analyse

UCB perd près de 20% de sa valeur

©Kristof Vadino

Des soucis dans la mise au point de ce qui pourrait devenir un nouveau produit pour UCB font chuter son action à Bruxelles.

La chute soudaine d’UCB est là pour nous le rappeler: les actions constituent un placement comportant des risques. L’annonce faite ce lundi par ce groupe biopharmaceutique a provoqué une chute du cours de son action. De 10% dès la première transaction! Jamais depuis au moins 10 ans cette action n’a subi un tel sort. Et c’est après avoir effacé près de 20% de sa valeur qu’UCB a clôturé la séance, pour revenir à son niveau de la mi-janvier 2017, à 62,77 euros.

UCB et son partenaire Amgen, avec qui le groupe bruxellois mène l’étude "Arch" du romosozumab, ont indiqué que l’approbation des Etats-Unis pour ce médicament contre l’ostéoporose pourrait ne pas avoir lieu cette année. Et pour cause: un déséquilibre observé dans les événements cardiovasculaires a été considéré comme un nouveau signal négatif.

Valorisation élevée

L’annonce d’une nouvelle décevante est d’ordinaire suivie d’une chute du cours d’une action, quand le marché considère qu’une société est chèrement valorisée en Bourse. La question que l’on est en droit de se poser est donc celle de savoir si UCB se retrouve dans ce cas de figure.

©MEDIAFIN

À 18 fois les bénéfices attendus en 2017 (à raison de 3,79 euros par action estimés) selon le consensus moyen concocté par le cabinet Ellinghorst à Londres, UCB affichait à tout le moins une valorisation supérieure à celle de bon nombre de ses concurrents la semaine passée.

Certes, cette valorisation élevée peut parfois se justifier, lorsqu’on estime que le groupe a de quoi renouveler son portefeuille de produits. Merck, qui se traite à Wall Street à 16,6 fois les profits estimés pour 2017, relève de ce cas. À l’inverse, en mal de création de produits prometteurs, Pfizer se paie beaucoup moins cher à New York. À 12,7 fois ses résultats de 2017.

 

Du côté des analystes

Dans l’immédiat, les perspectives favorables émises par UCB, lors de la présentation des résultats du 1er trimestre, pour l’ensemble de 2017, ne devraient pas être remises en question. UCB a d’ailleurs précisé que son annonce "n’aura pas d’impact sur les perspectives financières d’UCB". Ses ventes, son ebitda récurrent et son résultat de base par action sont donc censés progresser pour la 5e année de suite en 2017.

Pour leur part, même si leur optimisme a baissé d’un cran, la majorité des 8 analystes qui se sont prononcés lundi et qui tablent sur des cours compris entre 60 et 84 euros pour l’action UCB, ne suggèrent pas de réduire ses positions sur cette valeur.

Comme l’écrivent Sandra Cauwenberghs et Michael Vlemmix, de chez KBC Securities, il reste que l’on peut "prévoir que le marché devienne plus circonspect sur les perspectives du produit en cours d’étude". Ils conservent leur recommandation d’"acheter", et leur objectif de 84 euros. Chez Citigroup, les analystes évaluent qu’au cas où ce médicament ne devait pas voir le jour, le taux de croissance annuel composé (CAGR) tomberait de 15% à 12% entre 2018 et 2023 pour UCB.

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