Portrait-robot des sociétés familiales, possibles candidates à une sortie de la Bourse

L’entrepreneur liégeois Moury Construct affiche les qualités nécessaires à un rachat total de ses actions par ses principaux actionnaires. ©doc

Il a suffi de trois annonces de retrait de la cote d’entreprises familiales en un court laps de temps, pour que les paris sur d’autres opérations de ce type fusent de toutes parts.

Si certaines de celles-ci risquent bien d’avoir lieu, ce serait toutefois faire fausse route que d’imaginer que toutes les sociétés à caractère familial sont destinées à quitter le périmètre de la Bourse de Bruxelles. À l’instar de CMB , Pairi Daiza ou de Spadel .

Lotus Bakeries, Kinepolis, Sioen, Moury Construct, Jensen, Roularta, GBL , Sofina , Exmar, Euronav ou encore AB InBev pour ne citer qu’eux, n’ont pas nécessairement vocation à quitter la cote.

Cela dit, les 3 décisions de retrait de la Bourse fraîchement annoncées permettent de brosser un rapide "portrait-robot" des sociétés familiales qui pourraient être tentées par une sortie du marché.

À moins d’une offre d’achat de la part d’un plus gros acteur qu’eux, on peut penser que les chances d’assister au retrait de la Bourse de groupes tels que GBL, Lotus Bakeries, Euronav et d’AB InBev sont quasi inexistantes. Pour la simple raison que la facture pourrait être trop lourde à supporter par les actionnaires familiaux. La société candidate idéale à une reprise par les actionnaires familiaux a en fait une valeur boursière inférieure au milliard d’euros.

En outre, moins de 50% de ses actions circulent sur le marché. Cette société dispose encore de peu de dettes, et si possible d’une belle trésorerie. Celle-ci permettrait aux acquéreurs de se rembourser, en partie du moins, une fois l’opération de reprise terminée, en s’octroyant un dividende exceptionnel à l’instar de ce qu’a fait Duvel-Moortgat en 2012. 

 

Kinepolis[[urn:issue:60115792]]

La valeur de cet opérateur de salles de cinéma, fondé il y a tout juste 40 ans par la famille Bert, approche le milliard d’euros. C’est sûr que sa trésorerie de 29 millions d’euros à fin 2014 ne suffira pas à l’aider à racheter les minoritaires (47%).

Roularta

S’il n’y avait pas cette lourde dette (119 millions d’euros), Roularta afficherait les qualités idéales pour un éventuel rachat par les actionnaires familiaux. Moins de 24% de ses actions sont cotées. Roularta vaut 216 millions et se traite à 0,6 fois sa valeur comptable.

Picanol

Le spécialiste des machines à tisser s’est tourné vers la chimie en 2013 en acquérant 27,6% de Tessenderlo.En restant à la cote, Picanol (852 millions d’euros de valeur boursière) seréserve peut-être la possibilité de se financer pour d’autres acquisitions. Sinon, les actionnaires familiaux pourraient être tentés de ramasser les 10,7% des actions qu’ils ne possèdent pas.

Lotus[[urn:issue:60124581]]

Ce n’est peut-être pas le bon moment pour la famille Boone d’aller ramasser les actions représentant 35% du capital de Lotus Bakeries qu’elle ne détient pas.A l’heure où leur société caracole à des pics historiques en Bourse (1,37 milliard d’euros).De plus, elle pourrait bien avoir besoin de la Bourse pour assurer la poursuite de son expansion à l’étranger.

Moury Construct[[urn:issue:60124617]]

L’entrepreneur liégeois Moury Construct, qui vaut 52 millions d’euros, affiche les qualités nécessaires à un rachat total de ses actions par ses principaux actionnaires. Pas de dette et trésorerie fort étoffée (38 millions d’euros). Beaucoup s’interrogent sur l’intérêt de ce groupe familial de laisser 50% de ses actions à la cote.

Sioen[[urn:issue:60115817]]

Les affaires se portent mieux chez Sioen. Si ce producteur de vêtements de protection devait racheter les minoritaires (34%), cela coûterait aux principaux actionnaires près de 110 millions d’euros. Soit 20 millions de plus qu’il n’a en trésorerie. C’est réalisable. Sioen pourrait toutefois privilégier une réduction du niveau de ses dettes (120 millions d’euros).

Exmar[[urn:issue:60185174]]

Exmar a les atouts nécessaires pour pousser ses actionnaires familiaux à acquérir les actions qu’ils ne détiennent pas (47%). Ce transporteur de gaz par mer a moins de dettes que CMB, son ancienne maison-mère qui fait l’objet d’une offre de reprise, et détient une trésorerie 5 fois supérieure. Exmar vaut 583 millions d’euros en Bourse. CMB 541 millions.

Jensen Group

La situation financière de ce spécialiste dans l’équipement pour les blanchisseries industrielles (ex-IPSO-ILG) s’améliore. Sa trésorerie enfle, tandis que son endettement se réduit. Du coup, le cours de son action reprend de la hauteur, mais reste sous son niveau d’introduction en 1997(37,2 euros). Jensen Group vaut 159 millions d’euros.

Bois Sauvage

Le holding Compagnie du Bois Sauvage fait régulièrement l’objet de rumeurs de retrait de la Bourse. Des rumeurs qui ont pris de l’ampleur quand ses gestionnaires ont décidé de réduire le capital il y a quelques années. Au 10 septembre, KBC Sec. évaluait la valeur intrinsèque de ce holding à 336,7 euros par action. Celle-ci cotait alors 232 euros.

Van de Velde

Le leader dans le secteur de la lingerie de luxe et de mode Van de Velde cartonne pour l’heure, en Bourse. Il doit cette performance avant tout à des résultats jugés satisfaisants. 44% des actions de ce groupe familial circulent sur le marché. Van de Velde, qui vaut 720 millions d’euros en Bourse, a une position de trésorerie de 22,6 millions d’euros.

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