Scandale des devises: nouveaux suspects

©BLOOMBERG NEWS

Goldman Sachs, Credit Suisse ou encore Société Générale complètent désormais la liste déjà longue des suspects de manipulation des changes. L'Etat de New York a ouvert une enquête sur plus de 12 banques.

Nouvelle enquête, nouveaux suspects. Depuis une dizaine d’années, des opérateurs trafiqueraient les arbitrages sur le forex, ce petit marché où sont échangés chaque jour quelque 5.300 milliards de dollars.

Une enquête internationale est déjà en cours. Jusqu'ici les noms de 7 grandes banques circulaient. Parmi ces enseignes: Citigroup, JPMorgan Chase, Barclays, Royal Bank of Scotland, UBS, Deutsche Bank ou encore HSBC.

De source proche du dossier, l'agence Reuters vient d'annoncer l'ouverture par les autorités financières new-yorkaises d'une enquête sur ces mêmes soupçons de manipulation. L'Etat de New York aurait ainsi demandé à plus d'une douzaine de banques de transmettre des documents sur leurs activités. Goldman Sachs, Credit Suisse, Société Générale et Standard Chartered seraient concernées.

Retour en 5 actes sur ce nouveau feuilleton bancaire:

Acte I

Mi-juin 2013. Des cambistes dénoncent des manipulations de taux de changes au sein des principales banques mondiales. De mèche avec des contreparties, des traders passaient des ordres pendant les 60 secondes nécessaires à la formation du taux. Et ce, pendant 10 ans... 

Dans la foulée, le gendarme anglais des marchés financiers, la FCA, lancent une enquête. Selon le Financial Times, la FCA a demandé des informations à plusieurs banques qui pèsent dans les échanges londoniens. Sont citées nommément Citigroup et de Deutsche Bank.

Ces banques approchées ont donc dû passer en revue leurs opérations effectuées dans le passé et les messageries instantanées de leurs cambistes afin d'identifier de possibles manipulations. 

Acte II

Début octobre. C’est au tour de la Finma, l'autorité helvétique de surveillance financière, d’annoncer une série d’enquêtes concernant de possibles manipulations des cours des devises étrangères. "Plusieurs banques sont potentiellement impliquées à un niveau international", indique la Finma.

UBS, numéro un de l’industrie bancaire suisse, se refuse alors à tout commentaire. Ironie du calendrier, la banque a toutefois licencié deux directeurs dans ses activités de devises à Zurich et New York.

Acte III

Mi-octobre. Le FBI lance une enquête criminelle sur les modalités d'arbitrage permettant la formation des taux de changes auprès de grandes banques. Les institutions américaines concernées n'ont pas été identifiées.

Entre-temps, UBS, Deutsche Bank, Royal Bank of Scotland et Barclays ont avoué faire partie des banques visées par les autorités.

1er novembre. Le voile se lève sur les présumés coupables US: Citigroup annonce aux autorités boursières qu'elle fait l'obje d'une enquête du FBI mais également d'autres juridictions. La banque a d'ailleurs pris les devant en interne, en licenciant un de ses cadres basé à Londres. De son côté, JPMorgan admet aussi être concernée. 

Acte IV

4 novembre. Le potentiel scandale financier des devises prend encore de l'ampleur. Le géant bancaire britannique HSBC révèle que "l'Autorité de Conduite Financière mène une enquête, aux côtés de plusieurs autres agences dans plusieurs pays concernant plusieurs entreprises, dont HSBC, liée aux échanges sur le marché des devises".

Mais l'honneur est sauf, les enquêtes sont préliminaires pour l'heure. D'ailleurs, comme pour ses homologues concernées, HSBC donne le change aux enquêteurs en fournissant toutes les informations nécessaires...

Acte V

Aujourd'hui. Le surintendant des finances de l'Etat de New York rejoint l'ensemble déjà bien fourni d'autorités financières et judiciaires qui enquêtent sur les pratiques des banques sur le marché des changes.

 

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