Peur sur le dividende, l'action Bekaert dégringole

Le marché craint que le tréfileur ne revoie son dividende à la baisse... Même si Bekaert n'est absolument pas coutumier du fait.

Jeudi, dans un premier temps, le cours de Bekaert a résisté à l’annonce de la restructuration de ses activités. Mais en milieu de matinée, il a connu un important accès de faiblesse. En abandonnant jusque 13% en session, l'action a même enregistré sa plus forte dépréciation depuis le 29 juillet dernier. Jeudi, l'action a terminé sur un recul de 11,63%. Vendredi, elle poursuivait son recul et cédait encore plus de 6,5% en fin d'après-midi.

Il peut sembler curieux que des mesures prises pour ajuster la structure de coûts et optimaliser le positionnement de l'entreprise sur les marchés fassent chuter la valeur d'un titre.

Mais Bekaert n'a pas tant surpris par l'envergure de sa restructuration, que par le message sous-jacent à cette refonte: la fermeture sèche des activités de fils à scier en Belgique. A priori, ce plan n'augure pas de rapide sortie de crise.

Aux yeux des investisseurs, ces licenciements actent en quelque sorte la mort des marchés photovoltaïque et des fils à scier. Une dégradation rapide et sans précédent qui a obligé Bekaert à prendre des mesures drastiques. Or, les parts de marché du tréfileur sur ce segment étaient estimées à plus de 30%. En plus, les charges liées à ce plan et les coûts de réalisation n'ont pas été mentionnés, ni dans le communiqué, ni lors de la conférence de ce jeudi matin, mais pourraient graviter autour de 60 millions d'euros.

Le segment des fils à scier n'est pas le seul à péricliter, les autres marchés éprouvent de sérieuses difficultés également. Les mesures prises par Bekaert ont donc clairement pour but d'assurer la rentabilité du groupe sur le long terme.

Autre facteur qui a certainement contribué à faire plonger le cours de Bekaert: les craintes autour du maintien du dividende. En 2010, l'entreprise avait relevé son coupon, de 0,98 à 1,68 euro, lors d'une révision de ses objectifs bénéficiaires sur le long terme. Ces objectifs ne seront à l'évidence pas atteints. Le marché s'inquiète donc de voir le dividende faire machine arrière. Même si, historiquement, Bekaert n'a jamais eu pour coutume de le diminuer.

Pourtant, un effort des actionnaires apparaît comme logique. En partant du principe que la rémunération des actionnaires était entre autres basée sur les larges marges du marché des fils à scier et que ce segment porteur s'est dégonflé plus vite que prévu, une petite intervention des détenteurs du titre reste possible...

Pendant 7 ou 8 ans, Bekaert s'est appuyé sur un rythme de croissance soutenu qui dorénavant s'essouffle. Le groupe n'abandonne pas pour autant les investissements. Son capex reste  supérieur de 100 millions à son seuil de maintenance technique et les projets visent l'Amérique latine, l'Inde, la Russie, etc.

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