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Pourquoi le CAC 40 reste à la traîne du DAX

L'écart entre le Dax et la CAC 40 ne cesse de se creuser. Il n'a même jamais été aussi important. Explications.

L’écart entre les indices DAX 30 de la Bourse de Francfort et le CAC 40 de la Bourse de Paris n’a jamais été à ce point énorme. Parti, comme l’indice parisien à la fin de 1987, avec pour base 1000 points, le DAX 30 affiche une hausse de 560 %, 23 ans après sa création. L’avance du CAC 40 est moitié moindre, avec un gain de 283 % seulement. Il accuse donc un retard de 277 points sur son concurrent allemand.

Si les deux plus importantes crises qu’ont traversées les marchés mondiaux au cours des dix premières années de ce 21e siècle ont eu pour effet de réduire l’écart entre ces deux baromètres boursiers de ces deux pays, il reste qu’une fois les éclaircies de retour sur le front économique, l’indice allemand reprend de plus belle son envol. Au point qu’à ce jour, il ne lui reste plus qu’à progresser de 20 % et des poussières pour retrouver son niveau record de 8.105,69 points du 16 juillet 2007.

L’indice parisien a de son côté un effort beaucoup plus considérable à fournir. Il doit encore monter de… 80 %, pour arriver à égaler son record. Celui-ci remonte toujours au 4 septembre 2000, à 6922,33.

Six français dans le top 100 mondial

La sous-performance de l’indice du marché parisien face au DAX 30, surtout depuis la fin 2003 - c’est à cette époque qu’elle a commencé à apparaître de plus en plus nettement - fait bien évidemment la désolation des investisseurs actifs à Paris. Et cela, d’autant plus que, sur la période allant de 1988 à 2009, le produit intérieur brut (PIB) a davantage progressé en France qu’en Allemagne. La croissance du PIB français s’est élevée à 187 % sur cette période, alors qu’elle n’a été que de 166 % en Allemagne.

Le CAC 40 parvient en outre à inscrire six de ses membres dans le Top 100 mondial des plus importantes capitalisations boursières, contre un seul pour le DAX 30. Parmi les entreprises françaises, on trouve dans l’ordre d’importance Total, Sanofi-Aventis, GDF Suez, BNP Paribas, EDF, LVMH et L’Oréal. Dans l’indice allemand, Siemens est le seul représentant dans ce Top 100.

Le PIB allemand accélère la cadence

Mais voilà, si l’économie française a mieux performé sur l’ensemble de ces vingt dernières années, il faut bien reconnaître que depuis une petite dizaine d’années, la situation semble irrémédiablement s’inverser. L’économie hexagonale a tendance à perdre du terrain par rapport à sa concurrente allemande. En ne prenant en compte que les performances réalisées au premier semestre de cette année, on observe que le PIB français a crû deux fois moins vite qu’en Allemagne. Après 1,2 % au premier trimestre, il a augmenté de 1,70 % au deuxième trimestre. Pour l’Allemagne, ces pourcentages sont respectivement de 2 % et 3,70 %. 

Il n’est pas étonnant dans ce contexte que l’indice CAC 40 accuse du retard sur le DAX 30. Alors que le CAC 40 évolue pour le moment à ses niveaux de la fin de 2009, le DAX 30, lui, affiche un gain de 13 % depuis janvier.

Crises plus douloureuses pour le cac 40

"Après un démarrage difficile au début des années 1990, consécutif à la réunification du pays en 1989 sur la base de la parité monétaire, l’Allemagne a rapidement mis en oeuvre des réformes", explique Frédéric Buzaré, responsable de la gestion actions chez Dexia AM . "Ce dont l’économie de ce pays profite aujourd’hui, alors qu’en France, il manque toujours un consensus social pour les conduire".  Au niveau des entreprises, Buzaré estime que les dirigeants allemands ont aussi beaucoup mieux préparé que leurs collègues français l’arrivée de la Chine sur la scène économique mondiale. 

Dans le même temps, et toujours parmi les éléments qui ont défavorisé l’évolution de la Bourse de Paris, la crise des valeurs ‘TMT’(technologies, médias, télécoms) au début des années 2000, et la toute récente crise financière ont plus durement touché le CAC 40, plus fortement pondéré dans ces valeurs que l’indice allemand. Et cela, alors que le secteur financier français affiche, lui, une bien meilleure santé que celui en Allemagne.

Enfin, pour les amateurs de statistiques, on ajoutera que la grande forme de la Bourse de Francfort a pour conséquence que 80 % des actions qui composent le DAX 30 sont en hausse depuis le début de cette année, contre 65 % pour celles du CAC 40. Mieux, 20 % des locataires du DAX 30 évoluent pour le moment à un niveau record, contre 10 % dans l’indice de la Bourse de Paris.

 

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