Tokyo attentiste face au yen fort

La remontée du yen et la saison des résultats d'entreprises ont incité les intervenants de marché à la prudence.

La Bourse de Tokyo a terminé la séance de mercredi quasi stable (+0,08%), les investisseurs se montrant attentistes face à la remontée du yen et en pleine saison des résultats d'entreprises.

A la clôture, l'indice Nikkei 225 des valeurs vedettes a grignoté 7,28 points à 8.809,79 points.

L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a de son côté gagné 0,36%, prenant 2,69 points à 757,96 points.

L'activité a été assez élevée, avec 2,15 milliards d'actions échangées sur le premier marché.

Le yen est remonté ces derniers jours face au dollar et à l'euro. Pendant la séance à la Bourse, le billet vert cotait à peine plus de 76 yens et l'euro moins de 100 yens.

Ce nouvel accès de fièvre de la devise japonaise est une mauvaise nouvelle pour les groupes japonais actifs à l'étranger, dont les revenus tirés de l'étranger sont réduits, une fois convertis en yens, lorsque la monnaie nipponne prend de la vigueur.

Le ministre japonais des Finances, Jun Azumi, a prévenu qu'il prendrait "des mesures décisives si nécessaire" pour contrer "d'éventuels mouvements spéculatifs excessifs" provoquant une nouvelle montée du yen.

Cette expression est utilisée par les autorités nippones pour signifier qu'elles sont prêtes à intervenir directement sur le marché des changes afin d'affaiblir la monnaie japonaise.

Elles l'ont déjà fait quatre fois depuis septembre 2010, avec plus ou moins de succès, en vendant massivement des yens.

Dans l'attente d'une éventuelle action de ce genre qui influerait sur le marché des actions, nombre d'opérateurs sont restés prudents à la Bourse.

"Peu de monde veut acheter des titres lorsque le dollar baisse à proximité des 75 yens", a expliqué Fumiyuki Nakanishi, de la maison de courtage SMBC Friend Securities, cité par Dow Jones Newswires.

Quelques statistiques décevantes en provenance des Etats-Unis et des résultats financiers trimestriels d'entreprises japonaises jusque-là mi-figue mi-raisin ont renforcé la prudence des investisseurs.

L'essentiel des mouvements d'ampleur ont concerné des firmes ayant annoncé la veille leurs performances financières lors du trimestre d'octobre à décembre.

Ricoh a chuté de 6,69% à 600 yens. Le groupe de bureautique a prévenu qu'il s'attendait désormais à terminer l'exercice 2011-2012 dans le rouge, à cause de la cherté du yen et de frais de restructuration.

Le conglomérat industriel Toshiba a reculé de 1,24% à 319 yens et le groupe de services informatiques Fujitsu de 1,97% à 399 yens, après avoir sabré l'un comme l'autre leurs prévisions de résultats annuels.

Konica Minolta, qui a maintenu intactes ses prévisions de bénéfices sur l'année malgré une chute de ses profits lors des neuf premiers mois l'année budgétaire, a au contraire bondi de 5,05% à 583 yens.

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