Tinc veut pouvoir investir si des opportunités se présentent

©Kristof Vadino

La société d’investissement dans des infrastructures publiques et privées Tinc lance une augmentation de capital. Belfius y participera, pour 12 millions d’euros.

Tinc a besoin d’argent frais. La société d’infrastructure a annoncé mardi son intention de lever jusqu’à 77,7 millions d’euros via une augmentation de capital. Ces fonds permettront de financer des engagements contractuels du passé et de répondre à de nouvelles opportunités d’investissement.

Après son introduction en Bourse en mai 2015, Tinc avait déjà sollicité à nouveau les investisseurs en décembre 2016. Cette première augmentation de capital lui avait rapporté 76,7 millions d’euros, un montant très proche de celui que vise l’opération actuelle.

Les travaux d'extension de l'écluse Princess Beatrix aux Pays-Bas, un projet financé par Tinc. ©Hollandse Hoogte / Maikel Samuels

Cette collecte de 2016 était initialement destinée à financer des investissements prévus par contrat dans le cadre de projets existants, comme par exemple le développement de l’autoroute A15 entre Rotterdam et les environs de Nimègue aux Pays-Bas ou encore la poursuite des travaux d’extension de l’écluse Princess Beatrix, située dans les environs d’Utrecht, sur une voie d’eau importante permettant de relier Rotterdam à Amsterdam par l’intérieur du territoire néerlandais.

Mais au lieu de réserver l’argent levé en 2016 à ces investissements contractuels, Tinc a préféré le consacrer à des nouveaux investissements, notamment dans l’autoroute A11 entre Knokke et Zeebruges. Il fallait donc renflouer à nouveau les caisses pour faire face aux engagements du passé.

Mais Tinc envisage aussi de poursuivre sa croissance en procédant éventuellement à de nouvelles acquisitions. Sur les 7,7 millions d’euros espérés, quelque 23,5 millions seront utilisés "pour permettre à l’émetteur (Tinc, NDLR.) de répondre rapidement aux nouvelles opportunités d’investissement qui pourraient se présenter afin de réaliser une croissance supplémentaire", indique le groupe anversois dans un communiqué publié mardi.

Souscrire ou pas?

Cette augmentation de capital est-elle intéressante pour les investisseurs? Les actionnaires existants bénéficient d’une décote sur le prix des nouvelles actions. Un droit de préférence est attribué à chaque action existante et trois droits donnent la possibilité de souscrire à une nouvelle action au prix de 11,40 euros. Cela représente une décote de 7,60% par rapport au prix théorique de l’action après détachement du droit, selon le cours de lundi soir.

L’augmentation de capital que Tinc avait réalisée en 2016 avait provoqué une forte volatilité de son cours de Bourse. Peu après son annonce, le titre avait perdu 5% avant de s’offrir un rebond de plus de 12% après la réussite de l’opération.

Mardi, malgré un volume de transactions de près du double de la moyenne de cette année, l’action Tinc est restée stable. L’augmentation de capital était prévisible puisque, lors de la publication de ses résultats financiers, la semaine dernière, la société de participations dans des entreprises d’infrastructures avait précisé qu’elle "analysait ses options de financement pouvant inclure une augmentation de capital". Là encore, le cours de Bourse était resté de marbre.

Les deux seuls analystes qui suivent l’action Tinc ne peuvent plus se prononcer à son sujet car leurs employeurs, respectivement KBC et Degroof Petercam, font partie du consortium de banques chargées de placer les nouveaux titres auprès des investisseurs.

Ceux qui envisageraient de souscrire à l’augmentation de capital seront néanmoins rassurés de savoir que Belfius, l’un des deux principaux actionnaires de Tinc avec plus de 10% du capital, a déjà promis qu’il participerait à la levée de fonds à concurrence de 12 millions d’euros, en exerçant tous ses droits préférentiels et en acquérant des droits supplémentaires. Un placement privé est prévu pour les droits de préférence qui n’auront pas été exercés.

Tinc était, à l’origine, le fonds d’infrastructure DG Infra+ constitué par Belfius et Gimv, son autre actionnaire de référence. Qui, lui, ne s’est pas engagé à souscrire à l’offre.

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