Publicité

Une timide ouverture aux actions chinoises

La Bourse de Shangaï s'ouvre aux investisseurs étrangers. Mais ce lundi, elle a fini dans le rouge. ©BLOOMBERG NEWS

L’arrivée de 233 actions chinoises dans l’indice MSCI Emerging n’aura pas d’impact à court terme sur la Bourse chinoise. À long terme, les changements sont importants.

Depuis le début du mois, MSCI, la firme qui établit des indices boursiers, ajoute des actions chinoises domestiques dans ses indices. 233 actions rejoignent l’indice MSCI Emerging Markets, mais cette inclusion se déroule en deux étapes, l’une en juin, l’autre en septembre. "Au total, ces actions chinoises domestiques représenteront seulement 0,8% de l’indice en septembre 2018. En termes de poids, leur influence est très limitée à court terme", observe Haiyan Li-Labbé, analyste chez Carmignac. "En termes de flux, il faut attendre seulement 15 à 20 milliards de dollars venant des fonds passifs. Par rapport à la taille des capitaux du marché chinois, cela ne représente pas grand-chose", souligne-t-elle.

Mais sur le long terme, Jan Boudewijns, gestionnaire de Candriam Investors Group, souligne que cette inclusion représente un grand événement. "On se trouve au début de l’ouverture du marché chinois, le deuxième plus grand marché mondial, aux investisseurs internationaux", indique-t-il. Haiyan Li-Labbé rappelle que les actions chinoises domestiques peuvent monter jusqu’à 16% de poids dans l’indice. "Cela représenterait 300 à 350 milliards de dollars de flux cumulés. Si tout se passe bien, il faudra 7 à 10 ans pour que les actions chinoises domestiques soient entièrement éligibles dans l’indice MSCI. Mais avec le contrôle des capitaux en Chine, cela risquerait de prendre plus longtemps", souligne-t-elle.

"Dans cette période volatile sur les marchés émergents, le marché chinois est resté stable."
Jan Boudewijns
Gestionnaire Candriam Investors Group

Jan Boudewijns souligne que sur les 233 sociétés chinoises qui ont fait leur entrée dans l’indice MSCI, "seules 10 à 20% vont attirer les investisseurs internationaux car ce sont les plus grandes. La plupart des actions restent petites. À part les fonds passifs, les investisseurs ne vont pas acheter toutes ces actions." Haiyan Li-Labbé indique cependant que ce sont les plus grandes capitalisations qui ont rejoint le MSCI Emerging Markets. "On y retrouve les banques, les compagnies d’assurances, les sociétés de pétrochimie, et les fabricants d’électroménager", précise-t-elle.

Un marché moins cher

Hayan Li-Labbé estime que l’arrivée des investisseurs étrangers dans le capital des sociétés domestiques chinoises va influencer positivement la gouvernance de ces entreprises. "Les investisseurs étrangers, plus attentifs à la gouvernance d’entreprises, et aux critères ESG (gouvernance environnementale, sociale et d’entreprises) peuvent inciter certaines sociétés à devenir plus transparentes", indique-t-elle. Elle ajoute que l’arrivée des investisseurs institutionnels étrangers dans le capital des sociétés domestiques chinoises va "diminuer le poids des investisseurs particuliers, qui représentent la majorité des investisseurs, avec un horizon de placement à court terme et éloigné de la recherche fondamentale". Jan Boudewijns souligne, lui, que les actions chinoises ont vu leur valorisation revenir à des niveaux acceptables.

Jan Boudewijns relève en outre que cette inclusion dans l’indice MSCI Emerging Markets survient alors que le gouvernement chinois a pris des réformes notamment pour diminuer le risque du secteur financier. "Avec les réformes, l’économie chinoise est restée stable. Et dans cette période volatile sur les marchés émergents, le marché chinois est resté stable, alors que dans le passé, il était considéré comme très risqué", pointe-t-il.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés