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Les transactions sur les PME plus chères

Ce sont les PME qui seront pénalisées par cette décision

Euronext baissera en novembre ses tarifs pour les transactions sur des titres du Bel20 et les augmentera de 25 cents pour les PME.

Soumise à une rude concurrence, NYSE Euronext a décidé de s’aligner sur les tarifs de Chi-X. Dès le mois de novembre, les transactions sur les titres du Bel20 vont coûter moins cher. En particulier pour les intermédiaires les plus actifs sur ceux-ci. Des acteurs comme Deutsche Bank, Crédit Suisse, Morgan Stanley, Getco et Citadel vont donc bénéficier d’une nouvelle tarification plus avantageuse. Par contre, le reste de la cote bruxelloise va coûter 25 cents de plus par transaction. Vincent Van Dessel, CEO d’Euronext Bruxelles, a indiqué qu’il s’agissait ici d’une légère augmentation. "Par rapport au coût total d’une transaction, cette augmentation reste marginale" souligne -t-il. "De plus, il faut rappeler que depuis la fusion avec Euronext il y a dix ans, les coûts de transactions ont été divisé par trois" ajoute-t-il. Ceux-ci sont en effet passés de 1,53 euro à 40 cents sur cette période, selon lui. Une hausse de 25 cents représente donc un bond de 62,5 %!

Désintérêt pour les PME

Sur les 162 valeurs cotées à Bruxelles, 67 vont donc voir leurs coûts de transaction augmenter de 25 cents à partir du mois de novembre. Parmi ces valeurs, on retrouve les 9 sociétés cotées sur Alternext, les 26 du Marché Libre, et 32 sur le marché réglementé, comme Solvac par exemple. Toutes les sociétés cotées en continu sont exemptées de cette augmentation. "Les apporteurs de liquidités ne paieront rien en plus et cela reste ainsi" indique Van Dessel.

Du côté des intermédiaires belges, cette décision ne fait pas plaisir. "Nous ne sommes pas très contents de cette augmentation. Cette évolution nous préoccupe car elle rend plus chère la négociation des valeurs de PME" déplore Marc Janssens, porte-parole de Petercam. Il indique toutefois que l’impact d’une telle mesure sera neutre pour la société de Bourse. Logiquement, les intermédiaires les plus actifs sur les PME devraient se retrouver pénalisés par cette tarification.

"C’est une catastrophe pour le tissu industriel belge. Cette décision remet en cause le bien fondé de la stratégie d’Euronext Bruxelles" s’indigne un acteur du marché.

La nouvelle tarification devra se répercuter en outre sur les tarifs des intermédiaires pour la clientèle. Chez Dexia, un porte-parole nous a indiqué que la banque n’avait encore pris aucune décision en la matière, mais qu’elle étudie la question. Vincent Van Dessel précise que par cette nouvelle politique, "Euronext a voulu éliminer les différences de coûts de transactions entre l’exécution pour les clients et l’exécution pour compte propre" indique-t-il.

Cette décision va surtout détourner l’intérêt des investisseurs pour les PME. Déjà pénalisées par un manque de liquidités, celles-ci vont devoir composer avec une tarification plus élevée. En revanche, les titres les plus traités devraient logiquement gagner en volumes de transactions.

Des PME trop chères pour la Bourse

Une récente étude de la Fédération des Bourses européennes soulignait que 95 % des revenus du trading des Bourses proviennent des transactions des titres les plus liquides, qui ne représentent que 10 % de leur cote. Avec la concurrence des plateformes électroniques comme Chi-X, ces revenus se sont retrouvés sous pression. Rappelons que la part de marché d’Euronext a chuté à 67 % sur le Bel20. Chi-X traitait 23,8 % des volumes, selon les statistiques de Fidessa arrêtées à vendredi.

Cette évolution rend par conséquent les transactions sur les PME plus coûteuses pour les Bourses. Fabrice Demarigny, l’ancien secrétaire du CESR, et avocat chez Mazars, avait craint récemmement que cela ne pousse les Bourses à se séparer de ses PME. Une bien triste évolution. 

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