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Nyrstar refrôle le statut de "penny stock"

©Nyrstar

La chute de Boliden à la Bourse de Stockholm rappelle aux investisseurs les difficultés financières du groupe Nyrstar.

Plus rien ne va pour l’action Nyrstar à la Bourse de Bruxelles. Suite au retrait d’un objectif de cours par un analyste, l’action de ce spécialiste du traitement du zinc Nyrstar a renoué de plus belle avec la chute. Ce mercredi, elle était tombée à 1,47 euro, lâchant 24,87% sur la séance. Elle se rapproche un peu plus du statut de "penny stock", ces actions ainsi appelées parce qu’elles cotent sous 1 euro.

Ce ne sera pas la première fois, si cela devait survenir, que l’action Nyrstar "gagnera" ce statut. Pour mémoire, elle avait déjà été échangée sous ce statut en Bourse en 2016. Pour en sortir, la société avait décidé au cours du mois de juin de la même année de procéder à un "reverse stock splits". C’est-à-dire à un regroupement par 10 des actions.

Cette fois, le coup de froid est venu du nord de l’Europe. La chute de plus de 10% de l’action Boliden à la Bourse de Stockholm est en effet ce qui a donné le coup d’envoi à la chute de l’action Nyrstar. Boliden, qui a des activités d’extraction, de transformation et de vente de métaux et de produits minéraux, a fait part de résultats opérationnels près de 5% inférieurs à ce que les analystes attendaient. Cette donnée décevante a rappelé aux investisseurs qu’il n’y a pas lieu de s’attendre à des chiffres très encourageants pour Nyrstar la semaine prochaine.

Le groupe belge publiera ses résultats pour les 9 premiers mois de 2018 le 30 octobre.

Entre zéro et 9,4 euros

L’annonce par l’opérateur suédois de ses prévisions d’investissements pour 2019 nettement supérieures aux estimations de certains analystes, inquiète. Elle fait craindre, en particulier parmi les analystes de Citigroup, le risque d’un gonflement de sa dette. Il pourrait mettre en péril l'intégralité du dividende chez Boliden et surtout le rating de sa dette financière.

Chez Nyrstar qui est noté "CCC" chez Standard & Poor’s, il n’est pas vraiment question de dépenses d’investissements. Ni de dividendes qui n’ont plus été attribués à ses actionnaires depuis 5 ans déjà. Et cela tant son passif est déjà lourd. Le groupe lutte au contraire pour réduire son niveau d’endettement et assurer ainsi sa survie.

Va-t-il réussir dans cette œuvre? "Dans le pire des cas, l’action Nyrstar peut tomber à zéro", écrivaient mardi les analystes de Morgan Stanley. "Dans le meilleur scénario, elle peut valoir 9,42 euros", ajoutaient-ils. Comme plongés dans le brouillard, ces analystes ont retiré leur objectif de cours sur l’action, tout en accordant le rating de "neutre", voire d’"attractif" sur l’action Nyrstar. "Compte tenu du manque de visibilité sur les bénéfices de Nyrstar, sur les progrès de Port Pirie et le niveau élevé de la dette nette (dette moins la trésorerie), nous n’avons pas assez d’éléments et de conviction sur la trajectoire de revenus de Nyrstar pour lui attribuer un objectif de cours."

Sur le marché des obligations, certains investisseurs osent croire que Nyrstar remportera cette partie difficile. D’autres se montrent plus perplexes. Sa dette (coupon de 8,5%), qui doit faire l’objet d’un remboursement en septembre 2019, cote encore bien au-delà de ses plus bas historiques (76,5% de sa valeur faciale en juillet 2015). Il reste que depuis 9 jours elle ne cesse de reculer. Pour revenir à 84,6%.

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