Ontex n'est-il pas le bienvenu dans le Bel 20?

Pour les gestionnaires du Bel 20, D’Ieteren répondait encore fin janvier aux principaux critères pour y garder son siège. ©Dries Luyten

Contre toute attente, la composition du Bel 20 n’a pas été modifiée lors de la révision annuelle. Euronext Bruxelles songe à "affiner" ses règles pour faire partie de la composition du Bel 20.

Contre toute attente, le Comité des indices de la Bourse de Bruxelles n’a décidé d’aucune modification dans la composition de l’indice Bel 20. La nouvelle a en a surpris plus d’un dans les coulisses des marchés, alors que l’on avait misé sur une sortie de D’Ieteren au profit d’Ontex . La valeur des actions Ontex pouvant être échangées à la Bourse de Bruxelles — ce que l’on nomme le "capital flottant" de la société — était largement supérieure à celle de D’Ieteren, à la clôture de la séance du 30 janvier. C’est cette valeur que les gestionnaires de l’indice prennent en compte pour décider d’une modification.

Ontex (re)doublé par… D’Ieteren

Fin janvier donc, le "capital flottant" d’Ontex s’élevait à 1,251 milliard d’euros. Ontex affichait du coup le 17e plus important "capital flottant" du Bel 20. "Et la règle veut, avait précisé un responsable du marché bruxellois, que l’on sélectionne d’office les 18 sociétés ayant le plus gros gabarit en termes de capital flottant, tandis que les deux derniers sont dans la balance."

→ Ontex était donc appelé à entrer dans le Bel 20. Et un membre de l’indice devait inéluctablement céder son fauteuil. Il s’agissait de D’Ieteren, propriétaire de Carglass. D’Ieteren, dont la valeur du "capital flottant" s’élevait à 712,26 millions d’euros fin janvier. Soit 6 millions de plus que les 706 millions exigés pour rester. Pour rester dans le Bel 20, la capitalisation boursière du "capital flottant" d’une entreprise doit valoir au moins 200.000 fois le niveau du Bel 20 à la clôture de la dernière séance de janvier (3.530,31 points).

Commentant la décision adoptée hier par le Comité des indices, Alain Baetens, responsable des introductions de sociétés dans le Bel 20, explique que "bien que se trouvant plus loin que la 22e place, D’Ieteren pouvait conserver son siège dans le Bel 20, vu que la société répondait aux deux principaux critères".

Allées et venues

Ce n’est pas la première fois que D’Ieteren, qui vaut aujourd’hui à peine 60 millions d’euros de moins qu’Ontex en Bourse, est menacé de sortie. Avant d’y être revenu le 19 mars 2012, le titre l’avait déjà quitté six ans plus tôt, le 2 mars 2006.

L’explication de ces allées et venues de D’Ieteren dans l’indice tient au fait que son "capital flottant" est trop faible. À peine 45% de ses actions peuvent en effet faire l’objet d’échanges en Bourse. Ce pourcentage est deux fois plus élevé pour Ontex.

Pour éloigner le risque d’une sortie de D’Ieteren, il faudrait que la société augmente le nombre de ses actions pouvant être traitées en Bourse. Ou que les responsables d’Euronext Bruxelles assouplissent l’un ou l’autre des critères pour conserver sa place dans le Bel 20. Comme celui de la "vélocité" (nombre minimum de titres devant avoir fait l’objet d’une transaction). Ce sur quoi pourraient se pencher les responsables d’Euronext dans un avenir proche, avance Alain Baetens. "Ce ne sera pas une révolution. Simplement, on chercherait à affiner nos règles", dit-il.

Réaction appréhendée

Ce n’est pas la première année que le Bel 20 ne subit pas de modification au sein de sa composition. Cela s’était déjà passé en 2010. Le problème, c’est que des gestionnaires, en particulier ceux qui dupliquent la composition du Bel 20, avaient anticipé cela. L’action D’Ieteren avait perdu 9% en moins de deux séances avant le 30 janvier. Ontex par contre a gagné 16% depuis lors. La décision inattendue d’Euronext Bruxelles connue depuis hier soir risque d’abasourdir les actionnaires d’Ontex ce vendredi…

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