Les marchés ne digèrent pas les aides européennes

La crainte d’un effet de contagion de la crise irlandaise a de nouveau secoué les places boursières, y compris Bruxelles.

Le plan d’aide à l’Irlande et le mécanisme permanent de sauvetage des pays européens en difficulté budgétaire n’ont finalement pas plu aux places financières. Lundi, les marchés d’actions, d’obligations et des devises ont tous subi d’importantes ventes des titres européens, signe de la défiance des investisseurs à l’égard de la zone euro.

Du côté des actions, l’indice DJ Stoxx 600, représentatif des grandes valeurs européennes, a perdu 1,67%. Les reculs ont atteint plus de 2% sur les grandes places telles que Paris, Londres et Francfort. Les investisseurs ont également sanctionné les obligations gouvernementales des pays les plus endettés de la zone euro. Le taux d’intérêt des titres à dix ans de l’Espagne s’est tendu de 23 points de base (0,23%). La banque d’affaires Goldman Sachs a publié une note qui met en garde contre d’éventuelles pertes, jusqu’à présent non révélées, dans les caisses d’épargne espagnoles. Les taux à dix ans de l’Italie, qui a effectué une émission obligataire décevante, du Portugal et de l’Irlande ont eux grimpé de 21, 14 et 11 points de base respectivement.

L’euro glisse à nouveau

Seule la Grèce a trouvé grâce aux yeux des investisseurs, après l’annonce d’un allongement du délai dans lequel Athènes devra rembourser l’aide européenne de 110 milliards d’euros octroyée en mai dernier par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). La Grèce a désormais jusqu’en 2021 pour honorer cette dette, contre 2015 précédemment. Mais elle devra payer un taux d’intérêt annuel de 5,8% au lieu des 5,5% prévus initialement. Sur le marché obligataire, ce répit a permis au taux à dix ans grec de se détendre légèrement, de 7 points de base (0,07%).

Sur le marché des changes, l’euro a souffert. La devise européenne est passée en dessous de 1,31 dollar pour la première fois depuis le 21 septembre, alors qu’elle évoluait encore à plus de 1,42 dollar au début du mois de novembre, ce qui représente une chute de 7,75% en moins d’un mois.

La Belgique tenue à l’œil

Désormais, les investisseurs se méfient de tout ce qui pourrait devenir un mauvais risque dans la zone euro. La Belgique, avec sa dette de près de 100% du Produit intérieur brut (PIB) et ses banques exposées au papier gouvernemental irlandais, n’est pas vue d’un très bon œil.

Lundi, le taux d’intérêt des obligations linéaires (OLO) à dix ans s’est tendu à 3,86%, soit une hausse de 20 points de base par rapport aux 3,66% affichés vendredi. L’écart avec le taux allemand, référence du marché, est au plus haut depuis février 2009. La baisse de confiance à l’égard de la dette belge a aussi affecté les CDS de notre pays, c’est-à-dire les contrats qui permettent de se couvrir contre un défaut obligataire. Il faut désormais payer 1,81% du montant prêté pour garantir un remboursement.

Dans ce contexte, la Bourse de Bruxelles pouvait difficilement braver la tempête européenne. Le Bel 20 s’est déprécié de 2,27%. Ce lundi a donc été une journée noire pour tous les marchés d’Europe.

 


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