Londres souffre plutôt des taux que des remous du Brexit

La construction pourrait souffrir de taux plus élevés. ©BELGAIMAGE

La devise britannique est l’arbitre des actions cotées à Londres. Le Brexit a donc un effet positif à court terme, tandis que la hausse attendue des taux pèse.

La Bourse de Londres pâtira-t-elle des derniers rebondissements dans le dossier du Brexit? Après la démission des ministres favorables à un "hard Brexit", le FTSE 100  est resté à la traîne mardi, par rapport aux autres principaux indices européens.

Pourtant, paradoxalement, les soucis du gouvernement britannique pourraient soutenir la Bourse de Londres, à tout le moins provisoirement. Comme on l’a vu lundi, l’instabilité politique peut affecter la livre sterling: lors de la démission du ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, la devise britannique a chuté face au dollar.

Or, 70% du chiffre d’affaires des sociétés reprises dans l’indice FTSE proviennent de l’étranger. Une hausse du dollar est donc bénéfique pour les revenus de ces entreprises.

En outre, Bank of America Merrill Lynch  estimait récemment que les actions britanniques étaient "bien positionnées dans le contexte d’une fin de cycle" économique, compte tenu de leur "qualité plus élevée et de leur exposition aux matières premières". Bon nombre de valeurs minières cotées à Londres fluctuent en fonction du cours de l’or, investissement prisé en fin de cycle.

La banque d’affaires souligne aussi les valorisations attrayantes des valeurs britanniques, compte tenu d’un rendement du dividende estimé à plus de 4%, ainsi que la sous-pondération en actions du Royaume-Uni depuis deux ans à cause de la perspective du Brexit.

Mais n’est-il pas trop tard pour miser sur le FTSE 100? L’indice vedette de la Bourse de Londres a atteint un sommet historique en clôture le 22 mai dernier, à 7.877,45 points. Actuellement, il évolue 2% plus bas que ce record. Les investisseurs interrogés par Reuters le mois dernier ne voient pas l’indice britannique retrouver ce point culminant à cause des perspectives de croissance moins soutenue à l’avenir. Les turbulences autour de la négociation du Brexit incitent aussi à la prudence, selon eux. Ils anticipent dès lors un indice FTSE aux alentours de 7.800 points en fin d’année.

Compte tenu de l’importance du cours de la livre sterling pour les multinationales cotées à Londres, la politique monétaire britannique aura un effet important sur les performances de leurs actions. Des taux directeurs plus élevés sont de nature à faire remonter la devise britannique, ce qui affecterait les revenus provenant de l’étranger.

Or, la Banque d’Angleterre envisage de resserrer la vis monétaire lors de sa prochaine réunion, le 2 août prochain… Lors de sa dernière sortie, le 21 juin, le comité de politique monétaire de la Bank of England avait fait part d’un vote plus serré que prévu en faveur du statu quo sur les taux directeurs. Ce que les marchés avaient immédiatement interprété comme la promesse d’un relèvement de ces taux en août.

Ce jour-là, l’information avait soutenu la livre sterling et affecté l’indice FTSE 100. En particulier, les valeurs du secteur de la construction avaient dévissé, des taux plus élevés impliquant le risque de voir les candidats à un emprunt hypothécaire renoncer à leurs projets.

Actuellement, d’après les contrats à terme sur les taux britanniques, la probabilité d’un resserrement monétaire dans moins d’un mois est supérieure à 70%. Le principal taux officiel du Royaume-Uni passerait ainsi de 0,5% à 0,75%. De quoi affecter à nouveau la Bourse?

TC Icap victime du Brexit

La société britannique de courtage TP Icap a plongé de plus de 35% en Bourse mardi après avoir indiqué que son résultat opérationnel 2018 serait inférieur aux attentes, en raison principalement de coûts liés au Brexit. Le groupe, qui met en relation des acheteurs et vendeurs sur les marchés financiers, de l’énergie et des matières premières, a dit prévoir des coûts de 25 millions de livres en 2019 en lien avec le Brexit, l’évolution de la réglementation et les dépenses de sécurité informatique.

Le titre TP Icap a perdu la moitié de sa valeur depuis la mi-février. En plus des coûts liés au Brexit et aux nouvelles obligations de transparence, le groupe a pâti de la baisse de la volatilité sur les marchés. Ses difficultés contrastent avec la bonne santé du reste de l’ex-Icap, la société fondée par Michael Spencer, étoile montante du Parti conservateur, aujourd’hui recentrée sur le trading électronique sous le nom de NEX Group.

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