans la zone euro."


Sur le marché des changes, l'euro perdait à nouveau du terrain face au dollar, reflet des craintes qui pèsent sur la dette souveraine de l'Irlande. Il s'échangeait autour de 1,36 dollar.

A la Bourse de New York, les principaux indices américains avançaient légèrement (Nasdaq +0,27 % à 2.525,07 points, Dow Jones +0,54 % à 11.253,20 points), partagés entre la hausse plus forte qu'attendu des ventes au détail en octobre et la lourde chute en novembre de l'indice de l'activité industrielle dans la région de New York.

La Bourse de Tokyo, de son côté, a fini en hausse de 1,06%, encouragée par les chiffres de la croissance japonaise et par le recul du yen. Le PIB du pays s'est élevé de 0,9% entre juillet et septembre par rapport au trimestre précédent.



INDICATEURS À L'AGENDA


Zone Euro

La zone euro a enregistré un excédent commercial de 2,9 milliards d'euros en septembre, après un déficit de 5 milliards en août, selon des données publiées lundi par l'Office européen des statistiques Eurostat.


USA

- Les ventes de détail ont progressé fortement aux Etats-Unis en octobre, tirées par l'activité des concessionnaires automobiles. Elles ont augmenté de 1,2% par rapport à septembre en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrés, mais pas des variations de prix.

- L'indice de l'activité industrielle dans la région de New York ("Empire State") s'est effondré de manière inattendue en novembre, à -11,1 contre +15,7 le mois précédent, selon des données publiées par la Fed de New York. C'est la première fois depuis juillet 2009 que cet indice tombe sous zéro.

- La valeur des marchandises en magasin a augmenté de 0,9% à 1.403 milliards de dollars, leur plus haut niveau depuis mars 2009, par rapport au mois précédent en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrés. Soit à la même vitesse qu'en août.

Japon

- La croissance du Japon s'est accélérée au troisième trimestre grâce à un rebond de la consommation. Le PIB du pays s'est élevé de 0,9% entre juillet et septembre par rapport au trimestre précédent, soit une augmentation 3,9% en rythme annualisé, deux fois plus importante qu'entre avril et juin.

- La production industrielle du Japon a baissé de 1,6% au mois de septembre par rapport à celle d'aôut, et non de 1,9% comme l'avait estimé en première approche le ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie.



VALEURS À SUIVRE LUNDI

- Ackermans & van Haaren: le holding a confirmé que son bénéfice annuel sera en forte augmentation. Sa position en cash et ses investissements court terme étaient de 94,7 millions d'euros fin juin.

- Mobistar
: Le lancement de Mobistar TV s'est déroulé mieux que prévu. Il pousse l'opérateur à étoffer ses forces de ventes. 150 postes sont à pourvoir.

- UCB: les analystes d'UBS ont placé la valeur sur leur liste des titres à vendre. De son côté, Jefferies a abaissé son objectif de cours à 20 euros, contre 21 précédemment, la recommandation restant à "sous-performer".

- Delhaize: AllianceBernstein franchit le seuil de 5% dans Delhaize. Le distributeur alimentaire belge international, a reçu une notification de franchissement vers le haut du seuil de 5 % par AllianceBernstein L.P. qui possède 5,04 % des droits de vote du Groupe Delhaize

- Agfa Gevaert: la filiale du groupe d'imagerie Agfa HealthCare a annoncé une augmentation de tous ses produits d'imagerie (film). Le groupe justifie cette hausse par une augmentation des prix des matières premières.

 

 

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés