Picanol et Tessenderlo prudents pour 2018

Luc Tack, CEO de Picanol et de Tessenderlo. ©Thomas De Boever

Les résultats et, surtout, les prévisions des deux sociétés sœurs n’ont pas reçu un bon accueil en Bourse. Picanol multiplie pourtant son dividende par deux.

Les investisseurs n’ont guère apprécié les résultats de Luc Tack. Ce dernier est à la fois le patron de Picanol  et celui de Tessenderlo , deux sociétés qui ont publié des résultats décevants pour 2017 et, surtout, des perspectives particulièrement prudentes pour 2018, ce qui est loin d’enthousiasmer le marché. Les actions des deux groupes belges ont logiquement reculé en Bourse de Bruxelles.

Tessenderlo a annoncé un résultat opérationnel récurrent (rebitda) de 183,3 millions d’euros pour l’année dernière, ce qui représente une baisse de 6,2% par rapport à 2016, alors que le groupe de chimie comptait sur une stabilité de ce poste de son bilan. Même en faisant abstraction d’effets de change négatifs, ce rebitda aurait diminué de 4,9%.

Apport divisé par trois

Les prévisions du spécialiste des fertilisants agricoles ne sont pas davantage encourageantes. Il anticipe une stabilité du résultat opérationnel récurrent, "bien que cela dépende du taux de l’euro face au dollar et des prix des matières premières", avertit le producteur de gélatine, tout en insistant sur "l’environnement politique, économique et financier volatil".

Tout cela a conduit la banque Degroof Petercam à réduire son objectif de cours pour le titre Tessenderlo de 42 à 37 euros. Elle maintient toutefois sa recommandation à "conserver" car, à long terme, cela reste un investissement pertinent, même si ça met de plus en plus longtemps à se concrétiser.

La réforme de Tessenderlo n’a pas aidé Picanol. La société yproise détient 36,3% du groupe industriel via sa société Verbrugge, ce qui en fait le principal actionnaire de référence de Tessenderlo. Le bénéfice après impôt de Picanol a atteint 91,64 millions d’euros l’année dernière, en hausse de 3,69% par rapport à l’exercice 2016. Mais Tessenderlo n’y a contribué qu’à concurrence de 10,074 millions, contre 31,342 millions un an plus tôt. L’apport du producteur de conduites plastiques industrielles a donc été divisé par trois.

Picanol se montre très prudent pour cette année. Au premier semestre, le spécialiste des métiers à tisser industriels s’attend à un chiffre d’affaires en ligne avec celui des six premiers mois de 2017. Mais il faut aussi "tenir compte d’un impact futur négatif de la hausse des prix des matières premières", nuance le groupe d’Ypres qui dit rester "prudent", en tant qu’entreprise "orientée vers l’exportation dans une économie mondiale volatile". Une prudence "habituelle", juge KBC Securities  qui maintient sa recommandation à "accumuler" et son objectif de cours à 115 euros, compte tenu du carnet de commande "bien rempli" du pionnier du tissage industriel.

Petit baume au cœur des actionnaires, Picanol compte multiplier son dividende par deux à 0,20 euro brut par action. Tessenderlo, lui, n’en versera pas, comme depuis 2014.

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