Les marchés ont bien encaissé le choc du scrutin grec

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Les valeurs européennes ont fini en hausse ce lundi, même si les investisseurs veulent rester prudents au lendemain des élections législatives grecques.

Comme les marchés asiatiques en début de séance, les Bourses d'Europe ont accusé le coup face à la poussée des partis extrémistes en Grèce. Les investisseurs sont toutefois parvenus à maîtriser leurs inquiétudes à l'égard du nouveau casse-tête politique dans lequel est plongé le pays, même si les partis opposés à un accroissement de l'austérité ont mis la main hier sur la moitié des sièges du parlement athénien.  Une situation politique qui pourrait remettre en cause le soutien financier international à Athènes.

En l'absence d'un gouvernement apte à négocier une nouvelle tranche d'aide auprès des créanciers internationaux, la Grèce pourrait se retrouver à court de financements d'ici la fin du mois de juin. L'indice Athex a dès lors dégringolé de 6,67%.

Quant à la victoire du socialiste François Hollande à l'élection présidentielle française, qui rebat les cartes du tandem franco-allemand en Europe, elle n'a pas suscité de panique tant l'issue du scrutin était intégrée depuis des mois par les places financières. Cependant, "il vaut mieux se garder de tirer des conclusions de la séance d'aujourd'hui, il ne faut pas oublier que Londres était fermée. Demain on pourrait avoir une tout autre histoire", prévient un trader en poste à Paris.

La chancelière allemande Angela Merkel a assuré qu'elle allait accueillir "à bras ouverts" le nouveau président français lors de sa visite à Berlin mais a signifié qu'il n'était pas question pour elle de renégocier le pacte budgétaire européen.

De son côté, l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a indiqué que l'élection n'avait pas "d'impact immédiat" sur la note du pays ou sa perspective d'évolution. La France, que SP a privée de sa note maximale AAA en janvier, est actuellement notée AA+ par l'agence.

Ironie du sort, les marchés européens ont retrouvé de la vigueur par l'intermédiaire de quelques valeurs bancaires. Et ce, grâce à l'actualité en provenance de Madrid. Le gouvernement madrilène et la Banque d'Espagne ont décidé de prendre le taureau par les cornes en préparant un plan d'assainissement pour Bankia, quatrième banque de la péninsule et plus large union de caisses d'épargne. L'indice Stoxx des banques européennes a ainsi progressé de 1,69% malgré la chute de 12,61% des bancaires grecques.

A la Bourse de Bruxelles, l'indice Bel 20 s'est repris de 0,63% à 2.180 points, dans le sillage haussier de 14 de ses composants. AB INBev s'est distinguée avec une hausse de 2,7%.

Le titre Telenet a terminé bon dernier. Mais la baisse du cours est en fait uniquement imputable au détachement de coupon brut, de 1 euro, sans lequel l’action aurait virtuellement progressé de 0,25%, dans des volumes d’échanges deux fois moindres que la moyenne annuelle des transactions.

En revanche, le titre Nyrstar a rebondi. "Il n’y a pas de raison particulière expliquant la réaction du cours de l’action Nystar. Le marché reste très volatil", nous précisait Emmanuel Carlier, analyste chez ING. "La valeur a été matraquée les semaines précédentes. Aujourd’hui, les indices se reprennent et les investisseurs veulent se positionner sur des valeurs à haut bêta qui s’échangent à des prix bradés."


AGENDA

Grande-Bretagne
- Marchés fermés à Londres

Zone euro
- Le moral des investisseurs en zone euro s'est dégradé plus fortement que prévu en mai, ressortant à son plus bas niveau depuis septembre 2009, selon les données publiées lundi de l'enquête mensuelle du cabinet d'étude Sentix. L'indice Sentix est ressorti à -24,5 en mai contre -14,7 en avril et -15,7 donné par le consensus. "La chute de l'indice Sentix le mois dernier était un premier avertissement mais maintenant l'économie de la zone euro s'enfonce encore plus", a déclaré le cabinet dans un communiqué. Le sous-indice des anticipations a aussi reculé plus que prévu, tombant à -17,3 contre -9,3 le mois précédent.

Allemagne
-  Les commandes industrielles enregistrées en Allemagne en mars ont affiché une hausse plus forte que prévu et dopée par des commandes de l'étranger, venues de pays n'appartenant pas à la zone euro. Elles ont grimpé de 2,2% sur un mois, selon des données provisoires, corrigées des variations calendaires, saisonnières, et à prix constants, publiées par le ministère de l'Economie. Autre bonne nouvelle pour la première économie européenne: le chiffre de février a été révisé en hausse. Les commandes industrielles en février ont progressé de 0,6%, contre une hausse initialement annoncée de 0,3%.




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