Les petites actions sur la première marche du podium à Bruxelles en 2016

©Mathieu Paternoster

Leur indice Bel Small a achevé l’année à un sommet historique, surperformant le Bel 20. Celui-ci est toutefois parvenu à limiter les dégâts après un début d’année plutôt tumultueux.

En 2016, il fallait s’activer principalement dans le segment des petites et moyennes valeurs pour obtenir le plus de chance de réaliser de belles plus-values. Tiré par des valeurs comme Sapec qui s’est envolée de 465% à 169,65 euros,l’indice Bel Small a été un des rares indices parmi les principaux d’Euronext Bruxelles à avoir engrangé des gains. Et à terminer à un niveau record. En hausse de 7,93%, il s’est fixé à 13.021,87 points. Il s’agit pour cet indice qui compte 28 valeurs de la 5e année de hausse d’affilée!

L’indice Bel Mid des actions moyennes et le Bel 20 des plus grosses capitalisations n’ont pas été en mesure de réaliser cette prouesse. Cela dit, ils sont quand même parvenus à limiter les gros dégâts subis au tout début de l’année, lorsque leurs pertes approchaient les 20%. Le Bel Mid a fini l’année sur une baisse de 0,78% à 4.636,49 points.

La valeur totale des 20 sociétés qui composent le Bel 20 est passée en un an de 354 à 428 milliards d’euros. Et cela malgré le recul de 2,54% de l’indice en 2016 à 3.606,36 points.

Bel 20 trop défensif

Le Bel 20 affiche pour sa part un bilan négatif de 2,54% à 3.606,36 points. Au plus bas de l’année, un niveau qu’il avait failli retrouver en juin juste après le référendum britannique sur la question du maintien ou non de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne, il était tombé à 3.130,76 points. C’était le 11 février.

©Mediafin

Avec ce bilan, le Bel 20 porte à 9 le nombre d’années qui se sont achevées dans le rouge depuis sa création, il y a 26 ans, le 31 décembre 1990 (base 1000). Les 17 autres années ont été positives.

L’indice phare de la Bourse de Bruxelles n’aura donc pas brillé en 2016. C’est que son profil défensif l’a cette fois handicapé. Des actions comme Engie (-25,76% à 12,12 euros) , AB InBev (-12,1% à 100,55 euros) et Proximus (-8,8% à 27,36 euros) ont été délaissées, alors que les investisseurs leur préféraient les valeurs cycliques. Du style de celles d’entreprises sidérurgiques, pétrolières, parapétrolières et cimentières entre autres. Chez nous, il y a belle lurette que des noms comme celui du pétrolier PetroFina, du sidérurgiste Cockerill-Sambre ou encore du cimentier CBR ont disparu de la composition du Bel 20 et de la cote tout court.

Cette rotation sectorielle des actions défensives vers les actions cycliques, qui s’est par ailleurs sensiblement amplifiée après l’élection en novembre de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, a profité à des indices européens comme le DAX 30 (cours) de Francfort et le CAC 40 de Paris. Ceux-ci ont gagné entre 3 et 5%.

Montagnes russes bancaires

Dans le même temps, en chutant lourdement dans la première partie de l’année dans le sillage des actions des banques italiennes et allemandes, les valeurs financières ont beaucoup pesé sur l’orientation du Bel 20. Leur remontée depuis le milieu de l’été partiellement due à la hausse des rendements obligataires, est ce qui a permis au Bel 20 de réduire dans la seconde partie de l’année une grosse part de ses pertes enregistrées durant les 6 premiers mois. Au final, ING a achevé 2016 avec un gain de 7,4% à 13,37 euros et KBC de 2,01% à 58,03 euros. L’action de l’assureur Ageas , par contre, a conservé une perte de 12,1% à 37,61 euros.

Il est bon de rappeler que le secteur financier occupe une place importante dans la composition du Bel 20. Surtout depuis l’introduction dans cet indice de l’action de la banque ING le 21 mars. La banque néerlandaise y avait été intégrée en compagnie d’Ontex et de Galapagos . Ces trois actions ont remplacé D’Ieteren, Befimmo et Delta Lloyd qui sera prochainement racheté par l’assureur NN Group issu lui-même d’une spin-off d’avec ING.

Six actions du Bel 20 au top

La baisse subie par le Bel 20 en 2016 fait toutefois de l’ombre à quelques superbes prestations. Sur les 20 actions que compte l’indice phare d’Euronext Bruxelles, 11 ont réussi à progresser d’un bout à l’autre de l’année.

Le titre de champion revient à Umicore qui s’est adjugé 40,05% à 54,15 euros. Viennent ensuite Bekaert (+ 35,58% à 38,485 euros), Elia (+ 16% à 49,685 euros), Solvay (+ 13,13% à 111,35 euros) et Cofinimmo (+ 10,41% à 108,65 euros).

Notons encore qu’avec arGEN-X (+ 43% à 15,94 euros) dans l’indice Bel Small, Galapagos (+ 7,4% à 60,94 euros) est une des rares actions biotechs à avoir progressé. L’engouement porté par les investisseurs pour ce titre depuis son inclusion dans le Bel 20 fait que le cours de son titre a réussi à améliorer à de multiples reprises son record historique. Le dernier remonte au 23 septembre à 63,78 euros.

À propos de records d’altitude en Bourse, Galapagos n’a pas été la seule action du Bel 20 à les avoir améliorés. Six ont réussi cet exercice. Certes, c’est moins qu’en 2015, lorsqu’on en avait dénombré 12. Mais avec un Bel 20 qui n’avait pas cessé de monter en 2012 et 2015, soit durant 4 années sans interruption, cela reste une performance plutôt appréciable.

On retrouve dans ce registre, outre Galapagos donc, Ontex (35,16 euros en février), Colruyt (54,72 euros en juin), Elia (50,54 euros en juillet) et Umicore (58,72 euros en octobre). La veille de l’officialisation de son rachat par le néerlandais Ahold, Delhaize Group caracolait à un niveau record de 102,7 euros le 22 juillet.

Concernant l’action de la nouvelle entité Ahold Delhaize dont le cours de référence est celui de l’action Ahold, il faudra patienter encore quelque temps avant de la voir au sommet. La dernière fois qu’Ahold avait touché un plus haut historique, c’était en avril 1999 à 32,33 euros, quelques années avant l’éclatement au grand jour de ses problèmes comptables aux Etats-Unis.

Engie au plancher

Du côté des actions négativement orientées dans le Bel 20, elles sont 8 à avoir perdu des plumes. Avec une chute de 26,8% à 60,91 euros, UCB réalise le score le plus décevant.

Dans la suite, on trouve l’énergéticien français Engie qui abandonne 25,76% à 12,12 euros. Il s’agit de son plus bas niveau depuis la fusion de Suez avec GDF en 2005, devenu en 2015 Engie. Le manque de visibilité sur l’évolution de ses résultats est pour beaucoup dans la méforme de cette action en Bourse. À en croire les prévisions de résultats établies par les analystes sondés par Bloomberg, jusqu’en 2019 au moins, ses profits seront quasi exclusivement consacrés au paiement du dividende brut de 1 euro par an. D’où la crainte du marché que le groupe soit contraint à terme à en réduire une nouvelle fois le montant. Les analystes tablent sur un profit par action à peine plus élevé que 1 euro pour les tout prochains exercices.

AB InBev un moment dans le top 10 mondial

Bourses | Les valeurs cycliques sauvent le bilan 2016

Des 19 sous-groupes de l’indice Stoxx 600, à peine 7 ont achevé 2016 sur un bilan positif. Les trois à monter sur le podium des meilleures prestations sont ceux des entreprises liées aux matières premières (+ 61,9%), des compagnies pétrolières(+ 22,9%) et de la construction (+ 9,2%).

La performance des principaux indices boursiers varie du coup selon que l’un ou l’autre de ce type de valeurs (ou tous à la fois) fait partie de leur composition. En Europe, l’indice qui a le mieux profité de cela, c’est le FT 100 de Londres. Il a gagné 14,4%. Viennent ensuite l’AEX 25 d’Amsterdam (+ 9,4%) et le CAC 40 de Paris (+ 4,9%). Le DAX 30 (cours) a pris 3,7% à Francfort.

La hausse limitée de l’indice DAX 30 est à mettre sur le compte des valeurs bancaires, qui y signent les plus médiocres scores. Ce secteur est aussi le principal responsable du recul de 10,2% de l’indice FT-MIB 30 de la Bourse de Milan ces douze derniers mois. Le Stoxx 600 Banques, qui accusait une chute de 30% en juillet, est toutefois parvenu à clôturer l’année en ayant réduit ses pertes à 6,8%.

L’indice Dow Jones affiche lui un bilan annuel positif de 13,7% à Wall Street, et le S&P 500 de 9,8%. Le Dow Jones a été porté par des valeurs comme Caterpillar et celles du secteur bancaire. À Tokyo, le Nikkei 225 se contente d’un modeste 0,4% et, en Chine, l’indice Shanghai abandonne 12,39%. À Johannesbourg enfin, l’indice JSE Gold arrache 28,9%!

 

Autre valeur ayant tiré à la baisse le Bel 20, celle d’AB InBeva perdu 12,1% à 100,55 euros. Le premier brasseur au monde a finalisé son acquisition du sud-africain SABMiller pour quelque 100 milliards de dollars. Ce type d’opération pèse d’ordinaire sur le cours de l’action du repreneur. Par ailleurs, en dépit du rebond de 21% du real brésilien après 5 années de déprime, AB InBev avait publié des résultats inférieurs aux attentes en octobre. AB InBev effectuait près du quart de ses affaires au Brésil avant l’absorption de SABMiller.

La pauvre performance réalisée par l’action AB InBev a fait perdre au brasseur sa place dans le top 10 mondial des plus importantes capitalisations boursières au monde.

Quelques jours après la concrétisation du rachat de SABMiller en octobre, AB InBev, qui affichait alors une capitalisation boursière de 236 milliards d’euros, était monté à la 9e position de ce classement. Le repli du cours de son action et la hausse de Wall Street depuis l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis lui ont fait perdre cette place. Avec une valeur revenue à 202,9 milliards d’euros (213,7 milliards de dollars), AB InBev est à présent la 23e plus grosse société au monde, en termes donc de capitalisation boursière. Le top 10 mondial est redevenu 100% américain.

Le cercle des 10 milliards

Dans le Bel 20 toutefois, son poids reste conséquent. AB InBev représente 47,2% de la valeur totale des 20 sociétés qui composent l’indice. Celle-ci s’élève à 427,9 milliards d’euros. Par rapport à la fin décembre 2015, le Bel 20 vaut 21% de plus.

Cette progression peut étonner dans la mesure où l’indice a cédé du terrain ces douze derniers mois. Plusieurs facteurs expliquent cela. Parmi eux, il y a bien entendu le fait qu’AB InBev ne cesse de prendre de l’embonpoint. La sortie de la composition du Bel 20 de sociétés peu valorisées et leur remplacement par d’autres plus grosses est une autre explication. Ensemble, Befimmo, D’Ieteren et Delta Lloyd valaient 5,3 milliards il y a un an. Ontex, ING et Galapagos qui les ont remplacés, affichaient une valeur en Bourse de 53 milliards d’euros.

À ces facteurs, on peut encore ajouter l’introduction du distributeur Ahold Delhaize presque trois fois plus lourd que ne l’était Delhaize fin 2015. Le groupe belge valait à l’époque 9,2 milliards.

Avec l’ajout de poids lourds dans le Bel 20, le nombre de sociétés affichant une capitalisation de 10 milliards et plus est passé de 6 en 2015, à 8 en 2016. Il s’agit d’AB InBev comme on vient de le voir, d’ING (51,7 milliards), Engie (29,6 milliards), Ahold Delhaize (25,6 milliards), KBC (24,6 milliards, soit davantage que Deutsche Bank!), GBL (12,9 milliards), UCB et Solvay (11,8 milliards chacun).

Avec une valeur tombée à 9,2 milliards, Proximus a, lui, perdu son fauteuil. Ontex est la plus modeste capitalisation du Bel 20. La société vaut 2,1 milliards. Enfin, 3 sociétés contre 1 en 2015 relèvent du droit autre que belge (ING, Engie et Ahold Delhaize).

Et de 15 pour Lotus Bakeries

Hors Bel 20, les gains ont concerné près de 2 valeurs sur trois. C’est dans cette partie de la cote que l’on a relevé les plus juteuses plus-values à Bruxelles. Outre Sapec, VGP (+ 172,4% à 89,91 euros), SmartPhoto (+ 113,7% à 1,579 euros), Picanol (+ 67,6% à 77,6 euros), Econocom (+ 63,12% à 13,94 euros) ou encore Ter Beke (+ 40,5% à 140,20 euros) pour ne citer que ces exemples, ont comblé leurs actionnaires.

L’engouement des investisseurs pour leurs actions tient au fait que ces sociétés, ayant des activités de niche, arrivent à se jouer de la croissance molle que l’on connaît en Europe, et à accélérer la cadence de leurs affaires. Parmi les exemples les plus frappants, il y a Econocom et Lotus-Bakeries . Reflet de la belle croissance de la profitabilité de leurs affaires, ces entreprises n’ont eu de cesse de relever le montant du dividende versé aux actionnaires depuis 2000. En hausse de 42,86% en 2016 à 2.500 euros, il n’est dès lors vraiment pas surprenant de voir Lotus-Bakeries monter en Bourse pour la 15e année d’affilée.

Parmi les actions qui ont traversé une sombre année, on trouve outre celles de la plupart des sociétés biotechs, Nyrstar (-15,1% à 7,795 euros) et Hamon (-55,38% à 3,539 euros), tous deux en proie à des soucis financiers.

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