Peugeot fait la course en tête dans son secteur en Europe

L'usine Citroen (PSA) de Rennes ©AFP

Le secteur automobile manque de punch cette année en Bourse. Les raisons sont multiples. Une poignée d'actions arrivent à se distinguer favorablement.

PSA Peugeot Citroën  tient la forme sur les marchés boursiers. L’action du constructeur automobile français réalise à ce jour la meilleure performance dans son secteur en Europe. Elle affiche un gain de 33,8% depuis la fin décembre 2017.

Belle prouesse pour un groupe qui revient de loin. Il y a à peine 4 ans, il était donné moribond, juste avant que la France sous l’ère de François Hollande et la Chine ne lui portent secours et le tirent du trou financier. Ces deux pays sont entrés dans son capital à hauteur de 12,2% chacun.

Depuis, sous la houlette de Carlos Tavares, ex-n°2 de Renault, PSA Peugeot Citroën s’est attelé à renforcer sa santé financière. Il a acquis des mains de l’Américain General Motors l’Allemand Opel qui vient tout juste de renouer avec les bénéfices après 18 années de pertes. Qui plus est, s’étonnent les analystes d’Evercore, "le constructeur s’offre le luxe de produire une marge opérationnelle courante de 8,5%, plus en ligne avec les premiums allemands".

Une valeur "euro"

La santé étincelante de Peugeot en Bourse tranche avec la petite mine qu’affichent la plupart des autres constructeurs. À l’exception de celles du constructeur de bolides de luxe Ferrari (+ 31,5%)  et de Fiat Chrysler (+ 10,6%), toutes les actions des groupes automobiles européens reculent depuis la fin de 2017. Les pertes vont de -6% pour BMW  à -18,1% pour Porsche .

Le redressement en cours des affaires chez Peugeot ces dernières années justifie en partie le bon comportement de son action. Une justification qui convient d’ailleurs aussi à celle de Fiat Chrysler. Avant l’arrivée de Fiat dans son capital il y a dix ans, l’Américain Chrysler avait frôlé la banqueroute.

Par ailleurs, avec 65% de ses ventes réalisées en Europe (contre 40% pour Renault par exemple), Peugeot tient actuellement un avantage sur la plupart de ses concurrents. Il est en effet moins confronté aux variations des devises internationales. Renault qui effectue 28% de ses ventes en Russie (via Avtovaz/Lada) a dû faire face à une baisse de 17% du rouble depuis janvier 2017. Bien davantage que Peugeot, Renault est aussi présent en Iran où il réalise 10% de ses ventes. Si Peugeot a décidé de se retirer de l’Iran, Renault par contre y restera actif. Il s’expose du coup à des mesures de rétorsion de la part des Etats-Unis.

Qui sait, Renault, qui publiera ses résultats ce mercredi, sera malgré tout en mesure de surprendre les investisseurs. Il ne lui faudrait en réalité pas grand-chose pour y arriver, alors que son action ne manque pas d’attrait. Son cours à la Bourse de Paris représente à peine 0,6 fois la valeur comptable de la société par action. En comparaison, ce ratio est de 1,4 pour Peugeot de 1,04 pour BMW et Daimler.

Outre qu’il affiche un rendement supérieur de 5%, le titre Renault s’échange à moins de 5 fois les bénéfices par action attendus en 2018. Tout comme celui de Fiat Chrysler.

Tarifs douaniers US

Autre avantage non négligeable par les temps qui courent, Peugeot et Renault sont absents du marché américain. Ce n’est pas le cas des constructeurs allemands qui, même s’ils produisent de plus en plus sur le continent américain, exportent une part encore importante de leur production vers les Etats-Unis.

La menace d’une hausse sensible des tarifs douaniers américains pèse sur ces exportations, et donc sur les bénéfices futurs. Et par un effet de ricochet sur les cours de leurs actions à la Bourse de Francfort. "Personne ne sait quel sera l’impact de la guerre commerciale et des différentes difficultés auxquelles nous aurons à faire face au second semestre", déclarait Patrick Koller, le patron de l’équipementier automobile français Faurecia, lors de la publication vendredi dernier des – bons – résultats engrangés par le groupe au premier semestre.

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