Statu quo à la Fed, qui laisse la porte ouverte à une hausse de taux en décembre

Jerome Powell, président de la Fed ©AFP

La banque centrale américaine a laissé sans surprise son principal taux inchangé. Même si elle pointe quelques faiblesses dans l’économie, elle a décidé de maintenir le cap.

"A dead meeting". Le moins que l’on puisse dire, c’est que la nouvelle réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) n’a pas déchaîné les passions. À l’image des indices américains, qui n’ont presque pas réagi peu après la publication du communiqué de la banque centrale.

En l’absence d’une conférence de presse post-réunion et d’une mise à jour des perspectives économiques, les investisseurs ne s’attendaient à aucune annonce importante. Les économistes de Bank of America avaient même titré leur prérapport "See you in December", tablant sur un statu quo ce jeudi. Et ce fut effectivement le cas. La Fed a laissé inchangé son principal taux directeur, qui fluctue dans la fourchette entre 2% et 2,25%.

"Le marché du travail a continué de se renforcer et l’activité économique a progressé à un rythme soutenu."
Fed

"Le marché du travail a continué de se renforcer et l’activité économique a progressé à un rythme soutenu", a-t-elle constaté, répétant ce qu’elle avait déclaré en septembre. Pour rappel, quelque 250.000 jobs ont été créés en octobre dernier, et le taux de chômage est tombé à 3,7%. "La seule surprise, c’est qu’elle n’ait pas été plus ‘faucon’", a estimé Boris Schlossberg, directeur de la stratégie devises de BK Asset Management. "Il y a quelques mots un peu plus retenus, comme ceux sur l’investissement des entreprises. Mais à part ça, elle n’évoque aucun signe alarmant."

La Réserve fédérale a en effet noté que la croissance de l’investissement des entreprises "s’est modérée par rapport au rythme soutenu observé plus tôt dans l’année". Les données du troisième trimestre ont montré une hausse des investissements non résidentiels à leur plus bas niveau en presque deux ans. Ce qui pourrait laisser entendre que les risques de surchauffe se dissipent pour l’année prochaine, et conduire in fine à moins de hausses de taux qu’anticipé actuellement par les observateurs.

Quid pour 2019?

La Fed a toutefois répété dans son communiqué que "d’autres hausses graduelles" seront appropriées pour accompagner "une expansion économique durable". "Ce que le communiqué indique globalement, c’est qu’ils sont toujours sur la voie d’un resserrement monétaire. (La hausse de) décembre est prévue et ils ne voient aucune raison de ralentir ou d’arrêter les relèvements de taux", a expliqué Brad McMillan, directeur des investissements pour la Commonwealth Financial Network. Environ 75% des observateurs parient sur une hausse de taux supplémentaire en décembre, la quatrième de l’année.

"Le risque est toutefois que la rhétorique devienne un peu plus ‘faucon’ et qu’une hausse de taux supplémentaire soit décidée en 2019."
Frank Vranken

Quand à l’année prochaine, le marché table pour le moment sur trois relèvements de taux. "Le risque est toutefois que la rhétorique devienne un peu plus ‘faucon’ et qu’une hausse de taux supplémentaire soit décidée en 2019", signale dans une note Frank Vranken.

Le stratégiste en chef de Puilaetco Dewaay pointe d’ailleurs le taux américain à 2 ans, qui évolue à son plus haut niveau depuis une décennie. Il a grimpé à 2,97% ce jeudi soir. "Si la Fed respecte sa promesse de relever encore trois, voire peut-être quatre fois [ses taux] au cours des douze prochains mois, le rendement des obligations US à 2 ans devrait facilement grimper à 3,5%, car aujourd’hui seulement deux hausses sont entièrement prises en compte".

De son côté, le dollar a repris de la hauteur, tandis que les trois grands indices américains ont clôturé dans le rouge. Une baisse que de nombreux observateurs attribuent plutôt à des prises de bénéfice suite à l’envolée de mercredi.

La dernière "petite Fed"

Une chose est certaine: la Réserve fédérale tend de plus en plus vers une transparence totale. La réunion de novembre était en effet la dernière à ne pas être suivie par une conférence de presse. Son président Jerome Powell a décidé il y a quelques mois déjà qu’à partir de 2019, il répondrait aux questions après chaque rendez-vous. Comme le souligne le New York Times, cela lui permet d’expliquer son approche et cela augmente également la marge de manœuvre de la Fed pour déterminer le timing des futures hausses de taux.

Les investisseurs avaient l’habitude d’anticiper une hausse de taux uniquement lorsque la réunion de la Fed était suivie par une conférence de presse. Pour la petite histoire, c’est sous la présidence de Ben Bernanke que fut décidé d’instaurer ce rendez-vous. La première 

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