Pourquoi la biotech Acacia bourgeonne enfin en Bourse

©AFP

Après des débuts difficiles sur Euronext Bruxelles, Acacia Pharma semble enfin séduire les investisseurs. Et ce n'est pas un hasard.

C’est la benjamine (par ordre d’arrivée) des biotechs cotées à Bruxelles et sans doute aussi la plus discrète. Il faut dire que l’inscription d’Acacia Pharma sur Euronext Bruxelles s’est réalisée sans tambours, ni trompettes par la voie d’un placement privé réservé aux investisseurs institutionnels. Une opération qui ne fut pas un franc succès puisque c’est le prix du bas de la fourchette (3,6 à 4,6 euros) qui a finalement été retenu et que depuis sa première cotation début mars l’action a, la plupart du temps, évolué sous ce niveau.

Potentiel de hausse entre 22% et 33%

Depuis un plancher en clôture de 3,07 euros touché le 5 avril, le titre a rebondi de 22%. Il a été aidé en cela par des recommandations d’achat formulées par deux brokers, RBC Capital Markets et Degroof Petercam, avec des objectifs de cours respectifs de 4,40 euros et de 4,80 euros. Cela correspond à des potentiels de croissance de 22% et de 33% par rapport au cours de clôture de lundi (3,61 euros). Ce matin, le titre s'adjugeait 5,3% à 3,8 euros. Précision qui a son importance: ces deux établissements ont co-organisé l’introduction en Bourse d’Acacia.

Pour Stéphanie Put, analyste chez Degroof Petercam, le Baremsis, le produit-phare de cette biopharma anglo-américaine pourrait devenir un standard incontournable dans le traitement des nausées et des vomissements post-opératoires. Plus de 300 millions d’interventions chirurgicales ont lieu chaque année à travers le monde et en dépit de mesures préventives environ 30% des patients souffriront de nausées ou de vomissements.

Le Baremsis pour les opérations

Constitué à base d’amisulpride, le Baremsis a déjà démontré sa sécurité et son efficacité au cours d’essais cliniques de phase II et III et attend le feu vert de la FDA en octobre 2018. Stéphanie Put évalue les chances de succès de ce programme à 95%. En tenant compte d’un prix de 80 dollars par injection en mode curatif et de 40 dollars en mode préventif, l’analyste évalue le pic des ventes à 340 millions de dollars aux USA. Dans son objectif de cours de 4,8 euros, le Baremsis intervient pour 3,79 euros, soit 200 millions d’euros sur un total de 254 millions.

©Degroof Petercam

Grâce aux 40 millions d’euros levés lors du placement privé, Acacia met en place une structure de vente et de marketing pour lancer le Baremsis aux Etats-Unis. Le 11 avril dernier, elle a annoncé quatre engagements clés dans cet objectif. Pour la commercialisation en dehors des USA, elle envisage de nouer des partenariats.

L'APD403 pour les chimios

Acacia a un autre atout potentiel dans sa manche, l’APD403. Il s’agit encore d’un anti-vomitif mais qui, cette fois, cible des patients subissant une chimiothérapie. Le chemin à parcourir avant une éventuelle commercialisation reste cependant semé d’obstacles. Il doit encore passer par une phase II pour le dosage en 2019 avant de se plier à une ou plusieurs phases III.

A ce stade, l’analyste de Degroof Petercam estime ses chances de succès à 11,5% et un pic des ventes de 290 millions de dollars aux Etats-Unis. L’APD403 n’intervient que pour 0,16 euro dans l’objectif de cours, le solde (en plus du Baremsis) étant constitué des liquidités (0,85 euro). Elle précise que sa valorisation ne prend pas en compte les éventuels accords de partenariats pour la commercialisation de ces deux produits en dehors des Etats-Unis.

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