Les "petits secrets" derrière les chiffres d'AB InBev, bpost…

AB InBev a vu son bénéfice net 2013 gonfler artificiellement, suite au rachat des 50% qui lui manquaient dans le brasseur mexicain Grupo Modelo. ©BLOOMBERG

En voulant à tout prix percevoir un dividende extraordinaire de la part de bpost en juin 2013, CVC Capital et l’Etat belge ont alourdi sa charge d’impôts de 17 millions d’euros. Une des bizarreries de l’exercice 2013…

D’une société à l’autre, les réalités fiscales peuvent varier grandement. C’est dû notamment aux impôts différés, à des réévaluations imposés par la tenue des comptes IFRS, à des pertes non déductibles… Quelques-unes de ces situations particulières méritent quelques mots d’explication.

AB InBev

Le groupe basé à Leuven a vu son bénéfice net 2013 gonfler artificiellement, suite au rachat des 50% qui lui manquaient dans le brasseur mexicain Grupo Modelo. Dans ses comptes "IFRS" (normes comptables internationales qui imposent d’intégrer chaque année les réévaluations dans le résultat net de l’entreprise, NDLR), il a dégagé une plantureuse plus-value sur les 50% qu’il détenait déjà dans Modelo. Plus-value non taxée, mais aussi non réalisée puisqu’il entend bien conserver ses parts. Une réévaluation de pure forme, en somme. Du coup, son taux d’imposition effectif est plus faible qu’en réalité, à 11,1%. La raison pour laquelle dans son cas il est plus correct de retenir le taux d’imposition effectif normalisé, c’est-à-dire après avoir gommé l’impact de ce bénéfice purement théorique sur Modelo. Au final, il affiche dès lors un taux de 16,6%. Ce qui ne change pas, c’est qu’il a payé 2,01 milliards de dollars d’impôts (1,68 milliard d’euros).

♦ GDF Suez

Le groupe français a choisi de procéder l’an dernier à d’importantes dépréciations d’actifs, ce qui a précipité son résultat net dans le rouge à hauteur de 8,7 milliards d’euros. Comme celles-ci étaient non déductibles, il a tout de même dû payer 727 millions d’impôts, malgré sa perte. On comprend dès lors qu’à Paris, on préfère évoquer le taux d’imposition récurrent, qui s’est élevé à 34,6% l’an dernier, en hausse par rapport aux 32,4% de 2012.

Elia

Un crédit d’impôt reporté a été pris en compte en 2012, une opération "one shot" qui a allégé la charge d’impôt de l’opérateur de réseau. Sans cela, Elia aurait payé 55,2 millions d’euros d’impôts cette année-là au lieu de 16,2 millions, ce qui lui aurait valu un taux d’imposition de 26,3%.

Colruyt

D’une année à l’autre, le distributeur de Halle se distingue par… une remarquable stabilité! Son taux d’imposition fluctue très légèrement, à 29,6% contre 29,8% en 2012.

Delta Lloyd

En 2012, le groupe financier néerlandais a bénéficié d’un gros paquet d’impôts différés actifs, grâce auquel sa charge d’impôts s’est retournée pour devenir un remboursement (+ 533 millions d’euros). L’an dernier, il a de nouveau bénéficié d’un stock d’impôts différés actifs, mais moins épais: 156,5 millions d’euros. Cela lui a tout de même permis d’abaisser considérablement sa charge d’impôts, revenue de 179,7 à 34,1 millions d’euros.

UCB

En 2012, le groupe pharma affichait un faible taux d’imposition (13,3%). Celui-ci s’expliquait par "une proportion importante de pertes enregistrées dans une juridiction où l’impôt est plus élevé".

bpost

Détail étonnant, si bpost a payé nettement plus d’impôts en 2013, c’est entre autres à cause de la voracité de ses actionnaires d’avant l’entrée en Bourse, à savoir le fonds d’investissement CVC Capital et l’Etat belge. Au début juin 2013, en effet, bpost a été "invitée" à leur verser un dividende exceptionnel de 53 millions d’euros.

Pour ce faire, la société a pompé dans ses réserves immunisées. La double mesure lui a coûté un supplément d’impôts de 17,6 millions d’euros.

KBC

Le groupe financier flamand a réalisé une perte substantielle sur sa filiale irlandaise en 2013, sans enregistrer de récupération d’impôt sur celle-ci. Cela a eu pour effet de gonfler son taux d’imposition global par rapport à 2012.

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