Les résultats en repli à Wall Street, pour la première fois en 6 ans

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Selon des données compilées par Bloomberg, les résultats des entreprises ont baissé de 1,8% au 2e trimestre. C’est la première fois depuis la mi-2009 que cela arrive.

La saison des annonces de résultats trimestriels des sociétés approche de son terme à Wall Street. Cette fois, le doute n’est plus permis: il n’y aura pas de 23e trimestre d’affilée de croissance positive pour les bénéfices des entreprises composant l’indice S&P 500.

-1,8%
Les bénéfices ont reculé de 1,8% en moyenne au 2e trimestre à Wall Street. Le secteur des entreprises actives dans l’énergie est le principal responsable de cette performance négative, la première depuis la mi 2009.

Selon des données compilées par Bloomberg, les résultats finaux accusent une baisse moyenne de 1,8% au 2e trimestre par rapport à ceux engrangés lors de la période correspondante de 2014. Les chiffres d’affaires ont, de leur côté, reculé de 4,2% en moyenne. Si l’on sait que de la santé des affaires des entreprises dépend de l’évolution des cours de leurs actions, il n’est alors pas étonnant que sur cette période, l’indice S&P 500 ait fluctué dans une bande fort étroite inférieure à 100 points.

La faute au pétrole

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Les performances réalisées par les entreprises ont de quoi surprendre et même décevoir, alors que l’environnement économique des états-Unis compte actuellement parmi les plus favorables au monde. Le secteur des sociétés actives dans l’énergie (gaz et pétrole) est en fait le principal responsable de cette déception. Ce secteur, qui constitue un poids lourd de la cote américaine, a subi une baisse drastique de ses profits trimestriels dans la foulée de la chute des prix du pétrole. Entre le 2e trimestre de 2014 et celui de cette année, le cours moyen du baril de WTI a plongé de 44% à 57,93 dollars.

Exxon a, dans ce contexte, vu ses performances bénéficiaires s’effondrer de 48%, Chevron de 76% et ConocoPhilips de 95%. Chez Chesapeake, les chiffres ont carrément viré au rouge.

Les fournisseurs de services à ces groupes énergétiques, comme Schlumberger (-36%) et Halliburton (-51,5%), ont bien entendu souffert des moindres performances subies par le secteur.

Les secteurs gagnants

Cela dit, sur les 473 sociétés de l’indice S&P 500 qui ont publié à ce jour leur résultat pour le 2e trimestre, 293 sont tout de même parvenues à améliorer leurs chiffres. Si l’on ne tient pas compte de ceux communiqués par le secteur de l’énergie, Bloomberg a calculé que les profits sont alors en progression de 5% en moyenne et les chiffres d’affaires de 1,1%.

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Parmi les secteurs gagnants, celui de l’automobile a vu ses profits grimper de plus de 30%. Grâce notamment aux ventes soutenues de camions qui ont permis, chez Ford par exemple, d’atteindre des résultats historiques. Tranchant avec le pessimisme affiché par le fabricant d’engins de chantier Caterpillar généralement considéré comme un des baromètres économiques aux USA, la bonne santé de la branche camions de ces constructeurs auto reflète celle de l’économie américaine. Les belles affaires réalisées par les constructeurs de maisons particulières, pour qui les profits ont bondi de 30 à 90%, confortent ce sentiment.

Caterpillar souffre, outre de la hausse du dollar face aux principales devises mondiales, d’une moindre demande en provenance des groupes miniers qui, face à la baisse des prix des matières premières, réduisent leurs dépenses.

Autre secteur performant, mais dans une proportion moindre qu’à l’accoutumée, le secteur technologique a vu ses profits croître à un rythme moyen inférieur à 10%. Il a été négativement marqué par la baisse, pour le 13e trimestre de suite, des ventes chez IBM (en partie à cause du dollar) et de la croissance ralentie du nombre de nouveaux utilisateurs chez Twitter, largement compensée par celle en hausse de Facebook, dont le groupe vient d’intégrer le Top 10 des plus grosses capitalisations boursières au monde.

Les résultats ont peu évolué du côté des banques, (+ 3,7% en moyenne). Dans les télécoms, la croissance s’est élevée à 11,1% et dans la pharma de 13%.

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